Policier motocycliste

Policier motocycliste

Le policier motocycliste est un fonctionnaire de la Police nationale spécialement formé à l’utilisation opérationnelle d’une motocyclette dans le cadre de ses missions.

Il peut notamment intervenir dans les domaines de la sécurité routière, du contrôle des flux de circulation, des escortes, de la sécurisation, de l’intervention et de la lutte contre certaines formes de délinquance.

Il ne s’agit pas d’un corps ou d’un concours spécifique : la fonction de motocycliste constitue une spécialité accessible à des policiers après sélection et formation professionnelle, selon les postes proposés et les besoins de la Police nationale.

Quel est son rôle ?

Selon son unité et son affectation, le policier motocycliste peut notamment :

  • participer à la surveillance du réseau routier ;
  • contrôler le respect du Code de la route ;
  • lutter contre les comportements dangereux ;
  • participer à des opérations de contrôle routier ;
  • surveiller et faciliter la circulation ;
  • participer à la régulation du trafic ;
  • intervenir rapidement sur certains événements ;
  • porter assistance aux usagers de la route ;
  • participer à la sécurisation d’accidents ;
  • réaliser des missions d’escorte ou de guidage ;
  • participer à des dispositifs de sécurisation ;
  • contribuer à certaines missions de lutte contre la délinquance ;
  • participer à des actions de prévention routière.

Les missions varient selon l’unité dans laquelle le motocycliste est affecté.

La sécurité routière

La sécurité routière constitue l’un des principaux domaines d’intervention des policiers motocyclistes.

Grâce à leur mobilité, ils peuvent participer à la surveillance des comportements présentant un risque pour les usagers.

Les contrôles peuvent notamment concerner :

  • les excès de vitesse ;
  • l’alcool au volant ;
  • la conduite après usage de stupéfiants ;
  • l’utilisation du téléphone au volant ;
  • le non-respect des règles de priorité ;
  • les équipements obligatoires ;
  • les comportements dangereux ;
  • certaines règles applicables aux véhicules et aux transports routiers.

L’objectif associe prévention, contrôle et lutte contre l’insécurité routière.

Une grande mobilité opérationnelle

La motocyclette offre des capacités particulières de déplacement.

Elle permet notamment au policier de :

  • progresser plus facilement dans une circulation dense ;
  • rejoindre rapidement certains lieux d’intervention ;
  • se déplacer au sein d’un dispositif routier ;
  • accompagner ou guider un convoi ;
  • sécuriser certains axes ;
  • adapter rapidement son positionnement aux conditions de circulation.

Cette mobilité constitue l’un des principaux intérêts opérationnels de la spécialité.

Elle implique toutefois une maîtrise particulièrement élevée de la conduite, car le motocycliste doit simultanément gérer son environnement routier, sa mission et sa propre sécurité.

Les contrôles routiers

Le policier motocycliste peut participer à des opérations de contrôle organisées sur le réseau routier.

Selon ses compétences et le dispositif engagé, il peut notamment contribuer :

  • au contrôle des conducteurs ;
  • au contrôle des véhicules ;
  • à la détection des comportements dangereux ;
  • aux opérations de contrôle de vitesse ;
  • aux contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants dans le cadre juridique applicable ;
  • à l’interception de véhicules lorsque les conditions opérationnelles le permettent ;
  • à la sécurisation de la zone de contrôle.

Le policier doit constamment tenir compte du risque représenté par la circulation environnante.

Intervenir lors d’un accident

Le motocycliste peut être amené à intervenir rapidement sur les lieux d’un accident.

Selon la situation, il peut notamment :

  • sécuriser les lieux ;
  • signaler le danger ;
  • protéger les victimes et les autres usagers ;
  • participer à la régulation de la circulation ;
  • faciliter l’arrivée des secours ;
  • contribuer à la mise en place d’un périmètre ;
  • transmettre les premières informations nécessaires ;
  • participer aux opérations relevant de son service et de ses compétences.

La prévention du suraccident constitue alors une priorité.

Les escortes et guidages

Les policiers motocyclistes peuvent également participer à des missions d’escorte et de guidage.

Selon les circonstances et les unités concernées, ces missions peuvent être organisées pour faciliter ou sécuriser le déplacement de certains convois, véhicules prioritaires, délégations ou personnalités.

Le motocycliste doit alors :

  • anticiper les difficultés de circulation ;
  • maintenir la cohérence du dispositif ;
  • sécuriser les intersections ou passages nécessaires selon la mission ;
  • communiquer avec les autres membres de l’équipe ;
  • adapter son déplacement à l’environnement.

