Les professionnels scientifiques travaillant au profit de la Douane jouent un rôle essentiel dans l’identification, l’analyse et la caractérisation des marchandises contrôlées sur le territoire français.
Ils exercent principalement au sein du Service commun des laboratoires (SCL), service scientifique commun à la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le SCL constitue le laboratoire d’expertise de ces deux administrations et analyse les produits qui lui sont adressés par les services de contrôle.
L’expression « expert scientifique en douane » permet de présenter cette famille de métiers au grand public, mais elle ne correspond pas à un corps unique de fonctionnaires. Les laboratoires emploient notamment des ingénieurs de laboratoire, des techniciens de laboratoire et des assistants techniques de laboratoire.
Quel est le rôle de l’expertise scientifique en Douane ?
La Douane contrôle chaque jour une très grande diversité de marchandises.
Dans de nombreuses situations, l’examen visuel ou documentaire d’un produit ne permet pas de déterminer avec suffisamment de précision :
- sa composition ;
- son authenticité ;
- sa classification ;
- sa conformité ;
- sa dangerosité éventuelle ;
- la présence d’une substance interdite ou réglementée.
Les services douaniers peuvent alors transmettre des échantillons au laboratoire.
Les scientifiques apportent une expertise objective fondée sur l’analyse scientifique afin d’aider l’administration à déterminer la nature réelle du produit et à appliquer la réglementation correspondante.
Le Service commun des laboratoires – SCL
Le Service commun des laboratoires intervient au bénéfice de la DGDDI et de la DGCCRF.
Il dispose de laboratoires implantés sur le territoire métropolitain et ultramarin. Les documents officiels de recrutement mentionnent notamment des implantations à :
- Paris ;
- Lille ;
- Strasbourg ;
- Lyon ;
- Marseille ;
- Montpellier ;
- Bordeaux ;
- Rennes ;
- Le Havre ;
- Jarry en Guadeloupe ;
- Saint-Denis de La Réunion.
Ces laboratoires disposent de compétences scientifiques complémentaires permettant d’analyser une très grande diversité de produits.
Les principales missions
Identifier les marchandises
L’une des premières missions consiste à déterminer précisément la nature et la composition d’un produit.
Une marchandise peut présenter une apparence similaire à une autre tout en possédant une composition chimique différente.
L’analyse scientifique permet notamment :
- d’identifier les substances présentes ;
- de mesurer certaines concentrations ;
- de caractériser la composition d’un produit ;
- de vérifier certaines propriétés physiques ou chimiques ;
- de comparer le produit aux informations déclarées.
Ces résultats peuvent avoir des conséquences douanières, fiscales, sanitaires ou réglementaires.
Contribuer au classement tarifaire des marchandises
Toute marchandise entrant ou sortant de l’Union européenne doit être classée selon une nomenclature douanière.
Cette classification détermine notamment :
- le régime douanier applicable ;
- certains droits de douane ;
- certaines mesures commerciales ;
- certaines restrictions ou obligations réglementaires.
Pour certains produits complexes, la composition exacte doit être déterminée scientifiquement avant qu’un classement fiable puisse être effectué.
Les laboratoires douaniers européens réalisent notamment des analyses chimiques permettant de contribuer à la classification tarifaire et à la détermination des droits et taxes applicables.
Lutte contre les stupéfiants
Les laboratoires peuvent analyser des substances suspectées d’être des stupéfiants ou des produits psychotropes.
L’analyse peut notamment permettre :
- d’identifier une substance ;
- de déterminer sa composition ;
- de caractériser certains mélanges ;
- d’identifier de nouvelles substances psychoactives ;
- d’apporter une expertise scientifique aux services de contrôle.
Cette capacité scientifique constitue un appui important à la lutte contre les trafics de drogues.
Les laboratoires douaniers européens interviennent explicitement dans le contrôle des narcotiques et autres substances réglementées.
Médicaments et produits de santé
Les analyses peuvent également concerner des médicaments ou produits présentés comme tels.
Les scientifiques peuvent rechercher :
- la présence d’une substance active ;
- un dosage anormal ;
- une composition différente de celle déclarée ;
- certaines substances interdites ;
- des produits potentiellement dangereux.
L’objectif est notamment de contribuer à identifier les marchandises non conformes ou illicites.
Protection des consommateurs
Le travail du SCL dépasse la seule lutte contre les trafics.
