Policier aux frontières : un métier au cœur du contrôle et de la sécurité des frontières
Le policier aux frontières exerce au sein des services de la Police nationale spécialisés dans le contrôle des frontières, la lutte contre l’immigration irrégulière et certaines formes de criminalité transfrontalière.
Ces missions sont aujourd’hui principalement organisées au sein de la Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF).
Les policiers peuvent être présents dans les aéroports internationaux, ports, gares internationales, points de passage frontaliers ainsi que dans différents services spécialisés intervenant sur les problématiques liées aux frontières.
Quel est le rôle du policier aux frontières ?
Le policier affecté à la police aux frontières participe à la protection des frontières et à l’application des réglementations françaises et européennes relatives à leur franchissement.
Selon son affectation et ses compétences, il peut notamment :
- effectuer des contrôles aux frontières ;
- vérifier l’identité des voyageurs et leurs documents de voyage ;
- contrôler les conditions d’entrée et de séjour lorsqu’elles relèvent de sa mission ;
- détecter des documents falsifiés, contrefaits ou utilisés frauduleusement ;
- participer à la lutte contre l’immigration irrégulière ;
- rechercher et constater certaines infractions liées au franchissement des frontières ;
- participer à la lutte contre les filières d’immigration irrégulière ;
- contribuer à la lutte contre certaines formes de criminalité transfrontalière ;
- participer aux procédures de non-admission ou d’éloignement dans le cadre fixé par la loi ;
- contribuer à la sécurisation des zones frontalières relevant de son service ;
- travailler avec les autorités françaises, étrangères et européennes compétentes.
Les missions varient fortement selon le service, le lieu d’affectation et les responsabilités du policier.
La Direction nationale de la police aux frontières
L’ancienne Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) a laissé place, dans le cadre de la réorganisation de la Police nationale, à la Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF).
La DNPAF constitue la direction spécialisée de la Police nationale chargée des problématiques liées aux frontières.
Ses missions concernent notamment :
- le contrôle transfrontière ;
- la lutte contre l’immigration irrégulière ;
- la lutte contre les filières organisant l’immigration irrégulière ;
- la fraude documentaire et à l’identité ;
- certaines formes de criminalité liées aux frontières ;
- la coopération avec les services français et étrangers compétents.
Le métier de « policier aux frontières » correspond donc davantage à une affectation ou à un domaine de spécialisation au sein de la Police nationale qu’à un corps professionnel distinct.
Le contrôle des voyageurs
Le contrôle transfrontière constitue l’une des missions les plus visibles.
Selon son poste, le policier peut être amené à examiner différents documents :
- passeport ;
- carte nationale d’identité ;
- visa ;
- titre de séjour ;
- documents nécessaires au voyage ou au franchissement de la frontière.
Le contrôle ne consiste pas uniquement à vérifier la présence d’un document.
Le policier doit également être capable de détecter certaines anomalies, incohérences ou indices de fraude et d’appliquer les procédures correspondant à la situation rencontrée.
La fraude documentaire et à l’identité
Les documents de voyage peuvent faire l’objet de falsifications, de contrefaçons ou d’utilisations frauduleuses.
La détection de ces pratiques constitue donc une dimension importante de certaines missions exercées aux frontières.
Les personnels concernés peuvent être formés à l’examen des documents et disposer d’outils permettant de faciliter leur contrôle.
Lorsqu’une anomalie est détectée, des vérifications complémentaires peuvent être réalisées conformément aux procédures applicables.
La lutte contre l’immigration irrégulière
La DNPAF joue également un rôle important dans la lutte contre l’immigration irrégulière.
Cette mission ne doit pas être réduite au seul contrôle des personnes à leur arrivée sur le territoire.
Elle peut également concerner :
- la détection des filières organisées ;
- la lutte contre les réseaux facilitant l’entrée ou le séjour irrégulier ;
- certaines fraudes documentaires ;
- l’aide à l’entrée ou au séjour irrégulier ;
- les investigations relevant des services spécialisés ;
- la coopération avec d’autres administrations françaises et étrangères.
