Policier secouriste en montagne
Le policier secouriste en montagne est un fonctionnaire de la Police nationale spécialisé dans les opérations de secours, de recherche et d’assistance en milieu montagnard.
Il intervient dans des environnements pouvant présenter des contraintes importantes : altitude, neige, glace, parois rocheuses, avalanches, canyons, conditions météorologiques dégradées ou secteurs difficiles d’accès.
Cette spécialité associe une double compétence particulièrement exigeante : secours en montagne et missions de police judiciaire liées aux interventions réalisées.
Quel est son rôle ?
Le policier secouriste en montagne intervient lorsqu’une personne est victime d’un accident, portée disparue ou confrontée à une situation de détresse en montagne.
Selon les circonstances, ses missions peuvent notamment consister à :
- rechercher des personnes disparues ou en difficulté ;
- secourir des personnes blessées ou bloquées ;
- participer à des opérations en haute montagne ;
- intervenir sur des terrains enneigés, glaciaires ou rocheux ;
- participer aux secours liés aux avalanches ;
- intervenir dans des canyons ou autres environnements difficiles d’accès ;
- participer à des opérations nécessitant l’emploi de techniques de progression sur corde ;
- contribuer à l’évacuation des victimes ;
- participer aux opérations réalisées avec des moyens aériens ;
- assurer le traitement judiciaire de certaines interventions ;
- participer aux actions de prévention des accidents en montagne ;
- contribuer à la sécurisation de manifestations ou d’événements en milieu montagnard.
Il s’agit donc d’une spécialité dans laquelle l’expertise technique du milieu montagnard complète les compétences professionnelles du policier.
Les unités de la Police nationale en montagne
Les policiers secouristes en montagne exercent notamment au sein des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) spécialisées dans le secours en montagne.
Les unités de montagne de la Police nationale interviennent dans plusieurs massifs français.
Selon les territoires et l’organisation des secours, les missions peuvent être assurées en coordination ou selon les dispositifs territoriaux avec d’autres acteurs spécialisés, notamment :
- les unités spécialisées de la Gendarmerie nationale ;
- les services d’incendie et de secours ;
- les services médicaux d’urgence ;
- les équipages d’hélicoptères ;
- différents acteurs spécialisés du secours en montagne.
L’organisation du secours en montagne repose ainsi sur une coordination opérationnelle entre plusieurs services publics spécialisés.
Rechercher et secourir les personnes en détresse
Le cœur du métier reste le secours aux personnes.
Les interventions peuvent concerner :
- des randonneurs ;
- des alpinistes ;
- des skieurs ;
- des pratiquants de sports de montagne ;
- des professionnels travaillant en altitude ;
- des personnes égarées ;
- des victimes d’accidents ;
- des personnes prises dans une avalanche ;
- toute personne confrontée à une situation de détresse en milieu montagnard.
Les policiers doivent parfois progresser dans des secteurs particulièrement difficiles pour atteindre la victime.
La rapidité de l’intervention doit constamment être conciliée avec la sécurité des secouristes et de la personne à secourir.
Des interventions dans des milieux techniques
La montagne impose des compétences qui dépassent largement celles nécessaires à une intervention policière classique.
Le policier secouriste doit être capable d’évoluer dans différents environnements :
- haute montagne ;
- neige ;
- glace ;
- terrains rocheux ;
- parois ;
- pentes importantes ;
- canyons ;
- terrains accidentés ou isolés.
Il doit maîtriser différentes techniques de progression, de sécurité et de secours adaptées à ces environnements.
Les conditions météorologiques peuvent également changer très rapidement et imposer une évaluation permanente des risques.
Les interventions avec hélicoptère
Les moyens aériens occupent une place importante dans de nombreuses opérations de secours en montagne.
Selon les situations et les dispositifs engagés, les policiers secouristes peuvent travailler avec des équipages d’hélicoptères permettant notamment :
- de rejoindre rapidement une zone difficile d’accès ;
- de déposer des secouristes à proximité d’une victime ;
- de récupérer une personne blessée ;
- de réaliser certaines opérations techniques ;
- d’évacuer rapidement une victime vers une structure adaptée.
Ces interventions nécessitent une coordination particulièrement rigoureuse entre les secouristes, équipages aériens et personnels médicaux.
Secours et mission judiciaire
Une particularité importante du policier secouriste en montagne réside dans son appartenance à la Police nationale.