Parce qu’il travaille également pour la DGCCRF, le service intervient dans la protection économique et physique des consommateurs.
Les analyses peuvent porter sur de nombreux produits de consommation.
Il peut notamment être nécessaire de contrôler :
- leur composition ;
- la présence de substances réglementées ;
- leur sécurité ;
- leur conformité aux exigences applicables.
Sécurité des jouets et produits de consommation
Les laboratoires peuvent notamment analyser certains jouets ou objets destinés aux consommateurs afin de rechercher des substances ou caractéristiques susceptibles de ne pas respecter la réglementation.
Les analyses peuvent concerner différents matériaux :
- plastiques ;
- peintures ;
- métaux ;
- textiles ;
- composants chimiques.
Le SCL participe ainsi à l’expertise nécessaire aux contrôles réalisés par les administrations compétentes.
Produits alimentaires
Les laboratoires peuvent également analyser des denrées alimentaires.
Selon les missions confiées, les analyses peuvent notamment servir à :
- déterminer la composition du produit ;
- rechercher certaines substances ;
- vérifier son authenticité ;
- contrôler certaines caractéristiques ;
- détecter des anomalies ou falsifications.
L’expertise scientifique contribue alors à la fois à la réglementation des marchandises et à la protection des consommateurs.
Recherche de pesticides et contaminants
Certaines analyses portent sur des substances susceptibles d’être présentes dans des produits agricoles ou alimentaires.
Cela peut notamment concerner :
- les résidus de pesticides ;
- certains contaminants chimiques ;
- certaines substances soumises à des limites réglementaires.
La présence ou la concentration de ces substances peut être déterminante pour établir la conformité du produit.
Produits pétroliers et énergétiques
Les laboratoires douaniers disposent également d’une expertise importante concernant les produits énergétiques.
Les analyses peuvent permettre de caractériser :
- des carburants ;
- des combustibles ;
- des huiles minérales ;
- certains produits pétroliers.
La composition du produit peut notamment avoir une incidence sur sa classification ou sur le régime fiscal applicable.
Les travaux du réseau européen des laboratoires douaniers comprennent d’ailleurs des méthodes spécifiques concernant les huiles minérales, gazoles et kérosènes.
Textiles et matériaux
L’expertise scientifique peut également concerner :
- les fibres textiles ;
- les polymères ;
- les matériaux ;
- les métaux ;
- différents produits manufacturés.
La détermination précise de leur composition peut être indispensable pour :
- leur classification douanière ;
- l’application d’une réglementation ;
- la détection de non-conformités ;
- l’identification d’une fraude.
Authenticité et contrefaçon
Les laboratoires douaniers européens participent également à la détermination de l’authenticité de produits et à la lutte contre les marchandises contrefaites.
L’expertise scientifique peut apporter des éléments complémentaires aux contrôles documentaires et aux constatations réalisées par les agents.
Les méthodes utilisées dépendent du produit et de la problématique rencontrée.
Protection de l’environnement
La science douanière contribue également à l’application de réglementations environnementales.
Certaines marchandises peuvent contenir :
- des substances polluantes ;
- des substances chimiques réglementées ;
- des produits soumis à des restrictions d’importation ou d’exportation.
Les laboratoires douaniers européens participent au contrôle de marchandises relevant des réglementations relatives à l’environnement, à la santé et à la protection des consommateurs.
Une expertise au service des contrôleurs de terrain
Le scientifique ne remplace pas l’agent chargé du contrôle douanier.
Les deux fonctions sont complémentaires.
Le processus peut notamment suivre la logique suivante :
Contrôle douanier → Prélèvement d’un échantillon → Transmission au laboratoire → Analyse scientifique → Résultat d’analyse → Exploitation par le service compétent
La qualité du prélèvement et sa traçabilité sont essentielles pour obtenir un résultat exploitable.
Le prélèvement des échantillons
Les scientifiques travaillent généralement à partir d’échantillons prélevés lors des contrôles.
Les procédures doivent permettre de garantir :
- l’identification de l’échantillon ;
- sa conservation ;
- sa traçabilité ;
- son intégrité ;
- son acheminement vers le laboratoire.
Au niveau européen, le système SAMANCTA fournit notamment aux douaniers des recommandations harmonisées concernant le prélèvement et la manipulation des échantillons destinés aux analyses de laboratoire.
Les techniques d’analyse
Les techniques utilisées dépendent de la nature du produit et de l’objectif recherché.
