Agent de sécurité magasin arrière-caisse

Agent de sécurité magasin arrière-caisse

L’agent de sécurité magasin arrière-caisse est un professionnel de la sécurité privée spécialisé dans la surveillance des établissements commerciaux, principalement au niveau des accès à la surface de vente et des terminaux de paiement.

Contrairement à ce que peut laisser penser son intitulé, sa mission principale n’est pas de gérer les espèces, les coffres ou les opérations bancaires du magasin. Son rôle consiste avant tout à prévenir les vols et les actes de malveillance, à exercer une présence dissuasive et à détecter les situations potentiellement frauduleuses ou dangereuses.

Il s’agit d’un emploi-repère officiel de la filière distribution de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité, classé au coefficient 140.

Quel est le rôle de l’agent de sécurité magasin arrière-caisse ?

L’agent exerce à l’intérieur d’un établissement dont l’activité est la vente. Son positionnement lui permet notamment de surveiller les flux autour des caisses, des accès à la surface commerciale et des terminaux de paiement.

Son activité peut être résumée ainsi :

surveiller → prévenir → détecter → signaler → rendre compte.

Ses principales missions sont :

  • tester, avant l’ouverture, le système de protection des marchandises à l’aide d’un dispositif antivol ;
  • consigner le résultat du test sur le support prévu ;
  • faire appliquer les procédures de contrôle d’accès aux entrées et sorties de la surface de vente ;
  • surveiller les flux de clients, fournisseurs, salariés et visiteurs conformément aux procédures ;
  • s’assurer que les clients ayant franchi les terminaux de paiement ont acquitté la totalité des articles qu’ils possèdent ;
  • exercer une surveillance préventive et dissuasive ;
  • détecter les comportements potentiellement frauduleux ou dangereux ;
  • rendre compte immédiatement de ses constatations ;
  • participer, dans les conditions prévues, à une procédure d’interpellation ;
  • rédiger les rapports d’intervention ;
  • renseigner la main courante ou les autres supports prévus.

Ces missions sont précisément définies par la convention collective.

Un métier centré sur les caisses et les accès

L’appellation « arrière-caisse » ne signifie pas que l’agent travaille nécessairement dans un local situé physiquement derrière les caisses.

Il est principalement positionné de manière à assurer une surveillance efficace des passages en caisse et des accès à la surface de vente.

Selon l’organisation du magasin, il peut notamment observer :

  • les entrées et sorties ;
  • les lignes de caisse ;
  • les terminaux de paiement ;
  • les zones situées immédiatement après les caisses ;
  • les accès réservés au personnel ou aux fournisseurs lorsqu’ils entrent dans son périmètre de mission.

Il doit rester suffisamment visible pour assurer une fonction préventive et dissuasive.

Vérification après le passage en caisse

Une mission conventionnelle importante consiste à s’assurer que les clients ayant franchi les terminaux de paiement ont acquitté le montant correspondant à la totalité des articles en leur possession.

Cette mission doit être exercée dans le cadre des procédures prévues par l’établissement et dans le respect des libertés publiques.

L’agent ne doit pas transformer ce contrôle en enquête personnelle ni outrepasser les prérogatives que lui confère la réglementation.

Ce que l’agent ne contrôle pas

La Convention collective pose une limite particulièrement importante.

Il n’entre pas dans les missions de l’agent arrière-caisse :

  • de vérifier la pertinence du moyen de paiement présenté par un client ;
  • de procéder à la vérification des pièces d’identité.

L’agent n’a donc pas à déterminer, par exemple, si une carte bancaire appartient réellement au client.

Les éventuelles procédures relatives aux moyens de paiement relèvent des personnels et dispositifs compétents du magasin.

Détection des comportements potentiellement frauduleux

L’agent doit être attentif aux faits pouvant révéler :

  • une tentative de vol ;
  • une dissimulation de marchandises ;
  • un franchissement irrégulier des caisses ;
  • une tentative de sortie sans paiement ;
  • une fraude observable ;
  • un comportement dangereux ;
  • une situation susceptible de provoquer un incident.