Ces opérations nécessitent coordination, précision et discipline collective.

Des missions au-delà de la sécurité routière

Tous les policiers motocyclistes ne sont pas exclusivement affectés à la sécurité routière.

Selon les unités et l’organisation de la Police nationale, les capacités offertes par la motocyclette peuvent également être utilisées dans des missions de sécurisation et d’intervention.

Le motocycliste peut ainsi participer à certains dispositifs permettant :

  • d’accroître la mobilité des policiers ;
  • de renforcer rapidement un secteur ;
  • de surveiller certains axes ;
  • d’intervenir en complément d’autres équipages ;
  • de participer à des opérations de sécurisation.

Les missions exactes dépendent de l’unité d’affectation et des besoins opérationnels.

Une conduite professionnelle spécifique

Conduire une motocyclette de police ne consiste pas simplement à disposer d’un permis moto et à savoir circuler sur la voie publique.

Le policier motocycliste doit maîtriser une conduite professionnelle adaptée aux missions de police.

La formation et l’entraînement portent notamment sur :

  • la maîtrise de la motocyclette ;
  • les trajectoires ;
  • le freinage ;
  • l’évitement ;
  • la conduite à différentes vitesses ;
  • la circulation en environnement urbain ;
  • la conduite sur route ;
  • la maîtrise du véhicule dans des situations difficiles ;
  • les déplacements en dispositif ;
  • les techniques professionnelles propres aux missions motocyclistes.

La sécurité du policier, de ses collègues et des autres usagers reste prioritaire.

Une spécialité exigeante physiquement

La conduite professionnelle d’une motocyclette demande une bonne condition physique.

Le motocycliste est exposé :

  • au froid ;
  • à la chaleur ;
  • à la pluie ;
  • au vent ;
  • aux vibrations ;
  • aux longues périodes de conduite ;
  • aux changements rapides de conditions de circulation.

Il doit conserver une concentration permanente, même après plusieurs heures de service.

Le risque routier fait partie intégrante de la spécialité et impose une vigilance constante.

Les qualités recherchées

Le policier motocycliste doit notamment posséder :

  • une excellente maîtrise de soi ;
  • vigilance ;
  • concentration ;
  • anticipation ;
  • réactivité ;
  • discernement ;
  • rigueur ;
  • bonne condition physique ;
  • sens de l’observation ;
  • capacité à travailler en équipe ;
  • respect des procédures ;
  • capacité à prendre rapidement une décision adaptée ;
  • sens des responsabilités.

La recherche de performance ou de vitesse n’est pas l’objectif du métier : la conduite doit rester professionnelle, maîtrisée et adaptée à la mission.

Comment devenir policier motocycliste ?

Il n’existe pas de concours externe spécifique permettant de devenir directement policier motocycliste.

Il faut d’abord intégrer la Police nationale, notamment comme gardien de la paix, officier ou commissaire selon le parcours professionnel envisagé, puis accéder à la spécialité motocycliste selon les modalités internes applicables.

L’accès dépend notamment :

  • du corps d’appartenance ;
  • de l’expérience professionnelle requise ;
  • des postes et campagnes de sélection ;
  • de l’aptitude médicale ;
  • des compétences recherchées ;
  • de la réussite aux épreuves de sélection ;
  • des besoins de la Police nationale.

Contrairement à l’ancienne présentation de cette fiche, le recrutement comme policier adjoint ne doit pas être présenté comme la voie normale permettant d’accéder directement à cette spécialité.

La sélection

L’accès à la formation motocycliste est sélectif.

Les modalités peuvent évoluer selon les campagnes et les catégories de personnels concernées.

Les évaluations peuvent notamment permettre d’apprécier :

  • les aptitudes à la conduite ;
  • la coordination ;
  • l’équilibre ;
  • les capacités physiques ;
  • la connaissance de l’environnement routier ;
  • la capacité à respecter les consignes ;
  • la maîtrise de soi ;
  • la motivation ;
  • l’aptitude médicale à la spécialité.

La détention du permis correspondant ne suffit donc pas, à elle seule, à obtenir la qualification professionnelle de motocycliste de la Police nationale.

La formation spécialisée

Après réussite de la sélection, le policier suit une formation professionnelle spécialisée destinée à lui permettre d’utiliser une motocyclette dans le cadre des missions de police.

