Policier cavalier en unité équestre
Le policier cavalier en unité équestre est un fonctionnaire de la Police nationale qui utilise le cheval comme moyen opérationnel de patrouille, de surveillance, de prévention et de sécurisation.
Cette spécialité permet notamment d’intervenir dans des espaces où la présence d’un cavalier offre une visibilité importante, une capacité de déplacement particulière et un contact privilégié avec la population.
Il ne s’agit pas d’un corps ou d’un concours spécifique : le policier cavalier est avant tout un policier ayant rejoint une unité équestre après sélection et formation, selon les postes disponibles et les besoins de la Police nationale.
Quel est son rôle ?
Selon son unité et son territoire d’affectation, le policier cavalier peut notamment :
- effectuer des patrouilles à cheval ;
- contribuer à la prévention et à la dissuasion de la délinquance ;
- surveiller des espaces publics ;
- sécuriser des parcs, bois et grands espaces ;
- patrouiller dans certaines zones urbaines ou périurbaines ;
- accéder à des secteurs difficiles à parcourir avec un véhicule ;
- participer à certains dispositifs de sécurisation ;
- contribuer à la surveillance lors d’événements ;
- participer à la recherche de personnes lorsque le terrain se prête à l’emploi du cheval ;
- participer à certaines missions liées à la protection de l’environnement selon les compétences du service ;
- assurer une présence de proximité auprès de la population ;
- participer à des actions de représentation ou de sensibilisation.
Les missions exactes varient selon l’organisation locale et l’unité concernée.
La patrouille à cheval
Le cheval constitue un outil professionnel permettant au policier de disposer d’un point d’observation élevé et d’une mobilité adaptée à certains environnements.
La patrouille montée peut être particulièrement pertinente dans :
- les parcs ;
- les bois ;
- les zones de loisirs ;
- certains centres-villes ;
- les espaces piétonniers ;
- les zones résidentielles ;
- certains espaces périurbains ;
- les secteurs difficiles d’accès aux véhicules.
Depuis sa monture, le policier bénéficie également d’une visibilité importante sur son environnement.
La présence du cheval attire naturellement l’attention et peut faciliter les échanges avec la population.
Prévention et proximité avec la population
L’unité équestre possède une dimension particulière en matière de police de proximité et de prévention.
Le cheval facilite souvent le contact avec :
- les habitants ;
- les familles ;
- les enfants ;
- les commerçants ;
- les promeneurs ;
- les touristes ;
- les différents usagers de l’espace public.
Cette proximité permet au policier de renseigner, d’écouter, de prévenir certains comportements et de recueillir des informations utiles à son service.
La dimension relationnelle constitue donc une part importante de certaines patrouilles équestres.
Surveiller de grands espaces
L’un des avantages du cheval réside dans sa capacité à évoluer dans des secteurs où les véhicules peuvent être moins adaptés.
Les cavaliers peuvent ainsi contribuer à la surveillance :
- de grands parcs ;
- de zones boisées ;
- de chemins ;
- d’espaces naturels ;
- de secteurs périurbains ;
- de certaines zones de loisirs.
La hauteur offerte par la monture permet également d’augmenter la capacité d’observation du policier.
Participer à des dispositifs de sécurisation
Selon les unités, les policiers cavaliers peuvent être mobilisés lors de certains événements ou dispositifs nécessitant une présence policière renforcée.
Ils peuvent alors contribuer notamment :
- à la surveillance d’un secteur ;
- à la canalisation de certains flux ;
- à la sécurisation d’espaces publics ;
- à la prévention des troubles ;
- au renseignement des usagers ;
- au renforcement d’autres effectifs policiers.
L’emploi du cheval dépend toutefois de l’environnement, de la nature de l’événement, des risques identifiés et des décisions opérationnelles prises par le commandement.
Il ne faut donc pas réduire le métier au maintien de l’ordre ou considérer que toute unité équestre est systématiquement engagée dans ce type de mission.
Participer à la recherche de personnes
Le cheval peut également présenter un intérêt pour parcourir certains terrains lors d’une recherche.
Selon les circonstances et les compétences de l’unité, les policiers cavaliers peuvent participer à des dispositifs concernant une personne disparue ou recherchée.
Ils peuvent notamment parcourir :
- des espaces boisés ;
- des chemins ;
- de grands parcs ;
- certaines zones rurales ou périurbaines ;
- des secteurs difficilement accessibles aux véhicules.
Ces missions sont réalisées en coordination avec les autres personnels engagés dans les recherches.
