Opérateur de télésurveillance de niveau 2
L’opérateur de télésurveillance de niveau 2 est un professionnel de la sécurité électronique travaillant au sein d’une station de télésurveillance. Il assure le traitement des alarmes émises par les équipements installés chez les clients, applique les procédures et consignes prévues et peut déclencher et piloter l’intervention d’un agent de sécurité sur site.
Il peut également orienter à distance un technicien et effectuer certaines actions techniques à distance sur les installations du client.
Mise à jour importante en 2026
L’ancienne appellation « Agent de sécurité opérateur SCT2 » n’est plus l’emploi-repère conventionnel actuel.
Depuis le 1er mars 2026, la branche de la prévention et de la sécurité a profondément réorganisé les métiers de la télésurveillance. Les deux anciennes fiches SCT1 et SCT2 ont été supprimées et remplacées par une nouvelle classification comprenant plusieurs niveaux d’opérateurs et différentes fonctions spécialisées.
Il est donc préférable d’actualiser cette fiche ADESS sous le titre « Opérateur de télésurveillance de niveau 2 ».
Le rôle de l’opérateur de télésurveillance de niveau 2
L’opérateur de niveau 2 exerce les activités correspondant au niveau 1, auxquelles s’ajoutent des responsabilités supplémentaires dans le traitement des alarmes et le pilotage des interventions.
Il constitue un maillon entre les systèmes électroniques installés chez les clients, les personnes à contacter, les intervenants de sécurité, les techniciens et, lorsque la situation l’exige, les services compétents.
Son travail repose sur une logique essentielle :
réception de l’information → analyse → application des consignes → levée de doute → action adaptée → suivi → retour à la normale → traçabilité.
Missions principales
Dans le cadre de ses fonctions, l’opérateur peut notamment :
- recevoir et traiter les alarmes ;
- analyser les informations transmises par les systèmes de sécurité ;
- appliquer les procédures et consignes correspondant au site ;
- réaliser les opérations de levée de doute prévues ;
- contacter les personnes désignées ;
- déclencher une intervention sur site ;
- piloter l’intervention d’un agent de sécurité ;
- suivre le déroulement d’une intervention ;
- orienter à distance un technicien présent sur un site ;
- effectuer certaines actions techniques à distance ;
- traiter les appels liés aux événements ;
- assurer la traçabilité des actions réalisées ;
- vérifier le retour à une situation normale.
La convention collective actualisée précise notamment que l’opérateur de niveau 2 déclenche et pilote l’intervention d’un agent de sécurité sur site ou oriente à distance un technicien, et qu’il peut réaliser certaines actions techniques à distance.
Que reçoit une station de télésurveillance ?
Une station de télésurveillance peut recevoir différents types d’informations en fonction des équipements installés et du contrat souscrit.
Il peut notamment s’agir :
- d’une alarme intrusion ;
- d’une information provenant d’un système de détection ;
- d’une alarme technique ;
- d’une perte de communication ;
- d’un événement provenant d’un contrôle d’accès ;
- d’une information issue d’un système vidéo ;
- d’un appel ;
- d’une anomalie de fonctionnement.
La nature exacte des événements traités dépend des installations, des prestations souscrites et des consignes définies pour chaque client.
La levée de doute
La levée de doute constitue une étape importante de nombreuses procédures de télésurveillance.
L’opérateur doit déterminer, à partir des moyens autorisés et disponibles, si l’alarme peut être confirmée, infirmée ou nécessite une intervention complémentaire.
Selon le dispositif, cette vérification peut s’appuyer sur :
- des informations techniques ;
- des séquences vidéo ;
- des images ;
- des échanges audio ;
- un appel ;
- une intervention physique ;
- plusieurs informations croisées.
L’opérateur ne doit pas improviser : il applique les consignes et procédures correspondant au site concerné.
Déclenchement et pilotage d’une intervention
Le niveau 2 se caractérise notamment par sa capacité à déclencher et piloter l’intervention d’un agent de sécurité sur site.
L’opérateur peut transmettre les informations nécessaires à l’intervenant, suivre la progression de l’intervention et intégrer les informations communiquées depuis le terrain.
Cette interaction permet de maintenir une continuité entre :
station de télésurveillance ↔ intervenant ↔ site client.
