Enquêteur subaquatique de la Gendarmerie nationale
L’enquêteur subaquatique est un gendarme spécialisé capable de conduire des recherches et des investigations sous l’eau. À la fois militaire, plongeur et enquêteur, il intervient dans des environnements où les enquêteurs traditionnels ne peuvent pas accéder : mer, lacs, fleuves, rivières, canaux, ports, plans d’eau ou ouvrages immergés.
Sa mission ne consiste pas simplement à récupérer des objets sous l’eau. L’enquêteur subaquatique contribue à la chaîne criminalistique : il recherche, localise, documente, préserve et prélève des traces ou indices susceptibles d’être exploités dans le cadre d’une enquête judiciaire. Les enquêteurs subaquatiques interviennent généralement jusqu’à 35 mètres de profondeur.
Quel est le rôle de l’enquêteur subaquatique ?
L’enquêteur subaquatique apporte une capacité spécialisée aux unités de la Gendarmerie nationale lorsque des recherches doivent être effectuées dans un environnement aquatique.
Il peut notamment intervenir pour :
- rechercher des personnes disparues ;
- rechercher un corps immergé ;
- rechercher une arme ou un objet ;
- retrouver un véhicule immergé ;
- rechercher des traces et indices ;
- préserver des éléments de preuve ;
- effectuer des constatations sous l’eau ;
- documenter une scène subaquatique ;
- participer à des opérations judiciaires ;
- contribuer à certaines missions de surveillance nautique ;
- apporter son expertise aux enquêteurs chargés d’une affaire.
La Gendarmerie indique également que ces militaires peuvent participer à des missions de contrôle des flux, de lutte contre le braconnage et de sécurité dans les milieux maritimes et aquatiques.
L’investigation judiciaire sous l’eau
L’une des particularités essentielles de cette spécialité est son lien avec la police technique et scientifique.
Une scène située sous plusieurs mètres d’eau doit être traitée avec méthode. L’immersion peut déplacer, détériorer ou contaminer certains éléments.
L’enquêteur doit donc être capable d’intervenir en préservant autant que possible leur valeur pour l’enquête.
Le Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie (CNING) et l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) ont développé des protocoles spécifiques permettant de rechercher et révéler des traces et indices en milieu aquatique.
Recherche de traces et indices
Selon la situation, les investigations peuvent concerner :
- des armes ;
- des objets ayant servi à commettre une infraction ;
- des véhicules ;
- des vêtements ;
- des objets personnels ;
- des éléments matériels liés à une enquête ;
- des traces biologiques ;
- des corps ou restes humains.
Le simple fait de retrouver un objet ne suffit pas.
Il faut également pouvoir documenter sa localisation, les conditions de découverte et les opérations réalisées afin de préserver l’exploitation judiciaire des éléments recueillis.
Une véritable scène de constatation subaquatique
Les techniques utilisées peuvent notamment comprendre :
- photographie subaquatique ;
- prise de vue ;
- localisation d’objets ;
- recherche méthodique ;
- prélèvement ;
- conditionnement des indices ;
- techniques de criminalistique adaptées au milieu aquatique ;
- photogrammétrie ;
- recherche ou révélation de certaines traces.
L’objectif est de permettre aux enquêteurs et à l’autorité judiciaire de disposer d’informations aussi fiables que possible malgré les contraintes du milieu subaquatique.
Recherche de personnes disparues
Les enquêteurs subaquatiques sont régulièrement sollicités dans le cadre de disparitions inquiétantes et d’accidents.
Lorsqu’une personne est susceptible de se trouver dans un cours d’eau, un lac ou une autre zone immergée, ils peuvent participer aux recherches.
Ces opérations peuvent se dérouler dans des conditions particulièrement difficiles :
- eau froide ;
- courant ;
- profondeur ;
- visibilité réduite ou inexistante ;
- obstacles immergés ;
- pollution ;
- environnement instable ;
- fatigue physique ;
- contraintes météorologiques.