Le cheval : un partenaire de travail
La particularité fondamentale du métier réside dans la relation entre le policier et sa monture.
Le cheval n’est pas simplement un moyen de déplacement : c’est un animal dont le comportement, la condition physique et le bien-être doivent être pris en compte en permanence.
Le cavalier doit apprendre à :
- connaître sa monture ;
- observer son comportement ;
- détecter une fatigue ou une anomalie ;
- préparer le cheval avant le service ;
- utiliser correctement les équipements ;
- assurer les soins relevant de son rôle ;
- participer à son entretien quotidien ;
- adapter l’activité aux capacités et à l’état de l’animal.
Le bien-être du cheval constitue donc une dimension essentielle de la spécialité.
Maîtriser le comportement du cheval
Un cheval de police peut être confronté à un environnement inhabituel :
- circulation routière ;
- véhicules ;
- sirènes ;
- mouvements de foule ;
- bruits soudains ;
- objets au sol ;
- environnements urbains ;
- présence importante de personnes.
Le policier doit donc posséder une bonne maîtrise équestre et être capable d’anticiper les réactions de sa monture.
La confiance entre le cavalier et le cheval est indispensable à la sécurité du binôme comme à celle du public.
Un policier avant d’être cavalier
Le policier cavalier reste avant tout un fonctionnaire de la Police nationale.
Il exerce les compétences correspondant à son corps, son grade et ses habilitations.
La maîtrise de l’équitation vient compléter les compétences professionnelles déjà acquises en tant que policier.
Il doit donc maîtriser simultanément :
- les règles professionnelles de la Police nationale ;
- le cadre juridique de ses interventions ;
- les techniques professionnelles ;
- les procédures de sécurité ;
- la communication avec le public ;
- les techniques équestres nécessaires à son activité.
Les qualités recherchées
La spécialité nécessite notamment :
- très bonne maîtrise équestre ;
- calme ;
- patience ;
- maîtrise de soi ;
- vigilance ;
- sens de l’observation ;
- capacité d’anticipation ;
- bonne condition physique ;
- rigueur ;
- esprit d’équipe ;
- qualités relationnelles ;
- respect de l’animal ;
- capacité à travailler en extérieur ;
- sens des responsabilités.
Le cavalier doit également accepter les contraintes inhérentes au travail avec un animal vivant.
Conditions de travail
Le policier cavalier exerce une grande partie de son activité en extérieur.
Il peut travailler :
- en milieu urbain ;
- dans des parcs ;
- dans des espaces boisés ;
- dans des secteurs périurbains ;
- de jour ;
- en soirée selon les missions ;
- les week-ends ;
- les jours fériés ;
- sous différentes conditions météorologiques.
La journée ne se limite pas à la patrouille. La préparation de la monture, les soins et les opérations réalisées avant et après le service font également partie de l’activité.
Comment devenir policier cavalier ?
Il n’existe pas de concours externe spécifique permettant de devenir directement policier cavalier de la Police nationale.
Il faut d’abord intégrer la Police nationale, puis candidater à une unité équestre lorsqu’un poste correspondant est proposé.
L’accès dépend notamment :
- du corps d’appartenance ;
- de l’expérience professionnelle ;
- des postes disponibles ;
- du niveau équestre ;
- de l’aptitude physique et médicale ;
- de la réussite aux épreuves de sélection ;
- des besoins de la Police nationale.
Contrairement à ce qu’indiquait l’ancienne fiche dans sa rubrique « niveau d’étude », il ne faut donc pas présenter le recrutement de policier adjoint sans diplôme comme la voie permettant automatiquement d’accéder à cette spécialité.
Le niveau équestre
Une expérience solide de l’équitation est nécessaire pour intégrer une unité équestre.
Les conditions précises peuvent varier selon les recrutements et les unités.
L’objectif de la sélection est notamment de vérifier que le candidat possède un niveau lui permettant d’aborder une pratique équestre professionnelle, très différente d’une pratique exclusivement sportive ou de loisir.
La seule détention d’un niveau ou diplôme équestre ne garantit donc pas l’accès à l’unité.
La sélection
Les modalités de sélection peuvent évoluer selon les postes et les campagnes internes.
Elles peuvent notamment permettre d’évaluer :
- le niveau équestre ;
- la maîtrise du cheval ;
- l’équilibre et la position ;
- la capacité à contrôler sa monture ;
- les réactions face à différentes situations ;
- les connaissances équestres ;
- la condition physique ;
- les aptitudes professionnelles ;
- la motivation.