L’opérateur reste toutefois dans le cadre de ses propres compétences : l’intervenant sur site conserve les missions et prérogatives correspondant à son activité.
Relations avec les services de secours et les forces de sécurité
Lorsqu’une situation le nécessite et lorsque les conditions réglementaires et procédurales sont réunies, la station peut être amenée à contacter les services compétents.
Selon l’événement, il peut notamment s’agir :
- des forces de sécurité intérieure ;
- des services d’incendie et de secours ;
- des personnes habilitées par le client ;
- d’un service technique ;
- d’un intervenant de sécurité.
L’opérateur doit transmettre une information claire, précise et exploitable.
Il ne « commande » cependant pas les forces de l’ordre ou les secours : celles-ci restent pleinement responsables de leurs modalités d’intervention.
Un métier de sécurité électronique
La nouvelle classification conventionnelle rattache explicitement l’opérateur de télésurveillance de niveau 2 aux métiers de la sécurité électronique.
L’activité repose donc sur l’utilisation quotidienne de systèmes informatiques et de télécommunication.
L’opérateur peut travailler avec :
- logiciels de télésurveillance ;
- systèmes de réception d’alarmes ;
- solutions vidéo ;
- systèmes de communication ;
- interfaces de contrôle d’accès ;
- bases de consignes ;
- systèmes de traçabilité ;
- équipements téléphoniques ;
- outils techniques permettant certaines actions à distance.
Une bonne maîtrise des outils numériques est donc essentielle.
Les consignes clients
Chaque site surveillé peut présenter une configuration différente.
L’opérateur doit pouvoir accéder rapidement aux consignes correspondant au client et à l’événement reçu.
Ces consignes peuvent déterminer :
- les personnes à contacter ;
- l’ordre des appels ;
- les vérifications à effectuer ;
- les procédures de levée de doute ;
- les modalités d’intervention ;
- les procédures d’escalade ;
- les actions techniques autorisées ;
- les informations devant être enregistrées.
La capacité à identifier immédiatement la bonne procédure constitue une compétence fondamentale du métier.
La traçabilité des opérations
Les actions réalisées depuis une station de télésurveillance doivent pouvoir être suivies.
L’opérateur renseigne les systèmes prévus afin de conserver la trace des événements et des actions entreprises.
Selon l’organisation, cela peut concerner :
- l’heure de réception d’une alarme ;
- la nature de l’événement ;
- les vérifications réalisées ;
- les appels effectués ;
- le déclenchement d’une intervention ;
- les informations reçues de l’intervenant ;
- les actions techniques ;
- le résultat obtenu ;
- le retour à la normale.
Cette traçabilité participe à la qualité et à la continuité du service.
SCT1 et SCT2 : des appellations désormais anciennes
Jusqu’au 28 février 2026, la convention collective distinguait principalement :
- Agent de sécurité opérateur SCT1 – coefficient 140 ;
- Agent de sécurité opérateur SCT2 – agent de maîtrise, coefficient 150.
L’ancienne fiche SCT2 prévoyait notamment que l’agent gérait et contrôlait les activités des SCT1 et que, lorsqu’un opérateur exerçait seul les missions concernées, il devait être SCT2.
Cette organisation conventionnelle a été supprimée à compter du 1er mars 2026. Il ne faut donc plus présenter cette ancienne règle comme décrivant automatiquement l’actuel opérateur de niveau 2.
La nouvelle organisation des métiers de la télésurveillance
La réforme entrée en vigueur en mars 2026 a créé une filière beaucoup plus détaillée :
| Emploi-repère | Classification minimale |
|---|---|
| Employé administratif en station de télésurveillance | 130 |
| Opérateur de télésurveillance niveau 1 | 140 |
| Opérateur de télésurveillance niveau 2 | 150 |
| Opérateur de télésurveillance niveau 3 | 160 |
| Opérateur de télésurveillance niveau 4 | AM 160 |
| Coordinateur de prestations humaines | 150 |
| Gestionnaire technique niveau 1 | 160 |
| Gestionnaire technique niveau 2 | AM 160 |
| Superviseur de salle | AM 170 |
| Chef de centre de télésurveillance | Cadre 300 |
| Directeur des opérations de télésurveillance | Cadre 400 |
Cette nouvelle classification permet de mieux distinguer les fonctions opérationnelles, techniques, de coordination, de supervision et de direction.
