Agent de sécurité filtrage

Agent de sécurité filtrage

L’agent de sécurité filtrage est un professionnel de la sécurité privée spécialisé dans le contrôle des accès et la détection d’objets susceptibles d’être interdits ou dangereux à l’entrée d’une zone déterminée.

Il exerce ses missions à l’aide de procédures de contrôle et, selon le dispositif mis en place, de différents équipements techniques. Son activité consiste notamment à interpréter les informations fournies par les appareils de contrôle, identifier une anomalie, procéder à une levée de doute et alerter lorsque la situation dépasse ses prérogatives.

Cet emploi-repère de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité doit être distingué des métiers de la sûreté aéroportuaire, qui relèvent d’un cadre spécifique.

Quel est le rôle de l’agent de sécurité filtrage ?

L’objectif principal de l’agent est d’empêcher l’introduction, dans une zone définie, d’objets ou d’éléments interdits par les règles applicables au site, dans les limites de ses missions et des procédures qui lui sont confiées.

Son activité repose principalement sur quatre étapes :

contrôler → analyser → lever le doute → alerter.

Il peut notamment être chargé de :

  • interpréter les informations fournies par les appareils de contrôle ;
  • surveiller le fonctionnement opérationnel du dispositif de filtrage ;
  • identifier une alarme ou une anomalie ;
  • vérifier la concordance entre un objet contrôlé et son convoyeur ;
  • appliquer les procédures de contrôle prévues ;
  • effectuer ou faire effectuer une levée de doute selon les consignes ;
  • empêcher l’accès à une zone lorsque les conditions prévues ne sont pas réunies ;
  • transmettre les informations utiles ;
  • alerter son responsable ou les services compétents lorsque la situation dépasse ses prérogatives ;
  • rendre compte des événements ou anomalies constatés.

L’ensemble de ces opérations doit être réalisé dans le respect des libertés publiques, de la dignité des personnes et des procédures applicables.

Qu’est-ce que le filtrage de sécurité ?

Le filtrage constitue une mesure de prévention permettant de contrôler les accès à un espace déterminé.

Selon le site, le dispositif peut concerner :

  • des personnes ;
  • des sacs ;
  • des bagages ;
  • des colis ;
  • des effets personnels ;
  • du matériel ;
  • certains objets transportés.

Le niveau de contrôle dépend de la nature du site, des risques identifiés, du règlement applicable et des consignes définies par l’organisation.

L’agent ne décide donc pas personnellement et arbitrairement de ce qui est autorisé ou interdit : il applique les règles et procédures correspondant au site sur lequel il travaille.

Où travaille l’agent de sécurité filtrage ?

Ce métier peut être rencontré dans différents environnements nécessitant un contrôle renforcé des accès, par exemple :

  • sites industriels ;
  • sites sensibles ;
  • sièges d’entreprises ;
  • bâtiments tertiaires ;
  • établissements recevant du public ;
  • événements ;
  • centres de congrès ;
  • enceintes accueillant un public important ;
  • installations techniques ;
  • zones à accès réglementé.

Les moyens utilisés et les procédures appliquées peuvent être très différents d’un établissement à l’autre.

Un métier distinct de la sûreté aéroportuaire

Cette distinction est essentielle.

L’agent de sécurité filtrage, en tant qu’emploi-repère de la Convention collective de la prévention et de la sécurité, ne doit pas être confondu avec l’agent de sûreté aéroportuaire chargé de missions relevant de la réglementation de sûreté de l’aviation civile.

Dans un aéroport, certaines opérations d’inspection-filtrage sont soumises à une réglementation, des formations, des certifications et des procédures spécifiques.

Il faut donc éviter de présenter l’agent de sécurité filtrage conventionnel comme un agent pouvant automatiquement exercer les contrôles réglementés de sûreté aéroportuaire.

Interpréter les appareils de contrôle

Selon le dispositif prévu par le site, l’agent peut être amené à utiliser ou surveiller différents équipements destinés au filtrage.

Sa mission consiste notamment à :

  • observer les informations fournies ;
  • reconnaître une alarme ;
  • appliquer la procédure correspondant à cette alarme ;
  • identifier la nécessité d’une vérification complémentaire ;
  • transmettre une information en cas d’anomalie.

L’utilisation d’un équipement technique ne dispense jamais l’agent de respecter les procédures définies.

