Agent de sécurité confirmé
L’agent de sécurité confirmé est un professionnel de la sécurité privée relevant de la filière surveillance. Il assure des missions de protection des biens et des personnes directement ou indirectement liées à la sécurité de ces biens.
Il ne s’agit pas simplement d’un agent ayant plusieurs années d’ancienneté : « Agent de sécurité confirmé » correspond à un emploi-repère précis de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité.
En 2026, cet emploi-repère est classé au coefficient 130.
Quel est le rôle de l’agent de sécurité confirmé ?
L’agent de sécurité confirmé reprend le socle des missions de l’agent de sécurité qualifié, mais bénéficie de cette classification lorsqu’il remplit l’une des conditions conventionnelles spécifiques prévues pour l’emploi-repère.
Ses activités peuvent notamment comprendre :
- l’accueil et le contrôle d’accès ;
- la surveillance générale d’un site ;
- les rondes de prévention et de surveillance ;
- la détection et le signalement des anomalies ;
- la sécurité technique et incendie de base ;
- l’application des consignes de sécurité ;
- la gestion des alarmes dans le cadre de ses missions ;
- le secours et l’assistance aux personnes ;
- la protection et l’alerte en cas d’accident ou d’événement exceptionnel ;
- la transmission des informations ;
- la rédaction de comptes rendus ou rapports.
Les missions de base correspondent à celles définies pour l’agent de sécurité qualifié par la convention collective.
Quelle différence entre un agent qualifié et un agent confirmé ?
C’est le point essentiel de cette fiche.
L’agent de sécurité qualifié relève du coefficient 120.
L’agent de sécurité confirmé relève du coefficient 130.
La convention prévoit deux situations permettant à un agent de sécurité qualifié de relever obligatoirement de la classification d’agent de sécurité confirmé.
Premier cas : un poste nécessitant une formation supplémentaire
L’agent de sécurité qualifié relève de la classification d’agent confirmé lorsqu’il est régulièrement affecté à un poste dont les missions nécessitent, en raison du contrat, de la réglementation ou d’une norme professionnelle, une formation supplémentaire répondant aux critères conventionnels.
La convention donne notamment comme exemples :
- équipier de seconde intervention ;
- prévention de risques chimiques spécifiques ;
- prévention de risques nucléaires spécifiques ;
- prévention de risques mécaniques spécifiques.
Il faut donc distinguer une véritable formation supplémentaire indispensable à l’accomplissement du poste d’une simple formation courante ne permettant pas, à elle seule, de revendiquer cette classification.
Deuxième cas : CAP Prévention et Sécurité et ancienneté dans l’entreprise
La convention prévoit également le classement comme agent de sécurité confirmé pour l’agent de sécurité qualifié :
titulaire du CAP Prévention et Sécurité et employé depuis au moins six mois dans l’entreprise.
Cette disposition conventionnelle reste importante à connaître, notamment pour vérifier la classification figurant sur le contrat et le bulletin de salaire.
Ce que signifie réellement « confirmé »
Le terme « confirmé » peut prêter à confusion.
Il ne signifie pas simplement :
« agent expérimenté ».
Il correspond à des conditions conventionnelles précises.
Un professionnel ne devient donc pas automatiquement agent de sécurité confirmé uniquement parce qu’il travaille depuis plusieurs années dans la sécurité privée.
Inversement, lorsqu’il remplit les conditions prévues par la convention collective, la classification correspondante doit être appliquée.
Protection des biens et des personnes
Les missions ont pour objet la protection :
- des biens meubles ;
- des biens immeubles ;
- des personnes physiques ou morales directement ou indirectement liées à la sécurité de ces biens.
Selon son affectation, l’agent peut ainsi travailler dans de nombreux environnements :
- immeubles tertiaires ;
- sites industriels ;
- établissements commerciaux ;
- plateformes logistiques ;
- entrepôts ;
- établissements recevant du public ;
- sites techniques ;
- sites nécessitant des mesures particulières de prévention.
Accueil et contrôle d’accès
L’agent peut assurer l’accueil et le contrôle des accès conformément aux consignes du site.
Cela peut notamment comprendre :
- vérifier les conditions d’accès ;
- contrôler les autorisations prévues ;
- orienter les visiteurs ;
- appliquer les procédures relatives aux prestataires ;
- surveiller les entrées et sorties ;
- signaler une anomalie ;
- refuser un accès lorsque les conditions prévues ne sont pas réunies.
