Agent de la Sûreté Ferroviaire
L’agent de la Sûreté Ferroviaire exerce au sein du service interne de sécurité de la SNCF, communément associé à la Sûreté ferroviaire (SUGE). Présent dans les gares, à bord des trains et dans les emprises ferroviaires relevant de ses missions, il contribue à la protection des voyageurs, des personnels, des marchandises, des installations et du patrimoine ferroviaire.
Il s’agit d’un métier de terrain particulier : les agents sont assermentés, agréés et peuvent être autorisés à porter une arme dans les conditions prévues par la réglementation.
Quel est le rôle de l’agent de la Sûreté Ferroviaire ?
Sa mission repose sur quatre dimensions principales : prévenir, conseiller, protéger et intervenir.
Au quotidien, l’agent peut notamment :
- assurer une présence préventive dans les gares et les trains ;
- prévenir les agressions et actes de malveillance ;
- lutter contre les dégradations et atteintes aux biens ;
- sécuriser certains espaces ferroviaires ;
- protéger les installations et le patrimoine ;
- participer au traitement des infractions relevant de ses compétences ;
- contribuer à la lutte contre la fraude ;
- protéger et assister les personnels ferroviaires ;
- renseigner et rassurer les voyageurs ;
- intervenir lors d’incidents ou de situations présentant un risque pour les personnes ou les biens.
Depuis l’évolution du Code des transports intervenue en 2025, la loi précise également que les services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP ont pour mission de prévenir les atteintes à l’ordre public dans les lieux relevant de leur compétence, que la prévention des violences et atteintes à caractère sexiste constitue un axe prioritaire et qu’ils contribuent à la lutte contre le terrorisme.
Où travaille-t-il ?
L’agent est principalement un professionnel de terrain.
Ses missions peuvent s’exercer :
- dans les gares ;
- dans les trains ;
- sur certaines installations ferroviaires ;
- dans différentes emprises nécessaires à l’exploitation ferroviaire ;
- dans les véhicules de transport public entrant dans le champ prévu par le Code des transports.
Une même vacation peut donc comporter plusieurs déplacements et interventions.
Le travail est effectué en équipe et en uniforme.
Sûreté ferroviaire et police : quelle différence ?
Une distinction importante doit être faite.
Les agents de la Sûreté Ferroviaire ne sont ni policiers nationaux ni gendarmes.
Ils appartiennent au service interne de sécurité de la SNCF et disposent de prérogatives particulières prévues par le Code des transports.
La Police nationale et la Gendarmerie nationale conservent leur compétence générale en matière de sécurité publique et judiciaire.
Les agents SNCF travaillent donc régulièrement en coordination avec les forces de sécurité de l’État et les autres acteurs du transport.
Des agents assermentés et agréés
Les agents disposent d’un cadre juridique sensiblement différent de celui d’un agent de sécurité privée classique.
Ils sont notamment assermentés et agréés pour exercer leurs missions.
Selon les dispositions applicables et les situations rencontrées, ils disposent de certaines prérogatives leur permettant notamment de constater ou traiter certaines infractions relevant de leur champ de compétence.
Leur action demeure strictement encadrée par le Code des transports et par les règles déontologiques applicables au service.
Inspection des bagages et palpations de sécurité
Le cadre juridique a évolué ces dernières années.
Les agents des services internes de sécurité de la SNCF peuvent notamment procéder à l’inspection visuelle des bagages et, avec le consentement de leur propriétaire, à leur fouille.
Des palpations de sécurité sont également possibles dans les situations prévues par la loi. Elles nécessitent notamment le consentement exprès de la personne et doivent être effectuées par une personne du même sexe.
Depuis 2025, la législation prévoit également cette possibilité, hors circonstances exceptionnelles spécifiques, lorsque des éléments objectifs indiquent qu’une personne pourrait détenir des objets présentant un risque pour la sécurité des personnes ou des biens.
Il ne s’agit donc pas d’un pouvoir général et sans condition de fouille des voyageurs.
Le port d’arme
L’une des particularités importantes du métier réside dans son armement.
Le Code des transports prévoit que les agents des services internes de sécurité de la SNCF peuvent être nominativement autorisés par l’autorité administrative compétente de l’État à porter une arme.
Ils reçoivent une formation correspondant à son maniement.
Le recrutement SNCF indique actuellement que l’agent de la Sûreté Ferroviaire est détenteur d’une autorisation de port d’arme dans l’exercice de ses fonctions.
Cette caractéristique explique notamment l’importance accordée :
- à la maîtrise de soi ;
- au discernement ;
- à la formation ;
- à l’aptitude opérationnelle ;
- au respect du cadre juridique ;
- à l’entraînement professionnel.
Les caméras individuelles
Les agents peuvent également utiliser des caméras individuelles dans les conditions prévues par le Code des transports.
Elles peuvent notamment permettre l’enregistrement audiovisuel d’une intervention lorsqu’un incident se produit ou est susceptible de se produire, en fonction des circonstances ou du comportement des personnes concernées.