La levée de doute

Lorsqu’un équipement déclenche une alarme ou qu’une anomalie est détectée, l’agent applique la procédure de levée de doute correspondant au dispositif.

L’objectif est de déterminer, dans les limites de ses compétences et de ses prérogatives, l’origine de l’alarme.

Selon les circonstances et les consignes, il peut :

  • demander une nouvelle présentation de l’objet ;
  • procéder à un nouveau passage au contrôle ;
  • effectuer les vérifications autorisées ;
  • solliciter un autre agent ou son responsable ;
  • empêcher temporairement l’accès à la zone ;
  • alerter les services compétents.

La levée de doute doit toujours être réalisée conformément aux règles applicables et dans le respect des droits de la personne contrôlée.

Contrôle de concordance

L’une des missions caractéristiques de l’agent de sécurité filtrage consiste à réaliser le contrôle de concordance entre l’objet contrôlé et son convoyeur.

Cette procédure permet notamment d’éviter qu’un objet soit présenté ou abandonné sans pouvoir déterminer la personne qui en assure le transport.

La manière de réaliser cette concordance dépend de l’organisation du point de contrôle.

Que faire en cas d’objet suspect ou interdit ?

L’agent applique les procédures établies pour le site.

Selon la situation, il peut notamment :

  • interrompre le processus d’accès ;
  • maintenir la zone concernée dans les conditions prévues par les consignes ;
  • prévenir son responsable ;
  • transmettre les informations disponibles ;
  • demander l’intervention des services compétents.

Il ne doit pas manipuler inconsidérément un objet potentiellement dangereux ni entreprendre une action pour laquelle il n’est pas formé ou habilité.

Lorsque l’intervention nécessaire dépasse ses compétences ou ses prérogatives, son rôle consiste notamment à alerter les services compétents.

Contrôle des personnes : quelles limites ?

Le filtrage ne donne pas à l’agent de sécurité privée les mêmes pouvoirs qu’à un policier, un gendarme ou un douanier.

Les possibilités de contrôle doivent être appréciées au regard :

  • du Code de la sécurité intérieure ;
  • de la nature de la mission ;
  • du lieu ;
  • des procédures applicables ;
  • des conditions légales permettant certaines vérifications ;
  • du consentement lorsqu’il est juridiquement requis.

Il faut notamment distinguer inspection visuelle, fouille de bagages et palpation de sécurité, qui ne sont pas juridiquement interchangeables.

L’agent doit connaître précisément ce que la réglementation l’autorise à réaliser dans le cadre de sa mission.

Palpations de sécurité

La qualité d’agent de sécurité filtrage ne confère pas, à elle seule, un pouvoir général de procéder librement à des palpations sur toute personne.

Les palpations de sécurité réalisées par des agents privés sont soumises aux conditions prévues par le Code de la sécurité intérieure.

Le contexte, les circonstances, les autorisations nécessaires, l’agrément éventuel de l’agent et le consentement de la personne doivent être pris en compte selon le dispositif juridique applicable.

Il est donc incorrect de présenter la palpation comme une prérogative automatique de tout agent de filtrage.

Respect des libertés publiques

Le filtrage met directement le professionnel en contact avec le public et les effets personnels des personnes.

Le respect des libertés publiques constitue donc une dimension fondamentale du métier.

L’agent doit notamment agir avec :

  • courtoisie ;
  • neutralité ;
  • professionnalisme ;
  • discernement ;
  • respect de la dignité ;
  • absence de discrimination ;
  • respect de la confidentialité.

Un contrôle ne doit jamais être décidé sur la seule base de l’apparence physique, de l’origine réelle ou supposée, de la religion, du sexe, du handicap ou d’un autre critère discriminatoire.

L’agent de filtrage n’est pas un agent des forces de l’ordre

L’agent demeure un professionnel de la sécurité privée.

Sa tenue, son comportement et ses méthodes de travail ne doivent pas créer de confusion avec les forces publiques.

Il ne dispose pas, du seul fait de son emploi, d’un pouvoir général :

  • d’enquête ;
  • de contrôle d’identité ;
  • de fouille coercitive ;
  • de saisie ;
  • de garde à vue ;
  • de contrainte.

Lorsque la situation dépasse ses prérogatives, il doit alerter les personnes ou services compétents.

Agent de sécurité filtrage et opérateur de sécurité filtrage

La Convention collective distingue deux emplois qu’il ne faut pas confondre.