Certaines de ces missions nécessitent des compétences judiciaires et sont exercées par des policiers disposant des habilitations correspondantes.
La lutte contre les filières et la criminalité transfrontalière
Certains services spécialisés de la police aux frontières mènent des investigations contre des organisations criminelles exploitant les mouvements transfrontaliers.
Les policiers peuvent notamment être confrontés à des réseaux organisés impliqués dans le trafic de migrants, la fraude documentaire ou d’autres infractions connexes relevant de leurs compétences.
Ces investigations peuvent nécessiter une coopération avec :
- d’autres directions de la Police nationale ;
- la Gendarmerie nationale ;
- la Douane ;
- l’autorité judiciaire ;
- les services étrangers ;
- les organismes européens compétents.
La lutte contre ces phénomènes repose donc largement sur le partage d’informations et la coopération internationale.
Frontières et espace Schengen
La France appartient à l’espace Schengen.
Le travail des policiers aux frontières s’inscrit donc dans un environnement juridique à la fois national et européen.
Les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen répondent à des règles communes.
Des contrôles aux frontières intérieures peuvent également être temporairement réintroduits dans les conditions prévues par le droit européen.
Le policier doit donc connaître et appliquer une réglementation susceptible d’évoluer en fonction du contexte juridique et sécuritaire.
Où travaille un policier aux frontières ?
Les environnements professionnels sont particulièrement variés.
Un policier affecté dans ces services peut notamment travailler :
- dans un aéroport international ;
- dans un port ;
- dans une gare internationale ;
- à un point de passage frontalier ;
- dans un service territorial spécialisé ;
- dans une unité chargée de la lutte contre l’immigration irrégulière ;
- dans un service spécialisé dans la fraude documentaire ;
- dans une unité d’investigation ;
- dans une structure de commandement ou d’analyse.
Les missions exercées dans un poste de contrôle aéroportuaire sont donc très différentes de celles d’un enquêteur travaillant sur une filière organisée.
Un environnement international
La dimension internationale constitue une caractéristique importante du métier.
Le policier peut être en contact quotidien avec des voyageurs de nombreuses nationalités et être amené à coopérer avec des services étrangers.
La maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères, notamment l’anglais, représente donc un avantage pour de nombreuses affectations.
Elle ne constitue cependant pas une condition générale permettant à elle seule d’accéder à la police aux frontières.
Les qualités recherchées
Les missions nécessitent notamment :
- rigueur ;
- vigilance ;
- sens de l’observation ;
- discernement ;
- maîtrise de soi ;
- respect des procédures ;
- capacité d’analyse ;
- qualités relationnelles ;
- capacité à travailler en équipe ;
- discrétion professionnelle ;
- capacité à rendre compte ;
- adaptabilité.
Dans les fonctions comportant un contact important avec les voyageurs, le policier doit également savoir faire preuve de calme, pédagogie et professionnalisme.
Comment devenir policier aux frontières ?
Il n’existe pas un concours unique permettant de devenir directement « policier aux frontières ».
Il faut d’abord intégrer la Police nationale par l’une des voies correspondant au niveau de responsabilité recherché, puis obtenir une affectation ou rejoindre un service relevant de la police aux frontières selon les postes proposés et les besoins de l’administration.
Plusieurs corps et statuts peuvent ainsi être représentés au sein de ces services.
Parmi les principales voies d’accès à la Police nationale figurent notamment :
- policier adjoint, accessible sans condition de diplôme ;
- gardien de la paix, par les voies de recrutement correspondantes ;
- officier de police ;
- commissaire de police ;
- différents personnels administratifs, techniques, scientifiques ou spécialisés selon les fonctions recherchées.
Les conditions d’accès diffèrent selon la voie choisie.
