Santé mentale : les bons réflexes qui peuvent tout changer

Santé mentale : les bons réflexes qui peuvent tout changer

Comprendre pour mieux agir

Reconnaître une situation de souffrance psychique, savoir écouter et connaître les bons réflexes peut contribuer à prévenir une aggravation et à orienter une personne vers une aide adaptée.

La santé mentale concerne l’ensemble de la population. Difficultés personnelles, isolement, harcèlement, violences, pression professionnelle, événements traumatisants ou accumulation de problèmes peuvent fragiliser une personne à différentes périodes de sa vie.

L’objectif n’est pas de transformer chacun en professionnel de santé, mais de permettre au plus grand nombre de comprendre certains signaux, d’adopter une attitude adaptée et de savoir vers qui se tourner lorsque la situation l’exige.

1. La santé mentale nous concerne tous

La santé mentale ne se résume pas à l’existence ou non d’un trouble psychiatrique.

Elle participe à notre capacité à vivre avec les autres, travailler, étudier, prendre des décisions, gérer nos émotions et faire face aux difficultés de la vie.

Cet équilibre peut évoluer.

Un deuil, une séparation, des difficultés financières, une situation de harcèlement, des violences, un événement traumatisant, une forte pression professionnelle ou scolaire ou encore un isolement prolongé peuvent affecter temporairement ou durablement une personne.

Prendre soin de sa santé mentale fait partie intégrante de la prévention en matière de santé.

2. Certains changements peuvent constituer des signaux d’alerte

La souffrance psychique n’est pas toujours visible.

Certains changements peuvent néanmoins attirer l’attention de l’entourage :

  • isolement inhabituel ;
  • perte d’intérêt pour les activités habituelles ;
  • fatigue importante ;
  • troubles du sommeil ;
  • anxiété persistante ;
  • irritabilité ou changements importants d’humeur ;
  • difficultés de concentration ;
  • découragement ;
  • négligence inhabituelle de soi ;
  • consommation accrue d’alcool ou d’autres substances ;
  • propos exprimant un profond désespoir.

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un diagnostic.

Ils peuvent en revanche constituer une raison supplémentaire d’aller vers la personne et de lui proposer un échange.

3. Premier réflexe : maintenir le lien

Face à une personne qui semble en difficulté, une première démarche consiste simplement à aller vers elle.

Une question peut suffire :

« Comment vas-tu vraiment en ce moment ? »

Il ne s’agit pas d’interroger la personne ou de chercher immédiatement une explication.

L’objectif est de lui montrer qu’une personne est disponible pour l’écouter.

Dans certaines situations, savoir que quelqu’un a remarqué une difficulté et accepte d’écouter peut déjà contribuer à rompre l’isolement.

4. Écouter sans juger

L’écoute est un élément essentiel du soutien.

Certaines phrases, même prononcées avec de bonnes intentions, peuvent minimiser la souffrance :

« Ce n’est rien. »

« Il y a pire. »

« Il faut être fort. »

« Pense à autre chose. »

Il est généralement préférable de laisser la personne s’exprimer à son rythme et d’éviter de porter un jugement sur ce qu’elle ressent.

Écouter ne signifie pas devoir immédiatement trouver une solution.

Il s’agit d’abord de reconnaître la parole de la personne et de maintenir le dialogue.

5. Soutenir ne signifie pas remplacer un professionnel

Un proche, un collègue ou un citoyen peut jouer un rôle important.

Il peut :

  • écouter ;
  • rassurer ;
  • maintenir le contact ;
  • rechercher une information ;
  • proposer une ressource ;
  • encourager une consultation ;
  • accompagner la personne dans certaines démarches.

Mais il existe une limite essentielle.

Un citoyen peut constituer un premier maillon de soutien. Il ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un psychiatre, ni les services d’urgence.

Savoir aider signifie donc également savoir passer le relais.

6. Encourager la recherche d’une aide adaptée

Une personne en difficulté peut hésiter à demander de l’aide.

Elle peut craindre d’être jugée, de déranger son entourage ou de ne pas savoir vers quel professionnel se tourner.

Il est alors possible de proposer une aide concrète :

  • rechercher ensemble un professionnel ;
  • contacter un médecin ;
  • identifier une structure spécialisée ;
  • trouver un numéro d’écoute ;
  • accompagner la personne dans ses démarches si elle le souhaite.

L’objectif est de faciliter l’accès à l’aide sans décider systématiquement à sa place.

7. Les Premiers Secours en Santé Mentale

Les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) permettent d’acquérir des connaissances et des réflexes pour mieux réagir face à une personne présentant des signes de souffrance psychique.

Inspirée du programme international Mental Health First Aid, cette démarche repose notamment sur l’apprentissage de plusieurs principes :

  • reconnaître certains signes ;
  • entrer en contact avec la personne ;
  • écouter sans jugement ;
  • apporter un premier soutien ;
  • encourager le recours à une aide professionnelle ;
  • connaître les ressources disponibles.