L’utilisation de ces dispositifs est encadrée juridiquement et ne correspond donc pas à un enregistrement permanent et libre de toutes les activités.
Un métier exercé de jour comme de nuit
La sûreté ferroviaire doit accompagner un réseau fonctionnant sur des amplitudes horaires importantes.
Les agents travaillent donc en horaires décalés, notamment :
- tôt le matin ;
- en journée ;
- en soirée ;
- de nuit ;
- les week-ends ;
- les jours fériés.
La SNCF indique actuellement une moyenne d’environ 200 jours travaillés par an, selon l’organisation du service.
Les horaires réels dépendent évidemment de l’affectation et du roulement.
Un équipement professionnel conséquent
L’agent travaille avec plusieurs équipements nécessaires à ses missions.
La SNCF indique que ses agrès professionnels représentent environ 8 kg.
Selon l’équipement attribué et les missions, l’agent peut notamment disposer de moyens :
- de communication ;
- de protection ;
- d’intervention ;
- d’enregistrement ;
- d’armement autorisé.
L’ensemble s’inscrit dans des procédures précises d’emploi et de contrôle.
Comment devenir agent de la Sûreté Ferroviaire ?
Le recrutement est réalisé directement par la SNCF.
À la différence d’un policier ou d’un gendarme, il ne s’agit pas d’un concours de la fonction publique.
La SNCF indique actuellement que le candidat doit avoir plus de 18 ans, notamment en raison des conditions liées à l’autorisation de port d’arme.
Le profil demandé est :
- titulaire au minimum d’un CAP ou BEP, quelle que soit la spécialité ;
ou
- sans diplôme mais avec au moins deux années d’expérience professionnelle dans la sécurité ou la relation client.
Il n’est donc pas nécessaire d’être ancien militaire, policier ou agent de sécurité pour candidater.
Une expérience dans ces domaines peut être utile, mais elle ne constitue pas une condition générale d’accès au métier.
Les qualités recherchées
La SNCF met notamment en avant :
- respect de la loi ;
- bonne condition physique ;
- réactivité ;
- sens du service et de la relation avec les voyageurs ;
- diplomatie ;
- discernement ;
- maîtrise de soi.
Le métier exige également une capacité à travailler en équipe et à prendre rapidement des décisions dans des environnements parfois complexes.
Une bonne condition physique est nécessaire
La dimension physique ne doit pas être sous-estimée.
Les agents passent une grande partie de leur activité sur le terrain, se déplacent régulièrement et transportent plusieurs kilogrammes d’équipements.
Un test d’aptitude opérationnel fait actuellement partie du processus de recrutement SNCF.
Une pratique sportive régulière et une hygiène de vie adaptée sont donc recommandées.
Une formation professionnelle de huit mois
Une fois recruté, le candidat ne devient pas immédiatement agent opérationnel autonome.
La SNCF annonce actuellement une formation rémunérée de huit mois.
Elle comprend notamment une première période de formation à l’Université de la Sûreté SNCF à Ermont-Eaubonne, dans le Val-d’Oise.
Le cursus comporte des enseignements théoriques ainsi que des formations pratiques, notamment :
- cadre juridique ;
- réglementation ;
- déontologie ;
- techniques professionnelles ;
- techniques d’intervention ;
- formation au tir ;
- préparation aux situations rencontrées sur le réseau.
Cette première phase est complétée par une période de mise en pratique au sein de la future entité d’affectation.
À l’issue du parcours, la SNCF indique l’obtention du titre professionnel correspondant au métier d’Agent de la Sûreté Ferroviaire.
Le MOOC Sûreté Ferroviaire
La SNCF propose également un MOOC consacré à la sûreté ferroviaire permettant de découvrir le métier et son environnement avant une candidature.
Il permet notamment de mieux comprendre :
- les missions ;
- l’environnement ferroviaire ;
- certaines situations professionnelles ;
- les attentes du recrutement.
Il s’agit d’un outil de découverte et de préparation : la réussite au MOOC ne constitue pas à elle seule un recrutement.
Formation continue
La formation ne s’arrête pas à la prise de poste.
Le Code des transports impose aux agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP une formation continue adaptée aux besoins du service.
Elle doit notamment permettre de maintenir ou perfectionner :
- la qualification professionnelle ;
- les compétences opérationnelles ;
- la connaissance des règles déontologiques ;
- l’adaptation aux fonctions exercées.
Cette formation continue est particulièrement importante compte tenu des responsabilités et prérogatives du métier.
Des missions où le relationnel est essentiel
L’intervention physique ne représente qu’une partie du travail.
Une présence efficace repose également sur la capacité à :
- observer ;
- dialoguer ;
- expliquer ;
- rassurer ;
- prévenir une escalade ;
- gérer un conflit ;
- faire respecter la réglementation avec discernement.
L’agent est en contact permanent avec un public extrêmement diversifié.
La maîtrise de soi et la diplomatie sont donc aussi importantes que les capacités physiques.
