Policier en aéroport

Policier en aéroport

Le policier en aéroport est un fonctionnaire de la Police nationale affecté sur une plateforme aéroportuaire. Selon son service, il peut participer à des missions de contrôle aux frontières, sécurité publique, lutte contre l’immigration irrégulière, police judiciaire, prévention et intervention.

Dans les grands aéroports internationaux, une partie importante de ces missions relève des services de la Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF).

« Policier en aéroport » ne désigne toutefois ni un corps ni un concours spécifique : plusieurs catégories de personnels de la Police nationale peuvent exercer dans l’environnement aéroportuaire selon leur affectation.

Quel est son rôle ?

Les missions dépendent fortement du service auquel le policier est affecté.

Il peut notamment :

  • participer au contrôle des frontières ;
  • contrôler les documents de voyage ;
  • vérifier les conditions de franchissement de la frontière ;
  • participer à la détection de fraudes documentaires ;
  • contribuer à la lutte contre l’immigration irrégulière ;
  • participer aux procédures concernant les personnes non admises sur le territoire ;
  • assurer ou appuyer certaines missions de sécurité publique sur la plateforme ;
  • intervenir lors d’incidents ou de troubles ;
  • participer à la sécurisation de certaines zones ;
  • traiter des situations nécessitant une intervention policière ;
  • contribuer à certaines investigations relevant des compétences de son service ;
  • travailler avec les autres acteurs chargés de la sécurité et du fonctionnement de l’aéroport.

L’activité varie donc considérablement entre un policier affecté au contrôle transfrontière, un policier intervenant sur une mission de sécurité publique et un enquêteur spécialisé.

Le contrôle aux frontières

Dans les aéroports internationaux constituant des points de passage aux frontières, le contrôle des voyageurs représente l’une des missions les plus visibles.

Les policiers concernés peuvent vérifier notamment :

  • les passeports ;
  • les cartes nationales d’identité ;
  • les visas ;
  • les titres de séjour ;
  • les autres documents nécessaires au franchissement de la frontière.

Le contrôle consiste également à vérifier, lorsque la réglementation le prévoit, si la personne remplit les conditions permettant son entrée ou sa sortie du territoire.

Les policiers doivent être capables de détecter certaines anomalies susceptibles de révéler une fraude ou de nécessiter des vérifications complémentaires.

La fraude documentaire et à l’identité

Les plateformes internationales sont confrontées à l’utilisation de documents falsifiés, contrefaits ou utilisés frauduleusement.

La fraude documentaire et à l’identité constitue donc un domaine important pour certains personnels de la police aux frontières.

Selon leurs fonctions et leur niveau de spécialisation, les policiers peuvent être amenés à :

  • examiner des documents ;
  • identifier certaines anomalies ;
  • effectuer ou demander des vérifications complémentaires ;
  • exploiter les outils professionnels mis à leur disposition ;
  • appliquer les procédures correspondant à la situation constatée.

Des personnels et services spécialisés peuvent approfondir les examens lorsque cela est nécessaire.

La lutte contre l’immigration irrégulière

La police aux frontières joue également un rôle majeur dans la lutte contre l’immigration irrégulière.

Dans l’environnement aéroportuaire, les policiers peuvent notamment être confrontés à :

  • des personnes ne remplissant pas les conditions d’entrée ;
  • des documents frauduleux ;
  • des tentatives de franchissement irrégulier ;
  • des situations nécessitant l’application du droit des étrangers ;
  • des réseaux organisant ou facilitant certaines formes d’immigration irrégulière.

Les procédures sont encadrées notamment par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) et par le droit européen applicable.

Les personnes non admises sur le territoire

Lorsqu’un voyageur ne remplit pas les conditions permettant son admission sur le territoire, une procédure spécifique peut être mise en œuvre par les autorités compétentes.

Selon sa fonction, le policier peut participer :

  • aux vérifications nécessaires ;
  • à la notification ou à l’exécution des procédures relevant de ses compétences ;
  • à la surveillance ou à l’accompagnement des personnes concernées ;
  • aux transferts prévus par les procédures ;
  • aux opérations liées au réacheminement lorsqu’elles sont décidées conformément au cadre juridique applicable.

Certains grands aéroports disposent de zones d’attente destinées aux personnes relevant des situations prévues par la législation.