Ces missions doivent rester dans le cadre des prérogatives reconnues aux professionnels de la sécurité privée.
Surveillance générale du site
L’agent contribue à détecter les situations susceptibles d’affecter la sécurité.
Il peut notamment surveiller :
- les accès ;
- les circulations ;
- les zones sensibles définies par les consignes ;
- les bâtiments ;
- les installations ;
- les équipements accessibles dans le cadre de sa mission.
L’objectif est avant tout de prévenir, détecter, alerter et rendre compte.
Rondes de surveillance
Selon le poste, l’agent peut effectuer des rondes permettant notamment de détecter :
- une intrusion ;
- une porte anormalement ouverte ;
- une tentative d’effraction ;
- une dégradation ;
- un départ de feu ;
- une anomalie technique visible ;
- un comportement inhabituel ;
- toute situation prévue par les consignes du site.
Les constatations doivent être transmises selon les procédures définies par l’employeur.
Sécurité technique et incendie de base
La convention collective inclut dans le socle de l’agent de sécurité qualifié des missions de sécurité technique et incendie de base.
Il faut cependant éviter de confondre cette compétence avec celle d’un agent des services de sécurité incendie SSIAP 1.
L’agent confirmé n’est pas automatiquement SSIAP 1.
Lorsqu’un établissement exige la présence d’un personnel titulaire du SSIAP, les conditions spécifiques prévues par la réglementation incendie doivent être respectées.
Secours et assistance aux personnes
L’agent peut être amené à intervenir lorsqu’une personne est victime :
- d’un malaise ;
- d’une chute ;
- d’un accident ;
- d’une situation nécessitant une assistance immédiate.
Son rôle consiste à appliquer les gestes correspondant à sa formation, protéger la zone, alerter les secours et faciliter leur intervention.
Il ne se substitue pas aux professionnels de santé ou aux services de secours.
Gestion des événements exceptionnels
Lors d’un incident, l’agent applique les procédures correspondant à son poste.
Selon la situation, il peut notamment :
observer → protéger → alerter → appliquer les consignes → transmettre → rendre compte.
Il peut être confronté à :
- une intrusion ;
- une alarme ;
- un incident technique ;
- un départ de feu ;
- un accident ;
- un conflit ;
- une dégradation ;
- un événement nécessitant l’intervention des forces de l’ordre ou des secours.
La qualification d’agent confirmé ne lui permet pas d’improviser des interventions dépassant ses compétences.
Une formation complémentaire peut justifier la classification
La particularité de cet emploi-repère réside notamment dans la possibilité qu’un poste nécessite une compétence supplémentaire indispensable à l’exécution des consignes.
La convention cite par exemple la prévention de certains risques :
- chimiques ;
- nucléaires ;
- mécaniques.
Cela ne signifie pas que tout agent confirmé travaille dans un environnement à risques particuliers.
Il s’agit d’exemples permettant d’illustrer les situations dans lesquelles une formation supplémentaire peut justifier cette classification.
Remplacement temporaire d’un agent confirmé
La convention prévoit également une disposition particulièrement intéressante.
Lorsqu’un agent de sécurité qualifié remplace provisoirement un agent de sécurité confirmé, il doit percevoir un différentiel de rémunération correspondant à l’écart entre sa rémunération et la rémunération conventionnelle du poste temporairement occupé.
Ce différentiel est prévu à compter du premier jour de remplacement.
Cette disposition permet de prendre en considération les responsabilités correspondant au poste réellement tenu pendant le remplacement.
L’agent confirmé n’est pas un chef de poste
Autre distinction importante :
Agent de sécurité confirmé ≠ Agent de sécurité chef de poste.
La classification conventionnelle 2026 distingue clairement :
| Emploi-repère | Coefficient |
|---|---|
| Agent de sécurité qualifié | 120 |
| Agent de sécurité confirmé | 130 |
| Agent de sécurité chef de poste | 140 |
L’agent confirmé n’est donc pas automatiquement chargé de coordonner d’autres agents.
Il peut être expérimenté et disposer de compétences supplémentaires tout en restant affecté à un poste individuel.
L’agent confirmé n’est pas un policier
Comme les autres professionnels de la sécurité privée, l’agent confirmé ne dispose pas des pouvoirs généraux d’un policier ou d’un gendarme.