Agent de sécurité filtrage

Il relève du coefficient 140.

Son activité porte notamment sur l’interprétation des informations fournies par les appareils de contrôle, le contrôle de concordance et la levée de doute conformément aux consignes.

Opérateur de sécurité filtrage

Il relève du coefficient 150.

Il correspond à un niveau conventionnel distinct, avec des missions et compétences propres définies par la Convention collective.

Cette distinction est importante lors de la lecture d’une offre d’emploi ou d’un contrat de travail : le niveau de classification doit correspondre aux missions réellement exercées.

Comment devenir agent de sécurité filtrage ?

L’ancienne fiche indiquait que le candidat devait obligatoirement posséder un CQP APS.

Cette formulation doit être actualisée.

Pour exercer une activité réglementée de surveillance humaine ou de gardiennage, le candidat doit justifier de l’aptitude professionnelle reconnue pour l’activité concernée.

Plusieurs certifications peuvent permettre de justifier cette aptitude lorsqu’elles répondent aux conditions réglementaires applicables.

Il convient donc de consulter la liste actualisée des certifications reconnues plutôt que de présenter un ancien intitulé de certification comme l’unique voie d’accès au métier.

Carte professionnelle CNAPS

L’exercice professionnel des activités privées de surveillance humaine ou de gardiennage nécessite une carte professionnelle CNAPS valide correspondant à l’activité exercée.

Sa délivrance est notamment conditionnée :

  • au respect des conditions prévues par le Code de la sécurité intérieure ;
  • à la justification de l’aptitude professionnelle requise ;
  • à la compatibilité du comportement du demandeur avec l’exercice d’une activité privée de sécurité.

Le CNAPS réalise une enquête administrative dans le cadre de l’instruction de la demande.

Il est donc plus exact de parler de conditions de compatibilité avec la profession que d’affirmer simplement que le candidat doit avoir un « casier judiciaire vierge ».

Le CAP Agent de sécurité

Le CAP Agent de sécurité constitue l’une des formations permettant de se préparer aux métiers de la sécurité.

Il ne faut cependant pas le présenter comme le diplôme universellement obligatoire pour exercer le métier d’agent de sécurité filtrage.

Le candidat doit avant tout vérifier que sa certification permet de justifier l’aptitude professionnelle nécessaire à la délivrance de la carte professionnelle correspondant à l’activité exercée.

De même, contrairement à l’ancienne fiche, posséder un bac +3 ou un bac +5 ne permet pas d’occuper automatiquement un poste d’encadrement.

L’accès à l’encadrement dépend de l’expérience, des compétences, des qualifications, de l’organisation de l’entreprise et du poste proposé.

Formation professionnelle

La formation permettant d’accéder aux activités de sécurité privée peut notamment comprendre, selon la certification suivie :

  • environnement juridique de la sécurité privée ;
  • Code de la sécurité intérieure ;
  • déontologie professionnelle ;
  • libertés publiques ;
  • prévention des risques ;
  • gestion des conflits ;
  • premiers secours ;
  • surveillance ;
  • contrôle d’accès ;
  • transmission des informations ;
  • rédaction professionnelle.

Des compétences complémentaires peuvent être nécessaires pour l’utilisation des équipements spécifiques de filtrage présents sur le site.

L’ancienne affirmation selon laquelle toutes les formations initiales de sécurité privée comporteraient systématiquement un tronc commun de 41 heures doit être supprimée. Les contenus et durées doivent être vérifiés dans les référentiels actuellement applicables.

Qualités requises

L’agent de sécurité filtrage doit notamment faire preuve de :

  • vigilance ;
  • concentration ;
  • rigueur ;
  • sens de l’observation ;
  • réactivité ;
  • maîtrise de soi ;
  • courtoisie ;
  • capacité à communiquer ;
  • respect des procédures ;
  • capacité à gérer les conflits ;
  • discernement ;
  • capacité à rendre compte ;
  • respect des libertés publiques.

Une bonne concentration est particulièrement importante lorsque l’activité implique l’interprétation répétée d’informations provenant d’équipements de contrôle.

Conditions de travail

Les conditions dépendent fortement du site.

L’agent peut exercer :

  • en intérieur ;
  • en extérieur ;
  • à un poste d’accès ;
  • dans un espace de filtrage ;
  • debout pendant une partie importante de la vacation ;
  • en horaires décalés ;
  • de jour ou de nuit ;
  • le week-end ;
  • les jours fériés.