Son observation doit rester objective et fondée sur des faits.

Une apparence physique, une origine réelle ou supposée, un handicap, une religion, un âge ou tout autre critère discriminatoire ne peut constituer à lui seul un motif légitime de suspicion.

Que faire lorsqu’une fraude est suspectée ?

Lorsqu’il constate un comportement potentiellement frauduleux ou dangereux, l’agent doit rendre compte immédiatement de ses constatations à la direction de l’entreprise cliente.

La fiche conventionnelle précise que cette dernière décide ou non de faire appel aux forces de l’ordre et qu’elle est habilitée à déposer plainte.

L’agent doit donc respecter la chaîne de transmission prévue par les consignes de son employeur et l’organisation du magasin.

Interpellation : un cadre particulièrement précis

L’ancienne fiche indiquait simplement que l’agent pouvait intervenir « en cas de flagrant délit ».

La convention est plus précise.

Elle prévoit que l’agent arrière-caisse peut participer, en présence d’un représentant du client, à la procédure d’interpellation conformément à la législation applicable, notamment à l’article 73 du Code de procédure pénale.

En l’absence d’un représentant du client, sa mission est exclusivement préventive et dissuasive.

Il s’agit d’une particularité importante de cet emploi-repère.

L’article 73 ne donne pas des pouvoirs de police

L’article 73 du Code de procédure pénale permet, dans certaines conditions, à toute personne d’appréhender l’auteur d’un crime flagrant ou d’un délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, afin de le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche.

Cela ne transforme pas l’agent de sécurité en policier ou en gendarme.

Il ne dispose pas d’un pouvoir général :

  • d’enquête ;
  • de garde à vue ;
  • de contrôle d’identité ;
  • de fouille ;
  • de contrainte.

Toute action doit rester conforme au droit applicable, nécessaire et proportionnée aux circonstances.

Une mission strictement définie

Une particularité importante de cet emploi est que la Convention collective précise que les agents de sécurité magasin arrière-caisse ne doivent pas exercer d’autres missions que celles définies dans leur fiche conventionnelle.

Cette disposition est importante pour éviter de transformer progressivement l’agent en :

  • caissier ;
  • manutentionnaire ;
  • employé commercial ;
  • agent de nettoyage ;
  • personnel d’accueil généraliste ;
  • responsable de la gestion des espèces.

L’agent reste un professionnel de la sécurité privée.

L’agent gère-t-il les espèces et les coffres ?

Contrairement à l’ancienne version de cette fiche, il ne faut pas présenter comme mission générale de l’agent arrière-caisse :

« contrôler les flux de monnaie et les coffres temporaires ».

Cette mission ne figure pas dans la définition conventionnelle de l’emploi.

De même, la sécurisation des dépôts d’espèces et des remises en banque ne doit pas être présentée comme une mission générale de l’agent arrière-caisse.

La gestion des fonds et leur transport relèvent d’organisations et, selon les situations, d’activités professionnelles différentes.

Utilise-t-il la vidéosurveillance ?

L’agent arrière-caisse peut naturellement travailler dans un magasin équipé de caméras, mais la surveillance vidéo permanente du magasin n’est pas la mission caractéristique de cet emploi-repère.

La convention distingue précisément :

  • l’agent de sécurité magasin prévention vols ;
  • l’agent de sécurité magasin vidéo ;
  • l’agent de sécurité magasin arrière-caisse.

L’agent vidéo constitue donc un métier conventionnel distinct.

Travail en coordination avec les autres agents

Dans un dispositif important, plusieurs métiers peuvent fonctionner de manière complémentaire.

Agent magasin prévention vols

Il intervient principalement dans la prévention et la détection des vols à l’intérieur de la surface de vente.

Agent magasin vidéo

Il exploite les moyens vidéo qui lui sont confiés pour détecter et suivre certaines situations.