Attention : niveau 2 ne signifie plus superviseur des opérateurs
C’est une correction particulièrement importante de l’ancienne fiche.
L’ancien SCT2 était présenté comme un agent chargé de gérer et contrôler les activités des SCT1.
Avec la nouvelle classification, cette organisation ne doit plus être automatiquement transposée à l’opérateur de télésurveillance de niveau 2.
La branche dispose désormais d’un emploi-repère spécifique de :
Superviseur de salle – Agent de maîtrise, coefficient 170.
L’opérateur niveau 2 ne doit donc pas être présenté systématiquement comme le supérieur hiérarchique des opérateurs niveau 1.
Que deviennent les anciens SCT2 ?
La convention collective a prévu des règles de correspondance pour les salariés déjà classés SCT2 lors de l’entrée en vigueur de la réforme.
Selon les fonctions réellement exercées, un ancien :
Agent de sécurité opérateur SCT2 – AM 150
peut notamment correspondre à :
- Opérateur de télésurveillance niveau 4 – AM 160 ;
- Gestionnaire technique – AM 160, lorsque ses fonctions correspondent à cet emploi ;
- Superviseur de salle – AM 170, lorsque ses fonctions correspondent à cette fiche métier.
Le rattachement dépend donc des fonctions réellement exercées, et non simplement de l’ancien intitulé SCT2.
Comment devenir opérateur de télésurveillance ?
L’ancienne fiche indiquait qu’il fallait commencer par obtenir un CQP APS.
Cette présentation doit être supprimée.
La surveillance humaine sur site et la télésurveillance constituent des activités qui disposent de parcours professionnels et de cartes professionnelles adaptés.
Il ne faut donc pas présenter le TFP APS ou l’ancien CQP APS comme le parcours universel permettant automatiquement d’exercer en station de télésurveillance.
Le candidat doit disposer de l’aptitude professionnelle correspondant à l’activité de télésurveillance et satisfaire aux conditions prévues pour l’exercice de cette activité.
Carte professionnelle CNAPS
L’exercice professionnel de la télésurveillance dans le cadre réglementé nécessite une carte professionnelle CNAPS correspondant à l’activité exercée.
La nouvelle fiche conventionnelle prévoit expressément, pour la filière opérationnelle concernée, une carte professionnelle « agent de télésurveillance » valide.
Il convient donc de vérifier avant toute candidature :
formation reconnue → aptitude professionnelle → carte professionnelle correspondante → emploi en station de télésurveillance.
Compétences professionnelles
L’opérateur doit notamment maîtriser :
- traitement des alarmes ;
- analyse des informations ;
- procédures de levée de doute ;
- application des consignes ;
- déclenchement des interventions ;
- suivi des interventions ;
- communication téléphonique ;
- utilisation des logiciels de télésurveillance ;
- utilisation des outils vidéo lorsqu’ils sont présents ;
- traçabilité ;
- confidentialité ;
- procédures d’urgence ;
- certaines opérations techniques correspondant à son niveau.
Il doit également savoir gérer plusieurs informations sans perdre la notion de priorité.
Qualités requises
Le métier nécessite particulièrement :
- vigilance ;
- concentration ;
- réactivité ;
- rigueur ;
- maîtrise de soi ;
- capacité d’analyse ;
- méthode ;
- discrétion ;
- bonne communication ;
- capacité à respecter précisément des procédures ;
- aisance avec les outils informatiques ;
- résistance au stress ;
- capacité à prendre une décision dans son domaine de compétence.
L’opérateur doit pouvoir passer rapidement d’une situation normale à la gestion d’un événement nécessitant une réaction immédiate.
Confidentialité et protection des informations
Une station de télésurveillance traite des informations qui peuvent être particulièrement sensibles.
L’opérateur peut avoir connaissance :
- de l’organisation d’un site ;
- de ses horaires ;
- de ses systèmes d’alarme ;
- de ses contacts ;
- d’images ;
- de données relatives à des événements ;
- de procédures de sécurité.
Le respect de la confidentialité constitue donc une exigence majeure.
Le traitement des données et, lorsqu’ils sont utilisés, des dispositifs vidéo doit également respecter les règles applicables en matière de protection des données et de respect de la vie privée.