Le principe peut être rapproché des premiers secours physiques :

Le citoyen formé n’établit pas un diagnostic et ne remplace pas le professionnel. Il apprend à reconnaître une situation, apporter une première aide et orienter.

8. Retenir le principe AERER

Le programme PSSM utilise notamment le plan d’action AERER.

A — Approcher, évaluer et assister

Aller vers la personne, engager le dialogue et essayer de comprendre la situation.

E — Écouter activement et sans jugement

Permettre à la personne de s’exprimer et respecter sa parole.

R — Réconforter et informer

Apporter un soutien et transmettre, lorsque cela est pertinent, des informations utiles.

E — Encourager à aller vers des professionnels

Faciliter l’orientation vers une aide médicale, psychologique ou spécialisée.

R — Renseigner sur les autres ressources disponibles

Entourage, associations, dispositifs d’écoute et autres ressources peuvent compléter l’accompagnement.

9. Face au risque suicidaire, ne jamais banaliser

Certains propos ou comportements nécessitent une vigilance particulière.

Lorsqu’une personne évoque le suicide, sa propre mort, l’absence d’avenir ou manifeste un profond désespoir, ses propos doivent être pris au sérieux.

Il ne faut pas considérer automatiquement qu’une personne « cherche seulement à attirer l’attention ».

Lorsque la situation laisse penser qu’un danger immédiat existe, la priorité devient la recherche d’une aide urgente.

Face à un danger immédiat, ne restez pas seul avec la situation : contactez les services compétents.

10. Les numéros essentiels à connaître en France

Urgence

  • 15 — SAMU
  • 17 — Police / Gendarmerie
  • 18 — Sapeurs-pompiers
  • 112 — Numéro européen d’urgence
  • 114 — Numéro d’urgence accessible notamment aux personnes sourdes et malentendantes

Prévention du suicide

3114 — Numéro national de prévention du suicide

Le 3114 peut notamment être sollicité par une personne en souffrance ou par une personne préoccupée par la situation d’un proche.

11. La prévention concerne également le monde professionnel

La santé mentale ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise ou de l’administration.

Certains facteurs professionnels peuvent contribuer à fragiliser les personnes :

  • surcharge de travail ;
  • conflits répétés ;
  • violences ;
  • harcèlement ;
  • isolement ;
  • manque de reconnaissance ;
  • exposition à des événements difficiles ;
  • certaines organisations ou conditions de travail.

La prévention ne peut donc pas uniquement consister à demander aux individus de mieux gérer leur stress.

Elle implique également une réflexion collective sur les conditions de travail, les relations professionnelles, les dispositifs d’alerte et les possibilités d’accompagnement.

12. Les bons réflexes à retenir

Face à une personne qui semble en souffrance :

Observer

Repérer un changement important sans chercher à poser soi-même un diagnostic.

Approcher

Créer une occasion de parler sans forcer la personne.

Écouter

Laisser s’exprimer la personne sans jugement.

Soutenir

Maintenir le lien et montrer sa disponibilité.

Orienter

Encourager le recours aux professionnels et aux dispositifs adaptés.

Alerter

En cas de danger immédiat, contacter les services compétents.

Ce qu’il faut retenir

Observer sans étiqueter.

Approcher sans brusquer.

Écouter sans juger.

Soutenir sans se substituer aux professionnels.

Orienter vers les ressources adaptées.

Alerter lorsqu’il existe un danger immédiat.

La santé mentale concerne chacun d’entre nous, directement ou indirectement.

Il n’est pas nécessaire d’être professionnel de santé pour adopter une attitude bienveillante face à une personne en difficulté.

En revanche, il est essentiel de connaître les limites de son intervention et de savoir rechercher une aide professionnelle lorsque la situation le nécessite.

Comprendre pour mieux agir

La prévention commence par la connaissance.

Comprendre les signes, savoir comment réagir et connaître les ressources disponibles permet de développer une véritable culture citoyenne de prévention.

Une conversation ne résout pas nécessairement une situation de souffrance.

Mais elle peut ouvrir une porte.

Une écoute peut maintenir un lien.

Une orientation peut permettre d’accéder à une aide.

Et dans certaines situations, le bon réflexe au bon moment peut contribuer à protéger une vie.

Ressources utiles

  • 3114 – Numéro national de prévention du suicide
  • Ministère chargé de la Santé
  • Santé publique France
  • Premiers Secours en Santé Mentale France
  • Organisation mondiale de la Santé

Publication ADESS – Sensibilisation citoyenne

ADESS – Association des Experts en Sécurité et Sûreté

Cette publication constitue un contenu général de sensibilisation et de prévention. Elle ne permet pas d’établir un diagnostic et ne remplace pas l’avis ou la prise en charge d’un professionnel de santé. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.

Jennifer TURPAUD – ID : 13748163