Les scientifiques peuvent mobiliser différentes méthodes relevant notamment :
- de la chimie analytique ;
- de la physico-chimie ;
- de la biologie ;
- de la spectrométrie ;
- de la chromatographie ;
- de la microscopie ;
- de différentes méthodes instrumentales.
Les technologies évoluent constamment afin de permettre des analyses plus précises et adaptées à l’apparition de nouveaux produits.
Une exigence de fiabilité scientifique
Les résultats produits par les laboratoires peuvent avoir d’importantes conséquences.
Ils peuvent contribuer :
- à établir la classification d’un produit ;
- à déterminer sa conformité ;
- à identifier une substance ;
- à orienter un contrôle ;
- à établir l’application d’une réglementation ;
- à éclairer une procédure administrative ou contentieuse.
La qualité des analyses doit donc être particulièrement rigoureuse.
Qualité et accréditation
Les laboratoires s’appuient sur des procédures de qualité destinées à garantir la fiabilité des analyses.
Au niveau européen, la majorité des laboratoires douaniers sont accrédités selon la norme ISO/IEC 17025, norme internationale relative à la compétence des laboratoires d’essais et d’étalonnages.
La qualité repose notamment sur :
- la validation des méthodes ;
- la traçabilité ;
- les contrôles internes ;
- les comparaisons entre laboratoires ;
- la qualification des personnels ;
- le suivi des équipements.
Le réseau européen des laboratoires douaniers – CLEN
La coopération scientifique ne s’arrête pas aux frontières françaises.
Les laboratoires douaniers européens travaillent ensemble dans le Customs Laboratories European Network – CLEN.
Créé en 1999, ce réseau vise notamment à :
- coordonner les laboratoires ;
- optimiser les ressources scientifiques ;
- harmoniser les méthodes ;
- partager les bonnes pratiques ;
- organiser des comparaisons interlaboratoires ;
- anticiper les nouveaux besoins de la Douane ;
- développer l’expertise scientifique européenne.
Les données actuellement publiées par la Commission européenne font état de 79 laboratoires douaniers et 27 laboratoires mobiles répartis dans 25 pays de l’Union européenne.
Des méthodes communes à l’échelle européenne
Le CLEN permet également aux laboratoires de développer ou de partager des méthodes d’analyse communes.
Le réseau s’appuie notamment sur ILIADe – Inter Laboratory Inventory of Analytical Determination.
Cette base rassemble des méthodes analytiques utilisées pour :
- les missions douanières ;
- les accises ;
- les contrôles d’authenticité ;
- la qualité ;
- la protection des consommateurs ;
- les contrôles environnementaux.
Cette coopération contribue à obtenir des résultats comparables entre les laboratoires européens.
Adaptation aux nouvelles menaces et aux nouveaux produits
Les scientifiques doivent constamment adapter leurs méthodes.
Le commerce international évolue rapidement et de nouvelles problématiques apparaissent régulièrement :
- nouvelles substances psychoactives ;
- nouveaux matériaux ;
- nouvelles formes de fraude ;
- produits chimiques émergents ;
- évolution des réglementations ;
- nouvelles méthodes de dissimulation.
Le CLEN dispose précisément d’une action consacrée à l’expertise scientifique, dont l’objectif est d’étudier et de résoudre les nouveaux défis auxquels sont confrontés les laboratoires douaniers.
Quels métiers scientifiques trouve-t-on au SCL ?
Il n’existe pas un corps unique intitulé « expert scientifique de la Douane ».
Le Service commun des laboratoires recrute principalement plusieurs catégories de personnels scientifiques.
Ingénieur de laboratoire
L’ingénieur de laboratoire organise notamment les activités analytiques d’une section de laboratoire sous la responsabilité d’un manager.
Il peut participer :
- au développement des méthodes ;
- à leur validation ;
- à l’interprétation des résultats ;
- à l’organisation de l’activité analytique ;
- à l’expertise scientifique ;
- à l’encadrement technique.
Il doit disposer d’un niveau scientifique élevé et maîtriser les problématiques correspondant à sa spécialité.
Technicien de laboratoire
Le technicien de laboratoire réalise les analyses des échantillons selon les méthodes et protocoles définis.
Il doit notamment :
- préparer les analyses ;
- utiliser les appareils ;
- respecter les protocoles ;
- exploiter les résultats ;
- assurer la traçabilité ;
- participer au contrôle qualité ;
- contribuer au bon fonctionnement du laboratoire.