Environnement de travail
L’opérateur travaille principalement dans une station de télésurveillance.
Son poste peut comprendre plusieurs écrans, des logiciels spécialisés, des moyens de communication et des systèmes permettant de recevoir et de traiter les événements provenant de nombreux sites.
Contrairement à un agent de sécurité affecté physiquement chez un client, il intervient essentiellement à distance.
Un même opérateur peut donc être amené à traiter successivement des événements concernant plusieurs sites différents.
Horaires de travail
De nombreuses stations assurent une surveillance permanente.
L’opérateur peut donc travailler :
- en journée ;
- en soirée ;
- de nuit ;
- les week-ends ;
- les jours fériés.
Le travail peut être organisé en vacations et en équipes successives afin d’assurer la continuité du service.
Les horaires exacts dépendent de l’entreprise et de l’organisation du centre.
Rémunération
Il est préférable de supprimer l’ancienne estimation de 1 900 à 2 400 € brut par mois, qui ne constitue pas une rémunération nationale propre au métier.
Depuis mars 2026, l’opérateur de télésurveillance de niveau 2 est classé au coefficient minimal 150 dans la nouvelle grille des emplois-repères de télésurveillance.
La rémunération réelle dépend ensuite notamment :
- de la grille conventionnelle en vigueur ;
- du niveau occupé ;
- de l’ancienneté ;
- du temps de travail ;
- du travail de nuit ;
- des dimanches et jours fériés ;
- des primes applicables ;
- des accords d’entreprise.
Évolution professionnelle
La nouvelle organisation conventionnelle offre désormais une représentation plus précise des possibilités d’évolution.
Selon ses compétences et son expérience, un parcours peut notamment conduire vers :
Opérateur niveau 1 → Opérateur niveau 2 → Opérateur niveau 3 → Opérateur niveau 4
D’autres orientations existent ensuite ou parallèlement vers :
- coordinateur de prestations humaines ;
- gestionnaire technique ;
- superviseur de salle ;
- chef de centre de télésurveillance ;
- fonctions de management ou de direction des opérations.
L’évolution dépend des compétences acquises et des fonctions réellement confiées.
À retenir
L’opérateur de télésurveillance de niveau 2 :
- travaille dans une station de télésurveillance ;
- traite les alarmes provenant des équipements installés chez les clients ;
- applique les consignes correspondant aux sites ;
- réalise les opérations de vérification prévues ;
- déclenche et pilote des interventions sur site ;
- peut orienter à distance un technicien ;
- peut effectuer certaines actions techniques à distance ;
- assure le suivi et la traçabilité des événements ;
- travaille dans un environnement fortement informatisé ;
- doit respecter la confidentialité ;
- relève actuellement du coefficient minimal 150 ;
- ne doit pas être systématiquement présenté comme le superviseur des opérateurs niveau 1 ;
- appartient à la nouvelle classification conventionnelle entrée en vigueur le 1er mars 2026.
Le métier associe ainsi analyse humaine, technologies de sécurité, procédures et coordination à distance pour assurer une réponse adaptée aux événements reçus par la station.
Informations et recrutement
Depuis mars 2026, les anciennes dénominations SCT1 et SCT2 ont été remplacées par une nouvelle architecture des métiers de la télésurveillance.
Lors d’une candidature, il est donc important de vérifier :
- l’emploi-repère exact proposé ;
- le niveau de télésurveillance ;
- le coefficient conventionnel ;
- les missions réellement exercées ;
- la carte professionnelle demandée ;
- les compétences techniques attendues ;
- les horaires et l’organisation du centre.
Cette vérification est particulièrement importante pendant la période de transition, certaines entreprises ou offres d’emploi pouvant encore employer les anciennes appellations « SCT1 » ou « SCT2 ».
Sources et références
- Légifrance – Avenant du 3 septembre 2025 relatif aux métiers de la télésurveillance
- Légifrance – Nouvelle fiche Opérateur de télésurveillance niveau 2
- Légifrance – Nouvelle classification des emplois de télésurveillance
- Légifrance – Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité
- CNAPS – Site officiel
Les classifications, rémunérations, certifications et conditions d’exercice peuvent évoluer. Il convient de vérifier les dispositions conventionnelles et réglementaires applicables au moment de la formation ou du recrutement.