Son intervention peut donc comporter, en plus du secours, une dimension judiciaire.
Lorsqu’un accident grave ou mortel survient, les circonstances peuvent nécessiter des constatations et investigations permettant d’en déterminer les causes.
Selon leurs qualifications et compétences judiciaires, les policiers peuvent participer au traitement de l’événement, à la préservation des éléments utiles et aux actes relevant de leurs attributions.
Le secours à la victime reste naturellement prioritaire lorsque la situation l’exige.
Prévenir les accidents en montagne
Les policiers spécialisés participent également à la prévention des risques en montagne.
Leur expérience opérationnelle leur permet de sensibiliser les pratiquants aux dangers liés notamment :
- aux conditions météorologiques ;
- aux avalanches ;
- à l’altitude ;
- au froid ;
- aux équipements inadaptés ;
- à une préparation insuffisante ;
- à la méconnaissance de l’itinéraire ;
- à une mauvaise évaluation de son niveau ;
- aux évolutions rapides des conditions du terrain.
L’objectif est de développer des comportements permettant de réduire le nombre d’accidents et d’interventions évitables.
Un métier physiquement très exigeant
Le policier secouriste doit disposer d’une excellente condition physique.
Les opérations peuvent nécessiter plusieurs heures d’effort dans des conditions difficiles, parfois avec du matériel lourd et sur des terrains techniques.
Les qualités nécessaires comprennent notamment :
- endurance ;
- résistance physique ;
- maîtrise technique ;
- aisance en altitude ;
- maîtrise du ski ;
- capacités en escalade ;
- aptitude à évoluer sur terrain accidenté ;
- capacité à travailler sous pression.
La condition physique doit être entretenue tout au long de la carrière.
Les qualités recherchées
Au-delà des compétences sportives et techniques, cette spécialité nécessite :
- sang-froid ;
- maîtrise de soi ;
- discernement ;
- rigueur ;
- capacité d’analyse ;
- esprit d’équipe ;
- capacité à prendre des décisions dans un environnement contraignant ;
- sens des responsabilités ;
- capacité d’adaptation ;
- résistance au stress ;
- disponibilité ;
- sens du service public.
En montagne, une mauvaise décision peut avoir des conséquences graves pour la victime comme pour les secouristes.
Le travail collectif et la confiance entre équipiers sont donc essentiels.
Comment devenir policier secouriste en montagne ?
Il n’existe pas de concours externe permettant à un candidat civil de devenir directement policier secouriste en montagne.
Il faut d’abord intégrer la Police nationale, puis accéder à cette spécialité selon les conditions et sélections internes en vigueur.
Cette distinction est importante : contrairement à ce qu’indiquait l’ancienne fiche, le recrutement de policier adjoint ne constitue pas la voie permettant d’exercer directement le métier de policier secouriste en montagne.
Les fonctions opérationnelles spécialisées de secours en montagne sont exercées par des policiers titulaires ayant réussi les sélections et formations correspondantes.
La sélection
L’accès à la spécialité nécessite un niveau physique et technique élevé en montagne.
Les modalités exactes peuvent évoluer, mais les sélections permettent notamment d’évaluer les capacités du candidat dans plusieurs domaines liés au milieu montagnard.
Elles peuvent porter sur :
- l’endurance ;
- la progression en montagne ;
- le ski ;
- l’escalade ;
- l’évolution en terrain accidenté ;
- les capacités techniques ;
- l’aptitude à travailler dans un environnement exigeant ;
- la motivation.
La simple pratique occasionnelle de la montagne ne suffit donc pas.
Le candidat doit présenter un niveau sportif et technique compatible avec les exigences du secours professionnel en montagne.
La formation spécialisée
Après la sélection, le policier suit un parcours de formation spécifique au secours en montagne.
Celui-ci permet progressivement d’acquérir ou de perfectionner des compétences concernant notamment :
- le secours en montagne ;
- les techniques de progression ;
- l’alpinisme ;
- le ski ;
- la neige et les avalanches ;
- les techniques sur corde ;
- le secours en paroi ;
- le canyonisme selon les qualifications recherchées ;
- le secourisme ;
- les procédures opérationnelles ;
- la sécurité des interventions.
Les qualifications sont ensuite entretenues et perfectionnées au cours de la carrière.