Agent magasin arrière-caisse

Il exerce principalement une surveillance préventive et dissuasive au niveau des accès à la surface de vente et des terminaux de paiement.

Ces fonctions sont complémentaires mais ne doivent pas être confondues.

Port obligatoire de l’uniforme

L’agent de sécurité magasin arrière-caisse est soumis au port obligatoire de l’uniforme prévu par la réglementation en vigueur.

Cette caractéristique le différencie notamment de certaines missions de prévention des vols pouvant être réalisées de manière plus discrète dans les conditions prévues pour l’emploi concerné.

La tenue doit permettre d’identifier clairement le professionnel comme appartenant à la sécurité privée, sans créer de confusion avec les forces publiques.

Moyen de communication

La fiche conventionnelle prévoit qu’un moyen de communication en bon état de fonctionnement doit être fourni à l’agent.

Selon l’organisation du magasin, il peut s’agir notamment d’une radio ou d’un autre équipement professionnel adapté.

Ce moyen lui permet de transmettre rapidement une information à :

  • un autre agent ;
  • son responsable ;
  • le poste de sécurité ;
  • un représentant du magasin.

Rédaction et traçabilité

Après une intervention ou un événement significatif, l’agent doit pouvoir :

  • rédiger un rapport ;
  • renseigner la main courante ;
  • compléter les documents prévus par l’entreprise.

Ses écrits doivent être :

factuels, précis, chronologiques et objectifs.

Il doit distinguer ce qu’il a personnellement observé de ce qui lui a été rapporté.

Qualités requises

Le métier demande notamment :

  • vigilance ;
  • sens de l’observation ;
  • maîtrise de soi ;
  • courtoisie ;
  • fermeté ;
  • discrétion ;
  • réactivité ;
  • capacité à gérer une situation conflictuelle ;
  • respect des procédures ;
  • capacité à communiquer ;
  • qualités rédactionnelles ;
  • respect des libertés publiques.

L’agent doit notamment être capable de rester calme lorsqu’une personne conteste un contrôle ou lorsqu’une situation devient tendue.

Comment devenir agent de sécurité magasin arrière-caisse ?

L’ancienne fiche indiquait qu’il fallait obligatoirement être titulaire au minimum d’un CAP Agent de sécurité.

Cette affirmation doit être corrigée.

Le CAP Agent de sécurité constitue une voie possible, mais ce n’est pas l’unique parcours permettant d’exercer une activité privée de sécurité.

Le candidat doit notamment justifier de l’aptitude professionnelle correspondant à l’activité exercée selon les conditions réglementaires applicables.

Carte professionnelle CNAPS

Pour exercer les activités réglementées de surveillance humaine et de gardiennage, le professionnel doit disposer d’une carte professionnelle CNAPS valide correspondant à l’activité exercée.

La délivrance de cette carte est notamment conditionnée :

  • au respect des conditions prévues par le Code de la sécurité intérieure ;
  • à la justification de l’aptitude professionnelle requise ;
  • aux résultats de l’enquête administrative réalisée dans le cadre de l’instruction de la demande.

Il est donc préférable de parler de compatibilité avec l’exercice d’une activité privée de sécurité plutôt que de réduire cette condition à l’expression « casier judiciaire vierge ».

Formation

Selon la certification suivie, la formation permettant d’accéder aux activités de surveillance humaine peut notamment couvrir :

  • le cadre juridique de la sécurité privée ;
  • la déontologie ;
  • les libertés publiques ;
  • la prévention des risques ;
  • la gestion des conflits ;
  • la surveillance ;
  • le contrôle d’accès ;
  • les premiers secours ;
  • la transmission des informations ;
  • la rédaction professionnelle.

L’agent doit ensuite connaître les procédures spécifiques du magasin dans lequel il est affecté.

Conditions de travail

L’agent exerce principalement debout et à l’intérieur de l’établissement, dans des zones fréquentées par le public.

Selon les horaires du commerce, il peut travailler :

  • en journée ;
  • en soirée ;
  • le samedi ;
  • le dimanche lorsque le magasin est ouvert ;
  • certains jours fériés.