Il doit posséder des connaissances en physique, chimie ou biologie, comprendre le fonctionnement des matériels d’analyse et maîtriser les procédures d’hygiène, de sécurité et les protocoles analytiques.
Assistant technique de laboratoire
L’assistant technique de laboratoire contribue à la préparation et au fonctionnement matériel du laboratoire.
Ses missions comprennent notamment :
- l’entretien des matériels ;
- l’entretien des locaux selon les protocoles applicables ;
- la préparation des analyses ;
- la traçabilité des opérations ;
- l’application des procédures d’hygiène et de sécurité.
Cette fonction est essentielle au bon déroulement de la chaîne analytique.
Comment devenir scientifique au sein des laboratoires de la Douane ?
L’accès dépend du métier recherché.
Les recrutements peuvent notamment s’effectuer par :
- concours externe ;
- concours interne ;
- concours professionnel ;
- promotion interne ;
- certaines autres voies prévues par la fonction publique.
Il convient donc de distinguer les recrutements des ingénieurs, techniciens et assistants techniques de laboratoire.
Devenir ingénieur de laboratoire
Les ingénieurs de laboratoire appartiennent à un corps scientifique spécialisé des ministères économiques et financiers.
Pour le concours externe d’ingénieur, les conditions actuellement publiées permettent notamment de candidater avec :
- un diplôme d’ingénieur ;
- une licence ;
- un autre titre ou diplôme correspondant au niveau requis ;
- ou une qualification reconnue comme équivalente dans les conditions réglementaires.
Les concours sont organisés par spécialité en fonction des besoins.
Des recrutements peuvent notamment concerner la :
- chimie analytique ;
- physique ;
- ou d’autres domaines scientifiques selon les concours ouverts.
Concours d’ingénieur de laboratoire 2026
Pour l’année 2026, le SCL a notamment organisé un concours externe et un concours interne d’ingénieur de laboratoire, spécialité chimie analytique.
Les recrutements n’étant pas nécessairement organisés chaque année dans toutes les spécialités, les candidats doivent consulter régulièrement les ouvertures de concours.
Formation de l’ingénieur après recrutement
Après réussite au concours, l’ingénieur est nommé ingénieur de laboratoire stagiaire dans un laboratoire du SCL.
Les informations actuellement publiées prévoient une année de formation statutaire dans le laboratoire d’affectation.
Cette année comprend notamment :
- une formation théorique ;
- des formations pratiques ;
- l’apprentissage des méthodes et procédures nécessaires à la fonction.
Pour les concours actuellement documentés, la formation théorique comprend notamment deux mois et demi à l’École nationale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes de Montpellier.
La titularisation intervient à l’issue de cette période, sous réserve de satisfaire aux conditions prévues.
Devenir technicien de laboratoire
Le technicien constitue un autre parcours d’accès aux métiers scientifiques du SCL.
Les concours peuvent être organisés dans différentes spécialités.
Par exemple, des recrutements externes ont été proposés dans des domaines tels que :
- la chimie-physique ;
- la biologie.
Après réussite au concours, les lauréats sont affectés dans un laboratoire du SCL en qualité de technicien de laboratoire de classe normale stagiaire.
Formation du technicien
Le technicien stagiaire effectue actuellement une année de formation statutaire dans son laboratoire d’affectation.
Pour les recrutements documentés, cette formation comprend notamment un mois de formation théorique à l’École nationale des douanes de Tourcoing, complété par les formations pratiques réalisées dans le laboratoire d’affectation.
L’objectif est de permettre au technicien d’acquérir progressivement les compétences nécessaires à l’exercice autonome de ses fonctions.
Compétences scientifiques nécessaires
Selon le métier et la spécialité, les connaissances recherchées peuvent notamment concerner :
- la chimie ;
- la chimie analytique ;
- la physico-chimie ;
- la physique ;
- la biologie ;
- les méthodes instrumentales ;
- les statistiques appliquées aux analyses ;
- la métrologie ;
- la qualité.
Une bonne formation scientifique constitue donc la base du métier.
Connaissance de la réglementation
Le scientifique ne travaille pas uniquement avec des instruments de laboratoire.
Il doit également comprendre le contexte dans lequel ses analyses sont réalisées.
Cela peut nécessiter des connaissances relatives :
- aux missions de la DGDDI ;
- aux missions de la DGCCRF ;
- aux réglementations applicables aux produits ;
- aux procédures de contrôle ;
- aux exigences de qualité ;
- aux normes scientifiques.