Ces procédures sont strictement encadrées par le droit.

Sécurité publique et interventions sur la plateforme

Un aéroport est également un espace accueillant chaque jour un nombre important de voyageurs, salariés, prestataires et visiteurs.

Des événements sans lien direct avec le contrôle des frontières peuvent donc nécessiter une intervention policière.

Selon l’organisation locale et le service compétent, les policiers peuvent être mobilisés lors :

  • d’un trouble à l’ordre public ;
  • d’une agression ;
  • d’un vol ;
  • d’un différend ;
  • d’une personne en difficulté ;
  • d’une situation présentant un risque pour les personnes ;
  • d’un bagage ou objet nécessitant l’application d’une procédure de sécurité ;
  • d’une évacuation ou d’un événement exceptionnel ;
  • d’une opération particulière de sécurisation.

Les missions précises sont réparties entre les différents services compétents présents sur la plateforme.

Police, Douane et sûreté aéroportuaire : des missions différentes

L’environnement aéroportuaire rassemble de nombreux professionnels de la sécurité.

Leurs fonctions ne doivent pas être confondues.

Le policier exerce les missions relevant de la Police nationale et de ses compétences légales.

Les agents des douanes disposent de leurs propres missions et pouvoirs, notamment dans le contrôle des marchandises, la lutte contre les trafics et l’application de la réglementation douanière.

Les agents de sûreté aéroportuaire sont des professionnels spécialement formés et certifiés qui réalisent notamment des opérations de contrôle de sûreté destinées à empêcher l’introduction d’articles prohibés dans certaines zones ou à bord des aéronefs.

Ainsi, contrairement à ce qu’indiquait l’ancienne fiche, l’inspection courante des passagers et bagages dans le cadre du filtrage de sûreté n’est pas une mission générale du policier en aéroport.

Une coopération permanente

Le fonctionnement sécurisé d’un aéroport nécessite une coordination entre de nombreux acteurs.

Selon les situations, le policier peut travailler avec :

  • d’autres services de la Police nationale ;
  • la Douane ;
  • la Gendarmerie nationale lorsque ses compétences sont concernées ;
  • les services de secours ;
  • les gestionnaires aéroportuaires ;
  • les compagnies aériennes ;
  • les agents de sûreté aéroportuaire ;
  • les services de l’État présents sur la plateforme ;
  • les autorités judiciaires ;
  • les autorités étrangères et européennes compétentes.

Chaque acteur conserve ses propres missions et prérogatives.

Un environnement international

Les policiers en aéroport sont régulièrement en contact avec des personnes de nationalités et de cultures très différentes.

La maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères, particulièrement l’anglais, peut constituer un avantage important.

Le policier doit également être capable :

  • de communiquer clairement ;
  • d’adapter son comportement à son interlocuteur ;
  • de gérer des situations conflictuelles ;
  • de conserver son calme ;
  • d’expliquer une procédure ;
  • d’agir avec discernement.

La dimension relationnelle est particulièrement importante dans un environnement où les voyageurs peuvent être stressés, désorientés ou confrontés à une difficulté administrative.

Frontières et espace Schengen

La France appartient à l’espace Schengen.

Les missions réalisées dans les aéroports internationaux doivent donc tenir compte du cadre juridique français et européen applicable aux frontières.

La nature du contrôle dépend notamment de l’origine ou de la destination du voyage et du statut de la frontière concernée.

Les policiers doivent ainsi maîtriser une réglementation complexe et susceptible d’évoluer.

Les qualités recherchées

Exercer dans un environnement aéroportuaire nécessite notamment :

  • vigilance ;
  • rigueur ;
  • sens de l’observation ;
  • discernement ;
  • maîtrise de soi ;
  • capacité d’analyse ;
  • respect des procédures ;
  • qualités relationnelles ;
  • capacité à travailler en équipe ;
  • réactivité ;
  • discrétion professionnelle ;
  • capacité à rendre compte ;
  • adaptabilité.

La capacité à rester concentré dans un environnement caractérisé par des flux importants de voyageurs est également essentielle.

Conditions de travail

Les grands aéroports fonctionnent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Selon son affectation et son organisation de service, le policier peut donc travailler :

  • tôt le matin ;
  • en journée ;
  • en soirée ;
  • de nuit ;
  • les week-ends ;
  • les jours fériés.