Un entretien peut également permettre d’évaluer le projet professionnel et la connaissance des contraintes liées à la spécialité.
La formation d’adaptation
Après sélection, le policier bénéficie d’une formation professionnelle adaptée aux missions de l’unité équestre.
Elle peut notamment porter sur :
- les techniques équestres professionnelles ;
- la maîtrise de la monture en environnement urbain ;
- les déplacements en patrouille ;
- les techniques professionnelles adaptées au travail à cheval ;
- la sécurité du cavalier, du cheval et du public ;
- les soins et l’entretien courant de la monture ;
- les procédures opérationnelles ;
- la gestion de situations particulières.
Les compétences sont ensuite entretenues par des entraînements réguliers.
Il est préférable de ne plus présenter l’obtention automatique d’un « Galop 7 » comme l’aboutissement universel de la formation : les modalités et niveaux exigés doivent être vérifiés dans le cadre de chaque recrutement.
Une formation continue indispensable
Le travail avec un cheval nécessite un entraînement permanent.
Le policier doit entretenir :
- ses compétences équestres ;
- sa condition physique ;
- ses techniques professionnelles ;
- sa capacité à travailler avec différentes montures ;
- sa connaissance du comportement équin ;
- ses automatismes en intervention.
Le cheval doit lui aussi bénéficier d’un entraînement progressif et adapté aux environnements auxquels il peut être confronté.
Équipement
Le policier cavalier utilise des équipements adaptés à la fois à son activité policière et à la pratique équestre.
Selon les missions et les dotations, ils peuvent notamment comprendre :
- casque adapté ;
- chaussures ou bottes appropriées ;
- vêtements professionnels ;
- équipements de communication ;
- équipements de protection ;
- selle et matériel équestre ;
- matériels nécessaires aux soins et à la préparation du cheval.
Les équipements doivent permettre de concilier efficacité opérationnelle, sécurité du cavalier et bien-être de la monture.
Rémunération
Il n’existe pas un salaire unique de « policier cavalier ».
La rémunération dépend notamment :
- du corps ;
- du grade ;
- de l’ancienneté ;
- de l’affectation ;
- des fonctions exercées ;
- des primes et indemnités applicables.
Les informations officielles correspondant au corps et au poste concernés doivent donc être consultées pour connaître la rémunération applicable.
Évolutions professionnelles
L’expérience en unité équestre permet de développer des compétences professionnelles et techniques particulières.
Selon le parcours, les qualifications obtenues, les postes disponibles et les besoins de l’administration, le policier peut notamment évoluer vers :
- des responsabilités d’encadrement ;
- des fonctions de formation ;
- des responsabilités techniques au sein d’une unité équestre ;
- d’autres unités ou spécialités de la Police nationale.
À retenir
Le policier cavalier en unité équestre :
- appartient à la Police nationale ;
- n’appartient pas à un corps ou un concours spécifique ;
- utilise le cheval comme moyen professionnel de patrouille et de surveillance ;
- contribue à la prévention et à la sécurisation des espaces publics ;
- peut patrouiller dans des secteurs difficiles d’accès aux véhicules ;
- bénéficie d’un point d’observation élevé ;
- favorise le contact et la proximité avec la population ;
- peut participer à certains dispositifs de sécurisation ou de recherche ;
- doit disposer d’un bon niveau équestre ;
- doit réussir une sélection professionnelle ;
- suit une formation adaptée à l’emploi en unité équestre ;
- participe à la préparation et aux soins de sa monture ;
- doit accorder une attention permanente au bien-être du cheval ;
- doit faire preuve de calme, vigilance, maîtrise de soi, rigueur et sens des responsabilités.
Informations et recrutement
La spécialité de policier cavalier est accessible après avoir intégré la Police nationale et sous réserve de satisfaire aux conditions de mobilité, de sélection, d’aptitude et de niveau équestre applicables.
Les unités disposant de cavaliers, les postes proposés, les niveaux équestres demandés et les modalités de sélection peuvent évoluer selon les besoins de l’administration.
Sources et références
- Police nationale – Les métiers :
Découvrir les métiers de la Police nationale - Police nationale – Gardien de la paix :
Devenir gardien de la paix - Police nationale – Concours et sélections :
Inscriptions aux concours et sélections - Fédération française d’équitation :
Fédération française d’équitation
Les appellations de postes, voies de recrutement, spécialités et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la Police nationale. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.