Le plongeur doit alors conserver une parfaite maîtrise de lui-même.
Des interventions jusqu’à 35 mètres
Les enquêteurs subaquatiques de la Gendarmerie interviennent généralement jusqu’à une profondeur de 35 mètres.
Pour les opérations nécessitant une intervention au-delà de cette profondeur, le CNING peut notamment apporter son expertise et renforcer les unités opérationnelles.
La profondeur n’est toutefois qu’une partie de la difficulté.
Une intervention dans quelques mètres d’eau boueuse, froide et sans visibilité peut présenter des contraintes considérables.
Où travaillent les enquêteurs subaquatiques ?
Les enquêteurs subaquatiques servent pour la plupart au sein des unités nautiques et fluviales de la Gendarmerie nationale, en métropole comme en Outre-mer.
Ils peuvent être amenés à intervenir dans :
- la mer ;
- les fleuves ;
- les rivières ;
- les lacs ;
- les canaux ;
- les ports ;
- les plans d’eau ;
- différents ouvrages ou zones immergées.
Leur zone d’intervention peut être importante et nécessiter des déplacements lorsqu’une unité territoriale demande leur expertise.
Une spécialité qui nécessite un entraînement permanent
L’enquêteur subaquatique ne plonge pas uniquement lorsqu’une enquête le nécessite.
Une partie importante de son activité est consacrée à l’entraînement et au maintien des compétences.
Les séances peuvent porter sur :
- techniques de plongée ;
- sécurité subaquatique ;
- procédures d’urgence ;
- recherches sous-marines ;
- récupération d’objets ;
- travail sans visibilité ;
- techniques d’investigation ;
- utilisation des équipements ;
- préparation physique.
La plongée professionnelle nécessite une pratique régulière afin de maintenir les automatismes indispensables à la sécurité.
Des conditions parfois extrêmes
Les interventions ne se déroulent pas nécessairement dans des eaux claires.
Les enquêteurs peuvent travailler dans des environnements :
- sombres ;
- froids ;
- pollués ;
- encombrés ;
- à visibilité nulle ;
- soumis au courant.
La Gendarmerie souligne notamment l’existence d’entraînements en eaux froides, sombres ou sans visibilité.
Le Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie
La formation spécialisée est assurée notamment par le Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie (CNING), situé à Antibes.
Le centre constitue la référence nationale pour la formation des plongeurs de la Gendarmerie et des personnels participant à leurs missions.
Il développe une expertise particulière dans le domaine de l’investigation subaquatique et de la police technique et scientifique en milieu aquatique.
Une formation plus complète que l’ancienne fiche ADESS
L’ancienne fiche indiquait une formation de six semaines.
Cette présentation ne correspond plus à la description actuelle du CNING.
Le centre indique en 2026 que le cursus commence par un tronc commun permettant d’obtenir le certificat de plongeur de bord. En fonction de l’emploi exercé, le militaire s’oriente ensuite notamment vers l’investigation subaquatique pour la gendarmerie départementale ou vers d’autres parcours spécialisés.
Le CNING indique actuellement une formation complète de 12 semaines dans le cadre de son dispositif de formation.
Il est donc préférable de ne plus présenter une durée unique de six semaines comme règle générale.
Comment devenir enquêteur subaquatique ?
Il n’existe pas de concours civil permettant d’intégrer directement la Gendarmerie comme enquêteur subaquatique.
Il faut d’abord devenir gendarme, puis accéder à cette spécialité.
La voie indiquée par le portail officiel de recrutement est celle de sous-officier de gendarmerie (SOG).
Le parcours peut être résumé ainsi :
Concours SOG → formation de gendarme → affectation en unité → expérience professionnelle → candidature à la spécialité → sélection → formation spécialisée → affectation correspondante.
Concours de sous-officier de gendarmerie
Pour la voie externe, le recrutement SOG est notamment accessible aux candidats titulaires du baccalauréat ou d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau 4, sous réserve de satisfaire aux autres conditions réglementaires.