Sa classification supérieure à celle d’un agent qualifié ne lui accorde aucune prérogative de police supplémentaire.
Il ne dispose donc pas, du seul fait de sa fonction, d’un pouvoir général :
- d’enquête ;
- de contrôle d’identité ;
- de fouille coercitive ;
- de saisie ;
- de garde à vue ;
- de contrainte.
Il agit dans les limites prévues par le Code de la sécurité intérieure, le droit commun et les consignes correspondant à sa mission.
Comment devenir agent de sécurité confirmé ?
Il n’existe pas de concours national d’agent de sécurité confirmé.
L’accès à cette classification repose sur les conditions prévues par la convention collective.
Pour exercer les activités réglementées de surveillance humaine ou de gardiennage, le professionnel doit par ailleurs justifier de l’aptitude professionnelle requise et disposer d’une carte professionnelle CNAPS valide correspondant à l’activité exercée.
Il faut donc distinguer :
l’autorisation d’exercer une activité privée de sécurité
et
la classification conventionnelle du salarié.
Ce sont deux questions différentes.
Aptitude professionnelle
L’ancienne fiche indiquait que le CQP APS constituait l’aptitude professionnelle initiale obligatoire.
Cette formulation est devenue trop restrictive.
Différentes certifications professionnelles peuvent permettre de justifier l’aptitude requise pour l’activité concernée lorsqu’elles sont reconnues conformément à la réglementation.
Avant de suivre une formation, il convient donc de vérifier que la certification envisagée permet bien d’obtenir la carte professionnelle correspondant à l’activité souhaitée.
Carte professionnelle CNAPS
L’exercice d’une activité réglementée de surveillance humaine ou de gardiennage nécessite une carte professionnelle délivrée par le CNAPS.
Sa délivrance suppose notamment :
- de satisfaire aux conditions légales ;
- de justifier de l’aptitude professionnelle requise ;
- de satisfaire aux conditions de compatibilité avec l’exercice d’une activité privée de sécurité.
Le dossier fait l’objet d’une enquête administrative.
Il est donc plus exact de parler de conditions légales et de compatibilité avec la profession que de résumer l’accès au métier par l’expression « casier judiciaire vierge ».
Formation
Selon le parcours choisi, la formation permettant d’exercer dans la surveillance humaine peut notamment comprendre :
- cadre juridique de la sécurité privée ;
- Code de la sécurité intérieure ;
- déontologie ;
- libertés publiques ;
- gestion des conflits ;
- surveillance ;
- contrôle d’accès ;
- prévention des risques ;
- premiers secours ;
- gestion des événements ;
- transmission des informations ;
- rédaction professionnelle.
Des formations complémentaires peuvent ensuite être nécessaires selon le poste occupé.
L’ancienne affirmation selon laquelle toutes les formations initiales de sécurité privée comporteraient systématiquement un tronc commun de 41 heures doit être supprimée. Il faut se référer aux référentiels de formation actuellement applicables.
Le CAP Agent de sécurité
Le CAP Agent de sécurité constitue aujourd’hui une formation permettant de se préparer aux métiers de la sécurité.
Attention cependant à la formulation conventionnelle historique : l’emploi-repère fait encore référence au « CAP Prévention et Sécurité » pour la condition spécifique liée aux six mois d’emploi dans l’entreprise.
Il convient donc de ne pas remplacer automatiquement cette dénomination dans la citation des conditions conventionnelles sans vérifier l’équivalence ou les dispositions applicables au diplôme détenu.
Par ailleurs, posséder un bac +3 ou un bac +5 ne permet pas d’accéder automatiquement à un poste d’encadrement dans la sécurité privée.
Qualités requises
L’agent de sécurité confirmé doit notamment faire preuve de :
- vigilance ;
- rigueur ;
- autonomie ;
- ponctualité ;
- maîtrise de soi ;
- sens de l’observation ;
- réactivité ;
- capacité à appliquer des procédures ;
- capacité à communiquer ;
- respect de la confidentialité ;
- capacité à rendre compte ;
- comportement professionnel.
Lorsqu’il intervient dans un environnement présentant des risques spécifiques, il doit également parfaitement maîtriser les formations et procédures particulières correspondant à son poste.
Conditions de travail
Les conditions dépendent du site et de la prestation.