Certains postes peuvent connaître des périodes de forte affluence nécessitant de maintenir simultanément rapidité, vigilance et qualité du contrôle.

Équipements

Selon le site et les missions, l’agent peut travailler avec différents moyens techniques :

  • dispositifs de détection ;
  • portiques ;
  • détecteurs adaptés au contrôle réalisé ;
  • équipements de contrôle d’objets ou de bagages ;
  • systèmes de contrôle d’accès ;
  • radio ;
  • moyens de communication ;
  • équipements informatiques ;
  • matériels spécifiques au site.

Tous les agents de filtrage n’utilisent pas nécessairement les mêmes équipements.

Leur utilisation doit correspondre aux compétences de l’agent, aux procédures du site et aux règles applicables.

Rémunération et classification en 2026

Depuis la nouvelle classification conventionnelle applicable au 1er mars 2026, l’emploi-repère Agent de sécurité filtrage demeure classé au :

coefficient 140.

L’Opérateur de sécurité filtrage relève pour sa part du :

coefficient 150.

La rémunération minimale dépend de la grille conventionnelle applicable à la période concernée.

Le salaire réellement perçu peut ensuite varier selon :

  • l’entreprise ;
  • l’ancienneté ;
  • le contrat ;
  • les horaires ;
  • le travail de nuit ;
  • les dimanches et jours fériés ;
  • les primes et indemnités applicables.

Il est préférable de se référer à la grille conventionnelle actualisée plutôt que d’inscrire dans cette fiche un salaire mensuel fixe susceptible de devenir rapidement obsolète.

Évolution professionnelle

Avec de l’expérience et les qualifications nécessaires, un agent de sécurité filtrage peut envisager différentes évolutions :

Agent de sécurité filtrage → Opérateur de sécurité filtrage → fonctions de coordination ou d’encadrement

D’autres orientations sont possibles vers :

  • la surveillance humaine ;
  • le contrôle d’accès ;
  • la sécurité de sites sensibles ;
  • l’exploitation ;
  • le management de proximité ;
  • d’autres spécialités de la sécurité privée.

Une évolution vers une activité réglementée différente peut nécessiter une formation, une aptitude professionnelle ou une carte professionnelle spécifique.

À retenir

L’Agent de sécurité filtrage :

  • est un emploi-repère de la sécurité privée ;
  • intervient dans le contrôle des accès à une zone déterminée ;
  • contribue à empêcher l’introduction d’objets interdits selon les règles applicables au site ;
  • interprète les informations fournies par certains appareils de contrôle ;
  • analyse les alarmes ;
  • réalise un contrôle de concordance entre l’objet et son convoyeur ;
  • effectue ou fait effectuer une levée de doute conformément aux procédures ;
  • alerte lorsque la situation dépasse ses prérogatives ;
  • exerce ses missions dans le respect des libertés publiques ;
  • ne dispose pas des pouvoirs généraux des forces de l’ordre ;
  • ne bénéficie pas automatiquement d’un pouvoir général de palpation ou de fouille ;
  • doit être distingué des métiers réglementés de la sûreté aéroportuaire ;
  • doit disposer de l’aptitude professionnelle et de la carte professionnelle CNAPS correspondant à son activité ;
  • relève du coefficient conventionnel 140 ;
  • doit être distingué de l’Opérateur de sécurité filtrage, classé au coefficient 150.

L’agent de sécurité filtrage constitue ainsi un professionnel spécialisé dans la prévention et le contrôle des accès, dont l’efficacité repose sur la vigilance, la maîtrise des procédures, l’utilisation appropriée des équipements et le respect rigoureux du cadre juridique.

Informations et recrutement

Avant de suivre une formation ou de candidater, il est recommandé de vérifier :

  • la certification professionnelle demandée ;
  • son éligibilité pour l’activité concernée ;
  • les conditions relatives à la carte professionnelle CNAPS ;
  • les équipements utilisés sur le poste ;
  • les formations complémentaires demandées ;
  • les prérogatives exactes confiées à l’agent ;
  • la classification conventionnelle prévue au contrat.

Sources et références

Les prérogatives de contrôle, les équipements utilisés et les formations complémentaires varient selon le site et la nature de la mission. Les dispositions réglementaires, conventionnelles et les consignes applicables doivent toujours être vérifiées pour le poste concerné.