Il peut exercer dans des espaces accueillant un public très nombreux, dans des zones réglementées ou dans différents locaux opérationnels de la plateforme.

Comment devenir policier en aéroport ?

Il n’existe pas de concours spécifique de « policier en aéroport ».

Il faut d’abord intégrer la Police nationale, puis obtenir une affectation correspondant à ce type d’environnement.

Plusieurs voies peuvent conduire à exercer dans un aéroport, notamment selon les fonctions recherchées :

  • policier adjoint ;
  • gardien de la paix ;
  • officier de police ;
  • commissaire de police ;
  • personnels spécialisés ou de soutien selon les postes proposés.

Les conditions d’accès sont différentes selon le corps ou le statut choisi.

L’affectation en police aux frontières

Pour un policier déjà en fonction, l’accès à un poste relevant de la police aux frontières dépend notamment :

  • des postes disponibles ;
  • des procédures de mobilité ;
  • du corps et du grade ;
  • du profil recherché ;
  • des compétences détenues ;
  • des besoins de la Police nationale.

Il ne faut donc pas présenter l’affectation en aéroport comme nécessitant systématiquement un « jury de sélection » : les modalités peuvent varier selon le poste et la procédure concernée.

Formation

La formation initiale dépend du corps ou du statut par lequel le candidat intègre la Police nationale.

Après une affectation dans un service chargé des frontières, des formations ou adaptations professionnelles peuvent être organisées selon les fonctions exercées.

Elles peuvent notamment concerner :

  • le contrôle transfrontière ;
  • la réglementation applicable ;
  • les documents de voyage ;
  • la fraude documentaire ;
  • les procédures relatives aux étrangers ;
  • les outils professionnels ;
  • la sûreté de l’environnement aéroportuaire ;
  • les procédures spécifiques au poste.

Il est préférable de ne plus présenter l’ancienne formation d’adaptation de 15 jours comme une durée générale et permanente applicable à tous les policiers affectés en aéroport.

Rémunération

Il n’existe pas de rémunération propre au métier générique de « policier en aéroport ».

Elle dépend notamment :

  • du corps ;
  • du grade ;
  • de l’ancienneté ;
  • de l’affectation ;
  • des fonctions exercées ;
  • des primes et indemnités applicables.

Les informations officielles correspondant au recrutement ou au corps concerné doivent être consultées pour connaître les conditions de rémunération.

Évolutions professionnelles

Une affectation dans un environnement aéroportuaire peut permettre de développer des compétences dans différents domaines :

  • contrôle aux frontières ;
  • fraude documentaire ;
  • immigration irrégulière ;
  • investigation ;
  • sécurité publique ;
  • coopération internationale ;
  • renseignement opérationnel ;
  • encadrement.

Les possibilités d’évolution dépendent du corps d’appartenance, de l’expérience, des qualifications, des sélections internes et des besoins de l’administration.

À retenir

Le policier en aéroport :

  • appartient à la Police nationale ;
  • peut notamment exercer dans un service relevant de la DNPAF ;
  • n’appartient pas à un corps professionnel spécifique appelé « policier en aéroport » ;
  • peut participer au contrôle des frontières ;
  • peut vérifier les documents de voyage et les conditions de franchissement ;
  • peut contribuer à la lutte contre l’immigration irrégulière ;
  • peut participer à la détection de fraudes documentaires ;
  • peut intervenir dans différentes situations de sécurité publique selon son service ;
  • travaille dans un environnement international ;
  • coopère avec de nombreux autres acteurs de la sécurité aéroportuaire ;
  • ne doit pas être confondu avec un agent de sûreté aéroportuaire ou un agent des douanes ;
  • peut travailler de jour comme de nuit ;
  • doit faire preuve de rigueur, vigilance, discernement, réactivité et maîtrise de soi.

Informations et recrutement

Pour devenir policier en aéroport, il faut d’abord intégrer la Police nationale par une voie de recrutement correspondant au statut ou au corps recherché.

Les affectations, postes disponibles et modalités de mobilité évoluent selon les besoins de l’administration.

Sources et références

Les appellations de postes, voies de recrutement, spécialités et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la Police nationale. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.