L’agent peut travailler :
- en intérieur ;
- en extérieur ;
- de jour ;
- de nuit ;
- en horaires décalés ;
- le week-end ;
- les jours fériés ;
- seul ou au sein d’une équipe ;
- en poste fixe ;
- en ronde.
Il peut exercer dans des environnements très différents, depuis un immeuble tertiaire jusqu’à un site industriel nécessitant des formations particulières.
Équipements
Selon son affectation, l’agent peut notamment utiliser :
- radio ;
- téléphone professionnel ;
- système de contrôle d’accès ;
- main courante électronique ;
- lampe ;
- équipements de protection individuelle ;
- systèmes d’alarme ;
- outils informatiques ;
- matériels spécifiques correspondant aux risques du site.
Les équipements dépendent de la mission et ne sont pas identiques pour tous les agents confirmés.
Rémunération et classification en 2026
L’Agent de sécurité confirmé est classé :
Coefficient 130
Cette classification reste applicable depuis la révision entrée en vigueur le 1er mars 2026.
Pour 2026, le minimum conventionnel correspondant au coefficient 130 est de 1 908,54 € brut mensuels pour 151,67 heures, avant les éventuelles majorations et primes.
La rémunération réelle peut être supérieure en fonction notamment :
- de l’entreprise ;
- du contrat ;
- de l’ancienneté ;
- des horaires ;
- du travail de nuit ;
- du dimanche ;
- des jours fériés ;
- des primes et indemnités applicables.
Pour conserver cette fiche pertinente dans le temps, il reste préférable de vérifier la grille conventionnelle en vigueur lors d’une candidature ou d’une embauche.
Évolution professionnelle
L’expérience acquise comme agent confirmé peut permettre d’évoluer vers différentes fonctions selon les compétences et qualifications obtenues :
- agent de sécurité chef de poste ;
- agent de sécurité mobile ;
- spécialités de sécurité privée ;
- fonctions de coordination ;
- fonctions d’exploitation ;
- encadrement opérationnel.
Certaines évolutions nécessitent toutefois une qualification ou une carte professionnelle spécifique.
La progression n’est donc pas automatique.
À retenir
L’Agent de sécurité confirmé :
- est un emploi-repère officiel de la sécurité privée ;
- appartient à la filière surveillance ;
- reprend le socle opérationnel de l’agent de sécurité qualifié ;
- assure notamment surveillance, contrôle d’accès, prévention, assistance et alerte ;
- ne devient pas « confirmé » simplement en raison de son ancienneté ;
- relève de cette classification lorsqu’il satisfait aux conditions conventionnelles prévues ;
- peut notamment être concerné lorsqu’une formation supplémentaire spécifique est indispensable à son poste ;
- peut également relever de cette classification dans le cas particulier prévu par la convention concernant le CAP Prévention et Sécurité et six mois d’emploi dans l’entreprise ;
- n’est pas automatiquement chef de poste ;
- ne dispose d’aucun pouvoir général de police supplémentaire ;
- doit disposer de l’aptitude professionnelle et de la carte professionnelle nécessaires lorsqu’il exerce une activité réglementée ;
- relève du coefficient conventionnel 130.
L’agent de sécurité confirmé correspond donc à un niveau conventionnel précis de qualification, situé entre l’agent de sécurité qualifié et l’agent de sécurité chef de poste dans la classification de la filière surveillance.
Informations et recrutement
Avant de candidater ou de vérifier sa classification, il est recommandé de contrôler :
- les missions réellement exercées ;
- les formations supplémentaires exigées par le poste ;
- la certification professionnelle détenue ;
- la validité de la carte professionnelle CNAPS ;
- les conditions conventionnelles permettant la classification comme agent confirmé ;
- le coefficient indiqué au contrat et sur le bulletin de salaire ;
- la grille de rémunération conventionnelle en vigueur.
Sources et références
- Légifrance – Agent de sécurité confirmé, annexe I.2
- Légifrance – Classification des emplois-repères applicable depuis le 1er mars 2026
- Légifrance – Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité
- Observatoire des métiers de la sécurité privée – Agent de sécurité confirmé
- CNAPS – Exercer le métier d’agent de sécurité privée
- Onisep – CAP Agent de sécurité
Les conditions d’exercice, les certifications reconnues, les classifications et les rémunérations conventionnelles peuvent évoluer. Il convient de vérifier les textes en vigueur auprès du CNAPS, de Légifrance et des organismes compétents.
