Agent de sécurité magasin vidéo
L’agent de sécurité magasin vidéo est un professionnel de la sécurité privée spécialisé dans la surveillance vidéo des espaces commerciaux. Il exerce principalement depuis un poste de sécurité équipé de systèmes de visualisation permettant d’observer les zones couvertes par les caméras.
Son rôle consiste à observer, détecter et prévenir les vols et actes de malveillance à l’intérieur du magasin et de ses annexes, dans les limites du périmètre couvert par le dispositif vidéo.
Il travaille en coordination avec les agents présents sur la surface de vente, notamment les agents de sécurité magasin prévention vols et les agents magasin arrière-caisse.
L’« Agent de sécurité magasin vidéo » constitue un emploi-repère officiel de la filière distribution de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité.
Quel est le rôle de l’agent de sécurité magasin vidéo ?
Son activité peut être résumée ainsi :
observer → détecter → localiser → transmettre → suivre → rendre compte.
Depuis son poste de surveillance, il utilise les moyens vidéo mis à sa disposition pour repérer des situations nécessitant l’attention des équipes de sécurité.
Ses missions comprennent notamment :
- surveiller les zones couvertes par les caméras ;
- détecter et localiser les personnes suspectées de vol ou d’actes de malveillance ;
- rechercher des indices permettant de caractériser une situation ;
- suivre une situation à l’aide des moyens vidéo ;
- transmettre les informations aux agents présents sur le terrain ;
- surveiller prioritairement certaines opérations sensibles prévues par les procédures ;
- informer les représentants du client des incidents ou accidents conformément aux consignes ;
- renseigner la main courante ;
- rédiger des rapports de constatation.
La fiche conventionnelle prévoit précisément ces différentes missions.
Une surveillance limitée au périmètre vidéo
L’agent n’a évidemment pas une vision complète de l’établissement.
Son activité est limitée :
- aux caméras disponibles ;
- aux zones effectivement couvertes ;
- aux angles de vue disponibles ;
- aux équipements auxquels il est autorisé à accéder.
Il doit donc connaître précisément :
- l’implantation des caméras ;
- les zones couvertes ;
- les éventuels angles morts ;
- l’organisation du magasin ;
- les entrées et sorties ;
- les zones sensibles ;
- les procédures de communication avec les agents terrain.
Cette connaissance du site lui permet de transmettre rapidement une localisation exploitable à ses collègues.
Détection des vols et actes de malveillance
L’une de ses principales missions consiste à détecter des faits pouvant correspondre à :
- un vol ;
- une dissimulation de marchandise ;
- une dégradation ;
- une fraude ;
- un acte de malveillance ;
- une situation inhabituelle nécessitant une vérification.
L’agent doit cependant conserver une approche objective et factuelle.
Un comportement inhabituel ne constitue pas automatiquement une infraction.
L’observation doit donc porter sur des faits réellement constatés, et non sur des suppositions liées à l’apparence d’une personne.
Observer sans discriminer
La surveillance vidéo ne peut pas être utilisée pour cibler arbitrairement certaines catégories de personnes.
L’agent doit respecter les libertés publiques, la dignité des personnes et les règles de non-discrimination.
Son attention doit reposer sur :
- des faits ;
- des comportements observables ;
- des événements ;
- des informations opérationnelles pertinentes.
L’origine réelle ou supposée, la religion, le sexe, le handicap, l’orientation sexuelle ou tout autre critère discriminatoire ne peut constituer un motif de surveillance ciblée.
Coordination avec l’agent prévention vols
L’efficacité du dispositif repose largement sur la coopération entre le poste vidéo et les agents présents dans la surface commerciale.
Lorsqu’une situation est détectée, l’agent vidéo peut transmettre :
- la localisation ;
- la description utile de la situation ;
- le déplacement observé ;
- les faits constatés ;
- les informations nécessaires à l’intervention.
L’agent terrain peut alors poursuivre l’observation ou appliquer les procédures prévues.
La convention prévoit notamment que l’agent vidéo puisse prévenir l’agent prévention vols et/ou l’agent entrée-sortie et arrière-caisse lorsqu’une personne ou un acte de malveillance a été repéré.
Suivi vidéo d’une intervention
Lorsqu’un agent terrain intervient, l’agent vidéo peut continuer à suivre la situation grâce aux caméras disponibles.
Il peut ainsi :
- maintenir le suivi visuel ;
- transmettre les déplacements observés ;
- signaler une évolution de la situation ;
- apporter des informations aux agents ;
- conserver une vision globale de la zone.
La fiche conventionnelle prévoit expressément le suivi vidéo du déroulement du processus d’identification, de contrôle et d’interpellation.
Cela ne signifie pas que l’agent vidéo dirige systématiquement l’intervention : les responsabilités dépendent de l’organisation et des consignes de l’établissement.
Surveillance des transports de fonds et de valeurs
La fiche conventionnelle prévoit également que l’agent magasin vidéo assure de manière prioritaire la surveillance vidéo des opérations de transport de fonds et de valeurs.
Il peut ainsi surveiller les zones concernées pendant le déroulement de l’opération et signaler immédiatement toute situation inhabituelle conformément aux procédures.
Il ne se substitue toutefois pas aux professionnels du transport de fonds.
Un rôle qui dépasse la seule prévention du vol
Même si la prévention des vols constitue une mission centrale, l’agent peut également détecter grâce aux images :
- une altercation ;
- un accident ;
- une chute ;
- un mouvement de foule ;
- une dégradation ;
- un comportement dangereux ;
- une situation nécessitant l’intervention d’un agent.