Il est préférable de ne plus présenter l’ancienne durée de 19 semaines comme une durée générale et permanente : le parcours de qualification dépend des formations, niveaux de spécialisation et modalités en vigueur.
Une formation continue indispensable
La compétence d’un secouriste en montagne doit être régulièrement entretenue.
L’entraînement fait donc partie intégrante de l’activité professionnelle.
Les policiers doivent maintenir leurs capacités :
- physiques ;
- techniques ;
- opérationnelles ;
- médicales et de secourisme selon leurs qualifications ;
- de progression en montagne ;
- de travail en équipe.
Ils doivent également s’adapter à l’évolution des techniques, matériels et procédures de secours.
Des conditions de travail particulières
Les accidents ne se produisent pas uniquement lorsque les conditions sont favorables.
Le policier secouriste peut intervenir :
- de jour ;
- de nuit ;
- le week-end ;
- les jours fériés ;
- par grand froid ;
- sous la neige ;
- dans le brouillard ;
- dans des secteurs isolés ;
- dans des environnements présentant des risques objectifs importants.
Certaines opérations peuvent durer plusieurs heures.
Le métier comporte également une dimension psychologique importante, notamment lors d’accidents graves, de recherches prolongées ou d’interventions impliquant des victimes décédées.
Équipement
Les équipements utilisés dépendent du type d’intervention, de la saison et de l’environnement.
Ils peuvent notamment comprendre :
- vêtements techniques ;
- chaussures de montagne ;
- skis ;
- crampons ;
- piolets ;
- casques ;
- cordes ;
- baudriers ;
- matériels de progression ;
- équipements de recherche ;
- matériels de secours ;
- moyens de communication ;
- équipements de protection.
Le matériel doit être parfaitement connu et régulièrement contrôlé.
Rémunération
Il n’existe pas un salaire unique de « policier secouriste en montagne ».
La rémunération dépend notamment :
- du corps et du grade ;
- de l’ancienneté ;
- de l’affectation ;
- des fonctions exercées ;
- des primes et indemnités applicables.
Les informations officielles de la Police nationale correspondant au corps d’appartenance constituent donc la référence pour connaître les conditions de rémunération.
Évolutions professionnelles
L’expérience acquise en secours en montagne permet de développer une expertise particulièrement spécialisée.
Selon le parcours, les qualifications obtenues, les sélections internes et les besoins du service, le policier peut progressivement accéder à :
- des niveaux supérieurs de qualification technique ;
- des responsabilités d’encadrement ;
- des fonctions de formation ;
- des missions spécialisées ;
- des responsabilités opérationnelles au sein des unités de montagne.
L’évolution repose fortement sur l’expérience, la formation continue et le maintien d’un haut niveau technique.
À retenir
Le policier secouriste en montagne :
- appartient à la Police nationale ;
- exerce notamment au sein d’unités spécialisées des CRS ;
- recherche, secourt et assiste les personnes en détresse en montagne ;
- intervient dans des environnements difficiles et parfois dangereux ;
- peut participer à des opérations avec des moyens aériens ;
- associe les compétences du policier et du secouriste spécialisé en montagne ;
- peut participer au traitement judiciaire des accidents selon ses compétences ;
- contribue aux actions de prévention des risques ;
- doit disposer d’un excellent niveau physique et technique ;
- maîtrise différentes techniques de progression et de secours ;
- travaille en coordination avec d’autres professionnels du secours ;
- doit suivre une sélection et une formation spécialisées ;
- entretient ses compétences tout au long de sa carrière ;
- doit faire preuve de sang-froid, rigueur, discernement et esprit d’équipe.
Informations et recrutement
Le secours en montagne constitue une spécialité de la Police nationale accessible après avoir intégré l’institution et sous réserve de satisfaire aux conditions et sélections professionnelles correspondantes.
Les modalités de sélection, les qualifications demandées et les parcours de formation pouvant évoluer, les informations officielles doivent être vérifiées au moment où le policier envisage de rejoindre cette spécialité.
Sources et références
- Police nationale – Les métiers :
Découvrir les métiers de la Police nationale - Police nationale – Compagnies républicaines de sécurité :
Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité - Police nationale – Concours et sélections :
Inscriptions aux concours et sélections - Ministère de l’Intérieur – Police nationale :
Police nationale
Les appellations de postes, voies de recrutement, spécialités et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la Police nationale. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.