La formation peut notamment porter sur :

  • le pilotage et la maîtrise de la motocyclette ;
  • la conduite sur route ;
  • les techniques de freinage et d’évitement ;
  • la conduite en environnement urbain ;
  • les déplacements en formation ;
  • les missions de sécurité routière ;
  • les escortes et guidages ;
  • les techniques professionnelles en intervention ;
  • la sécurité du motocycliste.

Le parcours dépend du corps, du type de qualification et des modalités de formation en vigueur.

Il est donc préférable de ne plus présenter les anciennes durées de 15 semaines ou 5 semaines comme des références permanentes applicables à toutes les situations.

Le centre de formation des motocyclistes

La Police nationale dispose d’une structure spécialisée pour la formation de ses motocyclistes.

Les personnels sélectionnés y acquièrent les techniques permettant de passer d’une pratique classique de la moto à une utilisation professionnelle et opérationnelle.

La formation ne constitue cependant qu’une première étape : les compétences doivent ensuite être entretenues tout au long de la carrière.

Une formation continue indispensable

La maîtrise d’une motocyclette est une compétence qui nécessite un entraînement régulier.

Les policiers motocyclistes doivent donc entretenir :

  • leur maîtrise technique ;
  • leurs automatismes ;
  • leur condition physique ;
  • leur capacité d’anticipation ;
  • leurs connaissances professionnelles ;
  • leur maîtrise des procédures.

Les formations et entraînements permettent également de tenir compte de l’évolution des matériels, techniques et doctrines professionnelles.

Équipement

Le policier motocycliste dispose d’équipements adaptés aux risques liés à la conduite et aux missions exercées.

Selon les dotations, ils peuvent notamment comprendre :

  • casque ;
  • vêtements de protection ;
  • gants ;
  • bottes adaptées ;
  • protections spécifiques ;
  • équipements de communication ;
  • équipements de signalisation ;
  • matériels professionnels nécessaires à la mission.

La motocyclette elle-même constitue un outil opérationnel dont l’utilisation nécessite une qualification et un entretien rigoureux.

Conditions de travail

Le policier motocycliste peut exercer :

  • en milieu urbain ;
  • sur route ;
  • sur voie rapide ;
  • de jour ;
  • de nuit ;
  • les week-ends ;
  • les jours fériés ;
  • dans des conditions météorologiques variables.

Il peut être confronté à des accidents graves, à des comportements routiers dangereux ou à des situations nécessitant une intervention rapide.

La spécialité nécessite donc disponibilité, maîtrise technique et capacité à gérer le risque.

Rémunération

Il n’existe pas un salaire unique de « policier motocycliste ».

La rémunération dépend notamment :

  • du corps ;
  • du grade ;
  • de l’ancienneté ;
  • de l’affectation ;
  • des fonctions exercées ;
  • des primes et indemnités applicables.

Les informations officielles correspondant au corps et au poste concernés doivent être consultées pour connaître la rémunération applicable.

Évolutions professionnelles

L’expérience acquise comme motocycliste permet de développer des compétences techniques et opérationnelles particulières.

Selon le parcours professionnel, les qualifications détenues, les sélections internes et les besoins de l’administration, le policier peut évoluer vers :

  • des responsabilités d’encadrement ;
  • des fonctions de formation ;
  • des qualifications motocyclistes complémentaires ;
  • d’autres unités opérationnelles ;
  • différentes fonctions spécialisées au sein de la Police nationale.

À retenir

Le policier motocycliste :

  • appartient à la Police nationale ;
  • exerce une spécialité nécessitant une sélection et une formation spécifiques ;
  • utilise la motocyclette comme outil professionnel et opérationnel ;
  • peut participer à la surveillance et au contrôle du trafic routier ;
  • contribue à la lutte contre l’insécurité routière ;
  • peut intervenir lors d’accidents ;
  • peut réaliser des missions d’escorte et de guidage ;
  • peut participer à certaines missions de sécurisation et d’intervention selon son unité ;
  • doit maîtriser des techniques de conduite professionnelles ;
  • doit entretenir régulièrement ses compétences ;
  • travaille dans des conditions parfois difficiles et exposées au risque routier ;
  • doit faire preuve de vigilance, anticipation, maîtrise de soi, rigueur et réactivité.

Informations et recrutement

La spécialité motocycliste est accessible après avoir intégré la Police nationale et sous réserve de satisfaire aux conditions professionnelles, médicales, techniques et de sélection applicables.

Les conditions d’ancienneté, permis exigés, modalités de sélection, formations et unités proposant des postes peuvent évoluer.

Sources et références

Les appellations de postes, voies de recrutement, spécialités et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la Police nationale. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.