Après réussite aux épreuves et vérification de l’aptitude, le candidat suit la formation de sous-officier.
La formation SOG actuelle est organisée sur 12 mois : huit mois en école et quatre mois sur le terrain.
Une spécialité accessible après expérience
L’ancienne fiche indiquait qu’il était possible de se porter volontaire dès l’école.
Il faut apporter une nuance importante.
La Gendarmerie précise aujourd’hui que, de manière générale, environ quatre années d’expérience en gendarmerie sont nécessaires avant d’accéder à une spécialité telle qu’enquêteur subaquatique.
Il faut donc d’abord acquérir une véritable expérience professionnelle de gendarme.
Une sélection physique exigeante
L’accès à la spécialité nécessite de réussir une sélection nationale organisée sous l’égide du CNING.
La Gendarmerie a encore présenté en juillet 2026 les tests de sélection des futurs enquêteurs subaquatiques comme particulièrement exigeants.
La préparation physique doit donc constituer une priorité.
Le candidat doit notamment développer :
- endurance ;
- aisance aquatique ;
- natation ;
- apnée ;
- résistance physique ;
- gestion de l’effort ;
- maîtrise du stress.
La performance sportive seule ne suffit toutefois pas : l’objectif est de sélectionner des militaires capables de travailler en sécurité, avec méthode et en équipe dans un environnement contraignant.
Faut-il déjà être plongeur civil ?
Une expérience personnelle en plongée peut naturellement constituer un avantage pour connaître le milieu aquatique.
Elle ne remplace cependant pas la formation professionnelle propre à la Gendarmerie nationale.
La spécialité ne consiste pas uniquement à maîtriser la plongée : le militaire doit apprendre à combiner les techniques subaquatiques avec les exigences de l’enquête judiciaire et de la criminalistique.
Équipements
Selon la mission, l’enquêteur peut utiliser différents équipements spécialisés :
- combinaison de plongée ;
- masque ;
- palmes ;
- détendeur ;
- bouteilles ;
- gilet ou système de stabilisation ;
- moyens de communication ;
- éclairage ;
- équipements de sécurité ;
- matériel de recherche ;
- matériel photographique ;
- équipements permettant le prélèvement ou la récupération d’indices ;
- embarcation de soutien.
Les équipements sont adaptés à la nature de la mission et aux conditions du milieu.
Sécurité des plongées
L’enquêteur subaquatique ne travaille pas comme un plongeur isolé.
Les opérations reposent sur une organisation collective comprenant des personnels chargés de la plongée, de la sécurité et du soutien en surface.
Le CNING assure d’ailleurs également la formation de personnels surfaciers, indispensables au fonctionnement et à la sécurité des opérations subaquatiques.
L’esprit d’équipe constitue donc une qualité fondamentale.
Qualités requises
Le métier exige notamment :
- excellente condition physique ;
- très bonne aisance aquatique ;
- maîtrise de soi ;
- sang-froid ;
- rigueur ;
- méthode ;
- capacité d’observation ;
- esprit d’équipe ;
- discipline ;
- résistance au stress ;
- sens de l’enquête ;
- capacité à travailler dans des conditions difficiles ;
- respect rigoureux des procédures de sécurité.
L’enquêteur doit être capable de conserver sa lucidité alors qu’il évolue dans un environnement où la visibilité, le froid, le courant ou la profondeur peuvent considérablement compliquer l’intervention.
Enquêteur subaquatique et technicien en investigations subaquatiques
Il existe plusieurs niveaux de compétences dans le domaine.
La Gendarmerie distingue notamment l’enquêteur subaquatique et le technicien en investigations subaquatiques (TIS).
Le technicien dispose de compétences particulièrement poussées dans les investigations et la criminalistique subaquatiques.
La Gendarmerie présente notamment un parcours pouvant comprendre successivement plusieurs qualifications : enquêteur subaquatique, perfectionnement en plongée, technicien en investigations subaquatiques, puis compétences supplémentaires en criminalistique.