L’analyse doit apporter une réponse utile et adaptée à la problématique administrative ou réglementaire.
Rigueur et traçabilité
La rigueur constitue l’une des qualités essentielles.
Le scientifique doit notamment respecter :
- les protocoles ;
- les procédures ;
- les conditions de conservation des échantillons ;
- les règles de sécurité ;
- les exigences de traçabilité ;
- les procédures qualité.
Chaque étape doit pouvoir être correctement documentée.
Hygiène et sécurité
Les professionnels peuvent manipuler des produits :
- inconnus ;
- chimiques ;
- biologiques ;
- inflammables ;
- toxiques ;
- potentiellement dangereux.
Le respect des règles d’hygiène et de sécurité est donc indispensable.
Les personnels doivent utiliser les équipements de protection et les procédures correspondant aux substances manipulées.
Qualités requises
Les métiers scientifiques du SCL nécessitent notamment :
- de la rigueur ;
- de la curiosité scientifique ;
- un esprit d’analyse ;
- une capacité de synthèse ;
- une grande précision ;
- de la méthode ;
- le sens de l’organisation ;
- le respect des procédures ;
- un bon esprit d’équipe ;
- une capacité à actualiser régulièrement ses connaissances.
Selon le niveau de responsabilité, des qualités de management, de rédaction scientifique et de communication peuvent également être nécessaires.
Travail en équipe
L’expertise scientifique repose rarement sur une seule personne.
Les personnels travaillent avec :
- d’autres scientifiques ;
- les agents des douanes ;
- les agents de la DGCCRF ;
- les services spécialisés ;
- les administrations partenaires ;
- les laboratoires français et européens.
Le travail collectif permet de croiser les compétences et d’apporter une réponse adaptée aux situations complexes.
Un métier différent du douanier en uniforme
Les personnels scientifiques du SCL ne doivent pas être confondus avec les agents de la branche surveillance de la Douane.
Ils n’effectuent pas principalement des patrouilles ou contrôles de voyageurs.
Leur fonction est avant tout :
scientifique → analytique → technique → expertise
Ils apportent leurs connaissances aux services chargés des contrôles et des enquêtes.
Cette complémentarité contribue à l’efficacité de l’ensemble de la chaîne douanière.
Statut
Le statut dépend du corps auquel appartient le professionnel.
Le SCL emploie notamment :
- des ingénieurs de laboratoire ;
- des techniciens de laboratoire ;
- des assistants techniques de laboratoire.
Les ingénieurs et techniciens disposent chacun de leurs propres règles statutaires, grades et possibilités d’évolution.
Il est donc préférable de parler de métiers scientifiques du Service commun des laboratoires plutôt que d’un statut unique « d’expert scientifique de la Douane ».
Rémunération
Il n’existe pas de salaire unique d’« expert scientifique en douane ».
La rémunération dépend notamment :
- du corps ;
- du grade ;
- de l’échelon ;
- de l’ancienneté ;
- du régime indemnitaire ;
- du lieu d’affectation ;
- des responsabilités exercées.
À titre indicatif, les informations officielles actuellement disponibles mentionnent, sur une base 2024, une rémunération mensuelle nette primes comprises d’environ 2 600 € pour un ingénieur de laboratoire au premier échelon affecté en province, hors indemnité de résidence et indemnités familiales.
Pour un technicien de laboratoire de classe normale au premier échelon affecté en province, l’administration indiquait environ 2 100 € nets mensuels primes comprises sur une base 2024, hors indemnités familiales.
Ces montants étant susceptibles d’évoluer, les données de recrutement les plus récentes doivent toujours être consultées.
Évolution professionnelle
Les possibilités d’évolution dépendent du corps.
Évolution du technicien
Le technicien peut notamment progresser vers :
- technicien de laboratoire de classe supérieure ;
- technicien de laboratoire de classe exceptionnelle ;
- puis, sous certaines conditions, accéder au corps des ingénieurs de laboratoire.
Les textes permettent notamment à certains techniciens expérimentés d’accéder au corps des ingénieurs par concours interne ou promotion selon les conditions applicables.
Évolution de l’ingénieur
L’ingénieur peut progressivement accéder à des responsabilités plus importantes.
Sous certaines conditions d’ancienneté, il peut notamment accéder au grade de directeur de laboratoire par les voies statutaires prévues.