La sélection et la formation
La sélection dépend du recrutement choisi.
Un candidat souhaitant devenir gardien de la paix ne suit donc pas le même processus qu’un policier adjoint, un officier ou un commissaire.
Après réussite du recrutement correspondant, le candidat suit la formation prévue pour son corps ou son statut.
Une affectation dans un service de la police aux frontières peut ensuite nécessiter des formations ou adaptations complémentaires liées aux missions exercées, notamment en matière de :
- contrôle transfrontière ;
- réglementation applicable aux étrangers ;
- documents de voyage ;
- fraude documentaire ;
- procédures professionnelles ;
- outils et systèmes utilisés aux frontières.
Il est préférable de ne pas conserver une durée unique de formation dans cette fiche, puisqu’elle dépend de la voie d’accès à la Police nationale et de la fonction exercée.
Conditions de travail
Les frontières et infrastructures internationales fonctionnent souvent sur de très larges amplitudes horaires.
Selon son affectation, le policier peut travailler :
- tôt le matin ;
- en journée ;
- en soirée ;
- de nuit ;
- les week-ends ;
- les jours fériés.
Certaines fonctions sont principalement réalisées au contact du public tandis que d’autres relèvent davantage de l’investigation, de l’analyse ou du travail administratif.
Rémunération
Il n’existe pas un salaire unique de « policier aux frontières ».
La rémunération dépend notamment :
- du corps d’appartenance ;
- du grade ;
- de l’ancienneté ;
- de l’affectation ;
- des fonctions exercées ;
- des primes et indemnités applicables.
Un policier adjoint, un gardien de la paix, un officier et un commissaire affectés dans les services chargés des frontières disposent de statuts et de rémunérations différents.
Il est donc préférable de consulter les informations officielles correspondant au recrutement envisagé plutôt que de conserver une estimation générale de salaire.
Évolutions professionnelles
Une expérience au sein de la police aux frontières peut permettre d’acquérir des compétences dans différents domaines :
- contrôle transfrontière ;
- fraude documentaire ;
- immigration irrégulière ;
- investigation ;
- renseignement opérationnel ;
- coopération internationale ;
- encadrement ;
- analyse.
Les possibilités d’évolution dépendent du corps d’appartenance, du parcours professionnel, des qualifications détenues, des sélections internes et des besoins de la Police nationale.
À retenir
Le policier aux frontières :
- appartient à la Police nationale ;
- peut exercer au sein de la Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF) ;
- n’appartient pas à un corps professionnel distinct appelé « PAF » ;
- peut participer au contrôle des personnes franchissant les frontières ;
- vérifie les documents de voyage et les conditions de franchissement lorsqu’elles relèvent de ses missions ;
- contribue à la lutte contre l’immigration irrégulière ;
- peut participer à la lutte contre la fraude documentaire ;
- peut contribuer à des investigations contre des filières organisées selon son affectation et ses habilitations ;
- peut exercer dans les aéroports, ports, gares internationales et autres services spécialisés ;
- évolue dans un environnement fortement influencé par le droit français et européen ;
- peut travailler en coopération avec de nombreux services français et étrangers ;
- doit faire preuve de rigueur, vigilance, discernement et maîtrise de soi.
Informations et recrutement
Pour exercer au sein de la police aux frontières, il faut d’abord rejoindre la Police nationale par une voie de recrutement correspondant au statut ou au corps recherché.
Les concours, sélections, conditions d’accès, affectations et postes proposés évoluent régulièrement.
Sources et références
- Police nationale – Direction nationale de la police aux frontières :
Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF) - Police nationale – Les métiers :
Découvrir les métiers de la Police nationale - Police nationale – Concours et sélections :
Inscriptions aux concours et sélections - Légifrance – Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
CESEDA - Commission européenne – Espace Schengen :
Espace Schengen
Les appellations de postes, voies de recrutement, spécialités et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la Police nationale. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.