Il ne faut donc pas considérer tous les plongeurs de la Gendarmerie comme possédant automatiquement le même niveau de qualification judiciaire et technique.
Évolution professionnelle
L’enquêteur subaquatique peut approfondir son expertise au cours de sa carrière.
Selon son parcours, ses qualifications et les besoins de l’institution, il peut notamment évoluer vers :
- technicien en investigations subaquatiques ;
- qualifications supérieures de plongée ;
- fonctions d’encadrement ;
- moniteur ou instructeur ;
- commandement d’une unité nautique ou fluviale ;
- autres spécialités de la Gendarmerie.
Le portail de recrutement présente notamment des parcours ayant conduit des enquêteurs à devenir moniteurs d’encadrement subaquatique, instructeurs au CNING ou commandants de brigade fluviale.
Statut
L’enquêteur subaquatique est avant tout un militaire de la Gendarmerie nationale.
Il conserve donc les obligations liées au statut militaire :
- disponibilité ;
- discipline ;
- mobilité ;
- aptitude physique et médicale ;
- entraînement ;
- respect de la hiérarchie ;
- contraintes particulières de service.
La qualification subaquatique constitue une spécialité professionnelle venant compléter son statut et ses compétences de gendarme.
Rémunération
Il n’existe pas de salaire autonome correspondant au seul intitulé « enquêteur subaquatique ».
La rémunération dépend notamment :
- du grade ;
- de l’ancienneté ;
- de l’affectation ;
- de la situation individuelle ;
- des indemnités applicables ;
- des qualifications détenues ;
- des contraintes particulières du service.
Il est donc préférable de consulter les informations actualisées de la Gendarmerie nationale plutôt que de présenter une estimation salariale fixe.
À retenir
L’enquêteur subaquatique de la Gendarmerie nationale :
- est d’abord un gendarme professionnel ;
- possède une qualification spécialisée en plongée ;
- participe à des enquêtes judiciaires ;
- recherche des personnes, objets, armes, véhicules, traces et indices sous l’eau ;
- contribue à la police technique et scientifique subaquatique ;
- intervient généralement jusqu’à 35 mètres de profondeur ;
- sert principalement dans des unités nautiques et fluviales ;
- travaille en mer comme dans les eaux intérieures ;
- doit maintenir une excellente condition physique ;
- s’entraîne régulièrement ;
- est formé notamment au CNING d’Antibes ;
- peut poursuivre sa spécialisation vers les investigations subaquatiques avancées ;
- accède à cette spécialité après avoir intégré la Gendarmerie et réussi une sélection spécifique.
Ce métier associe ainsi enquête judiciaire, criminalistique, plongée professionnelle, engagement militaire et maîtrise d’un environnement particulièrement exigeant.
Informations et recrutement
L’enquêteur subaquatique n’est pas recruté directement dans le civil.
La première démarche consiste à intégrer la Gendarmerie nationale, notamment par le concours de sous-officier de gendarmerie.
Au 31 août 2026, le portail officiel de la Gendarmerie annonce l’ouverture des inscriptions au concours externe SOG à compter de cette date. Les calendriers étant susceptibles d’évoluer, les candidats doivent toujours vérifier la session disponible directement sur le portail de recrutement.
Sources et références
- Gendarmerie nationale – Enquêteur subaquatique
- Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie – CNING
- Gendarmerie nationale – Sous-officier sur le terrain (SOG)
- Gendinfo – Sélection des enquêteurs subaquatiques, juillet 2026
- Gendinfo – Investigation subaquatique et criminalistique, février 2026
- Gendarmerie nationale – Technicien en investigations subaquatiques
Les conditions de recrutement, critères de sélection, formations, qualifications et modalités d’affectation peuvent évoluer. Il convient de consulter les informations officielles de la Gendarmerie nationale avant toute candidature.