Femmes et hommes peuvent exercer ce métier
Le métier est accessible aux femmes comme aux hommes.
Il n’est pas pertinent de conserver dans la fiche un ancien pourcentage de féminisation susceptible d’évoluer rapidement.
Les mêmes exigences professionnelles, juridiques et opérationnelles s’appliquent aux candidats selon les conditions prévues pour le recrutement.
La mixité des équipes présente également un intérêt opérationnel, notamment dans les situations où la réglementation impose qu’une palpation de sécurité soit réalisée par une personne du même sexe que la personne contrôlée.
Technologies et sûreté ferroviaire
La sûreté ferroviaire s’appuie sur différents moyens technologiques permettant de compléter l’action humaine.
Selon les dispositifs et services concernés, il peut s’agir notamment :
- de vidéoprotection ;
- de moyens radio ;
- de systèmes d’information ;
- de dispositifs d’alerte ;
- de caméras individuelles ;
- d’outils de coordination opérationnelle.
Depuis août 2026, le Code des transports permet également aux services internes de sécurité concernés d’utiliser, dans les conditions prévues par la loi, certains moyens radioélectriques, électroniques ou numériques de détection de drones susceptibles de représenter une menace aux abords des biens dont ils ont la garde.
La technologie reste cependant un outil d’appui : l’analyse humaine, le discernement et la capacité d’intervention restent essentiels.
Évolutions professionnelles
Avec l’expérience, différentes évolutions peuvent être envisagées au sein de la filière sûreté.
Selon les besoins, les compétences acquises et les processus internes, un agent peut évoluer vers :
- des fonctions d’encadrement ;
- des fonctions de formation ;
- certaines unités ou missions spécialisées ;
- des fonctions de coordination ;
- d’autres métiers du groupe.
Les conditions d’accès à ces fonctions peuvent évoluer. Il est donc préférable de ne pas présenter une durée d’ancienneté unique comme garantissant l’accès à une spécialisation.
Rémunération
Il est préférable de supprimer de l’ancienne fiche les montants indiquant un salaire compris entre le SMIC et 1 600 € brut, puis « rapidement plus de 2 000 € ».
Ces chiffres sont anciens et ne permettent plus de présenter correctement la rémunération actuelle.
La rémunération dépend notamment :
- du poste ;
- de l’ancienneté ;
- de l’organisation du travail ;
- des horaires ;
- des éléments variables ;
- des dispositions applicables au sein de la SNCF.
Les offres d’emploi SNCF constituent la meilleure référence pour connaître les conditions de rémunération proposées au moment d’une candidature.
À retenir
L’agent de la Sûreté Ferroviaire :
- appartient au service interne de sécurité de la SNCF ;
- travaille principalement dans les gares, les trains et les emprises ferroviaires ;
- protège les voyageurs, les personnels, les biens et les infrastructures ;
- prévient les agressions, actes de malveillance et atteintes au réseau ;
- contribue à la lutte contre la fraude et à la prévention des atteintes à l’ordre public ;
- contribue également à la lutte contre le terrorisme dans le cadre fixé par la loi ;
- travaille en équipe et en uniforme ;
- est assermenté et agréé ;
- peut être nominativement autorisé à porter une arme ;
- dispose de prérogatives spécifiques prévues par le Code des transports ;
- bénéficie d’une formation initiale puis continue ;
- travaille en horaires décalés, y compris la nuit, les week-ends et jours fériés ;
- doit associer condition physique, discernement, diplomatie, réactivité et maîtrise de soi.
Il ne faut pas le confondre avec un agent de sécurité privée classique, un contrôleur SNCF ou un policier : la Sûreté Ferroviaire possède son propre cadre juridique, ses missions et ses conditions d’exercice.
Informations et recrutement
Les conditions de recrutement et les offres disponibles évoluent régulièrement. La page métier officielle permet de consulter le profil recherché et d’accéder aux postes actuellement ouverts.
Le MOOC Sûreté Ferroviaire peut également constituer une bonne préparation pour découvrir les réalités du métier avant de déposer une candidature.
Sources et références
- SNCF Emploi – Agent ou agente de la Sûreté Ferroviaire :
Agent de la Sûreté Ferroviaire - SNCF Emploi – Métiers de la sûreté :
Les métiers de la sûreté - Légifrance – Code des transports, article L.2251-1 :
Missions des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP - Légifrance – Code des transports, article L.2251-4 :
Autorisation de port d’arme - Légifrance – Code des transports, article L.2251-9 :
Inspection des bagages et palpations de sécurité - Légifrance – Code des transports, services internes de sécurité SNCF et RATP :
Titre V du Code des transports
Les appellations de postes, voies de recrutement, formations, missions et conditions d’accès peuvent évoluer selon les besoins de la SNCF et les évolutions du cadre réglementaire applicable à la sûreté ferroviaire. Il convient de vérifier l’offre et les conditions officielles correspondant au recrutement envisagé.