Les périodes de forte fréquentation, comme les soldes ou les fêtes de fin d’année, peuvent nécessiter une vigilance accrue.

Le travail de nuit n’est pas une caractéristique intrinsèque du métier : il dépend de l’organisation et des horaires de l’établissement.

Rémunération et classification

L’Agent de sécurité magasin arrière-caisse appartient à la filière distribution de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité.

Sa classification minimale est :

coefficient 140.

Il se distingue ainsi conventionnellement des deux autres emplois-repères historiques de la sécurité en magasin :

Emploi-repèreCoefficient
Agent de sécurité magasin prévention vols130
Agent de sécurité magasin vidéo130
Agent de sécurité magasin arrière-caisse140

La rémunération doit être déterminée à partir de la grille conventionnelle en vigueur, à laquelle peuvent s’ajouter les majorations, indemnités ou éléments de rémunération applicables.

Il est préférable de supprimer l’ancienne indication d’un salaire « autour de 1 700 € brut par mois », désormais trop datée.

Évolution professionnelle

L’expérience acquise en distribution peut permettre d’envisager différentes évolutions, selon les compétences et qualifications obtenues :

  • autres fonctions de sécurité en distribution ;
  • agent magasin vidéo ;
  • fonctions de prévention des vols ;
  • chef de poste ;
  • fonctions de coordination ;
  • exploitation ;
  • autres spécialités de la sécurité privée.

Une évolution vers la sécurité incendie ou la sécurité cynophile nécessite cependant les qualifications spécifiques correspondant à ces activités.

Elle n’est pas automatique du seul fait de l’expérience en arrière-caisse.

À retenir

L’Agent de sécurité magasin arrière-caisse :

  • est un emploi-repère officiel de la filière distribution ;
  • exerce dans les établissements commerciaux ;
  • travaille principalement au niveau des accès de la surface de vente et des terminaux de paiement ;
  • contribue à prévenir les vols et actes de malveillance ;
  • assure une présence préventive et dissuasive ;
  • contrôle l’application des procédures d’accès ;
  • s’assure, dans le cadre de ses missions, que les articles détenus après le passage aux terminaux de paiement ont été acquittés ;
  • détecte les comportements potentiellement frauduleux ou dangereux ;
  • rend compte de ses constatations ;
  • ne vérifie pas la pertinence des moyens de paiement ;
  • n’a pas pour mission de vérifier les pièces d’identité des clients ;
  • n’a pas pour mission générale de gérer les espèces ou les coffres ;
  • porte obligatoirement la tenue professionnelle prévue par la réglementation ;
  • doit disposer d’un moyen de communication fonctionnel ;
  • peut participer à une interpellation uniquement dans les conditions prévues par la loi et la fiche conventionnelle ;
  • exerce une mission exclusivement préventive et dissuasive en l’absence d’un représentant du client dans le cadre prévu par cette fiche ;
  • doit disposer d’une carte professionnelle CNAPS valide pour l’activité réglementée exercée ;
  • relève du coefficient conventionnel 140.

L’agent arrière-caisse constitue ainsi un professionnel spécialisé de la sécurité des espaces commerciaux, dont la fonction repose sur la visibilité, l’observation, la prévention et l’application rigoureuse des procédures.

Informations et recrutement

Avant de candidater, il est recommandé de vérifier :

  • l’aptitude professionnelle demandée ;
  • la validité de la carte professionnelle CNAPS ;
  • les missions exactes prévues par la fiche de poste ;
  • les horaires de l’établissement ;
  • les procédures internes du magasin ;
  • la classification conventionnelle appliquée ;
  • les éventuelles formations complémentaires demandées par l’employeur.

Sources et références

Les missions exactes doivent rester conformes à la fiche conventionnelle, au Code de la sécurité intérieure, aux consignes écrites de l’employeur et à la réglementation applicable. L’agent de sécurité privée ne dispose pas des pouvoirs généraux des forces de police ou de gendarmerie.