Les évolutions peuvent également conduire vers :
- l’encadrement ;
- la coordination scientifique ;
- l’expertise ;
- le développement de méthodes ;
- le pilotage de projets ;
- des fonctions de management.
Recherche, innovation et développement des méthodes
Les laboratoires doivent constamment adapter leurs outils aux nouvelles marchandises et nouvelles formes de fraude.
Les scientifiques peuvent donc être amenés à participer :
- au développement de nouvelles méthodes ;
- à leur validation ;
- à des comparaisons interlaboratoires ;
- à des études scientifiques ;
- à l’amélioration des protocoles ;
- à la modernisation des équipements.
Le SCL publie également des travaux et communications scientifiques dans ses domaines de compétence.
Une coopération européenne essentielle
Le commerce international implique qu’un même type de marchandise puisse être contrôlé dans plusieurs États membres.
La coopération européenne permet donc :
- d’harmoniser les analyses ;
- de partager les méthodes ;
- d’échanger sur les nouvelles substances ;
- de comparer les performances des laboratoires ;
- de développer des bases communes ;
- d’améliorer la capacité de réaction face aux nouvelles menaces.
Le CLEN constitue l’un des principaux instruments de cette coopération scientifique douanière.
Science et sécurité publique
Le rôle de ces personnels ne se limite pas à l’application de droits de douane.
Leurs analyses peuvent également participer à :
- la lutte contre les stupéfiants ;
- la détection de produits dangereux ;
- la protection des consommateurs ;
- la lutte contre les fraudes ;
- la protection de l’environnement ;
- la lutte contre certaines contrefaçons ;
- la sécurisation des échanges commerciaux.
L’expertise scientifique constitue donc un appui indirect mais essentiel aux politiques de sécurité, de contrôle économique et de protection de la population.
À retenir
Les « experts scientifiques en douane » travaillent principalement au sein du Service commun des laboratoires, qui constitue le service scientifique commun à la Douane française et à la DGCCRF.
Il ne s’agit pas d’un métier ou d’un corps administratif unique.
Le SCL emploie notamment :
- des ingénieurs de laboratoire ;
- des techniciens de laboratoire ;
- des assistants techniques de laboratoire.
Leurs analyses peuvent contribuer notamment :
- à identifier des marchandises ;
- à déterminer leur composition ;
- au classement tarifaire ;
- à la lutte contre les stupéfiants ;
- au contrôle des produits de consommation ;
- à la détection de produits non conformes ;
- à la protection de l’environnement ;
- à la lutte contre différentes formes de fraude.
Les laboratoires français travaillent également avec leurs homologues européens au sein du Customs Laboratories European Network – CLEN, qui favorise l’harmonisation des méthodes et le développement de l’expertise scientifique douanière européenne.
Ces professionnels constituent ainsi un maillon scientifique essentiel entre le contrôle réalisé sur le terrain et la décision administrative, réglementaire ou contentieuse.
Informations et recrutement
Les recrutements scientifiques du Service commun des laboratoires sont publiés sur le portail des ministères économiques et financiers.
Selon les années et les besoins, des concours peuvent être organisés pour différents corps et spécialités :
- ingénieur de laboratoire ;
- technicien de laboratoire ;
- assistant technique de laboratoire ;
- concours professionnels permettant une progression de carrière.
Les spécialités, diplômes demandés, calendriers et nombres de postes peuvent évoluer d’une session à l’autre.
Pour l’année 2026, un concours d’ingénieur de laboratoire en chimie analytique a notamment été organisé en externe et en interne.
Il convient donc de consulter régulièrement les offres et calendriers officiels.
Sources et références
Sources institutionnelles principales :
- Direction générale des douanes et droits indirects – Service commun des laboratoires des ministères économiques et financiers – DGCCRF et DGDDI ;
- ministère de l’Économie et des Finances – Service commun des laboratoires DGDDI et DGCCRF ;
- ministère de l’Économie et des Finances – Recrutement des ingénieurs de laboratoire ;
- ministère de l’Économie et des Finances – Recrutement des techniciens de laboratoire ;
- Commission européenne – EU Customs Laboratories ;
- Commission européenne – Customs Laboratories European Network (CLEN).
Les corps, spécialités, conditions d’accès, concours, programmes, rémunérations et implantations peuvent évoluer. Les candidats doivent consulter les informations officielles du Service commun des laboratoires et des ministères économiques et financiers avant toute démarche de candidature.