Lorsqu’une situation entre dans le périmètre de ses consignes, il transmet l’information aux personnes compétentes.
Il doit toutefois rester dans les limites des missions correspondant à son emploi et des consignes écrites de son employeur.
Le poste de surveillance vidéo
L’agent exerce généralement depuis un espace sécurisé dont l’accès est limité aux personnes autorisées.
Le poste peut comprendre :
- plusieurs écrans ;
- une interface de gestion vidéo ;
- des moyens de communication ;
- une main courante informatisée ou papier ;
- différents équipements techniques nécessaires à la prestation.
L’environnement de travail nécessite une concentration prolongée.
L’agent doit être capable de surveiller plusieurs informations sans perdre sa vigilance.
Vidéosurveillance ou vidéoprotection ?
Les deux termes sont fréquemment employés dans le langage courant, mais ils peuvent correspondre à des cadres juridiques différents selon les lieux concernés.
Dans un magasin accueillant du public, l’utilisation de caméras doit respecter les dispositions applicables au système concerné.
L’agent ne peut consulter les images simplement parce qu’il travaille dans l’établissement : il doit être autorisé à accéder au dispositif dans le cadre de ses fonctions.
Protection des images et confidentialité
Les images provenant des caméras constituent des données sensibles du point de vue de la sécurité et de la protection de la vie privée.
L’agent doit respecter une stricte confidentialité.
Il ne doit notamment pas :
- utiliser les images à des fins personnelles ;
- photographier les écrans avec son téléphone ;
- diffuser des séquences sur les réseaux sociaux ;
- transmettre des images à des personnes non autorisées ;
- utiliser le dispositif pour observer une personne sans motif professionnel.
L’accès aux images doit rester lié aux finalités du dispositif et aux missions confiées.
Conservation et extraction des images
L’agent vidéo n’est pas nécessairement autorisé à décider lui-même de l’extraction ou de la transmission d’une séquence.
Ces opérations doivent respecter :
- les règles applicables au dispositif ;
- les procédures internes ;
- les habilitations des personnes concernées ;
- les demandes légalement formulées par les autorités compétentes.
L’agent doit donc connaître précisément ses droits d’accès et ses limites.
Rédaction des rapports
Lorsqu’un incident survient, l’agent peut être chargé de renseigner :
- une main courante ;
- une fiche d’événement ;
- un rapport ;
- un autre support prévu par l’entreprise.
Le compte rendu doit être :
factuel, précis, chronologique et objectif.
Il peut notamment mentionner :
- l’heure ;
- la caméra ou la zone concernée ;
- les faits observés ;
- le déroulement de la situation ;
- les informations transmises ;
- les personnes prévenues ;
- les mesures prises.
L’agent doit distinguer clairement ce qu’il a personnellement observé sur les images de ce qui lui a été rapporté par un tiers.
Agent vidéo et opérateur de télésurveillance : deux métiers différents
L’agent de sécurité magasin vidéo ne doit pas être confondu avec l’opérateur de télésurveillance.
L’agent magasin vidéo travaille dans le cadre d’un établissement commercial et surveille principalement les images du magasin et de ses annexes.
L’opérateur de télésurveillance exerce quant à lui depuis une station de télésurveillance et traite à distance les informations et alarmes provenant potentiellement de nombreux sites.
Il s’agit de deux emplois-repères distincts, relevant de filières conventionnelles différentes.
Agent vidéo et opérateur de vidéoprotection : attention à la confusion
Il faut également distinguer l’agent magasin vidéo de l’opérateur de vidéoprotection travaillant, par exemple, dans un centre de supervision urbain pour une collectivité.
Même si les deux métiers utilisent des systèmes vidéo, leurs :
- employeurs ;
- finalités ;
- missions ;
- environnements ;
- cadres juridiques ;
peuvent être différents.
La présente fiche concerne spécifiquement l’agent de sécurité magasin vidéo de la sécurité privée.
Comment devenir agent de sécurité magasin vidéo ?
L’activité appartient au secteur réglementé de la sécurité privée.
Le professionnel doit notamment satisfaire aux conditions permettant d’exercer les activités de surveillance et disposer d’une carte professionnelle CNAPS valide correspondant à l’activité exercée.
Il doit justifier de l’aptitude professionnelle requise par les textes.
L’ancien article présentait le CAP Agent de sécurité comme le parcours conseillé. Il s’agit effectivement d’une voie possible, mais ce n’est pas l’unique possibilité.
Différents titres ou certifications reconnus peuvent permettre de justifier l’aptitude professionnelle nécessaire.
La carte professionnelle CNAPS
Pour exercer les activités réglementées correspondantes, le professionnel doit disposer d’une carte professionnelle délivrée par le CNAPS lorsque les conditions légales sont satisfaites.
L’instruction de la demande comprend notamment une enquête administrative.
Il est donc préférable de parler de conditions de moralité et de compatibilité avec l’exercice d’une activité privée de sécurité, plutôt que d’utiliser la formule trop générale de « moralité irréprochable ».
La carte doit ensuite être renouvelée conformément aux règles en vigueur.
Formation
Selon la certification suivie, la formation professionnelle peut notamment aborder :
- le cadre juridique de la sécurité privée ;
- le Code de la sécurité intérieure ;
- la déontologie ;
- les libertés publiques ;
- la prévention des risques ;
- la gestion des conflits ;
- la surveillance ;
- la transmission des informations ;
- la rédaction professionnelle ;
- les premiers secours.
Pour travailler spécifiquement en magasin vidéo, l’agent doit également maîtriser les compétences nécessaires à l’utilisation des équipements et aux procédures propres à l’établissement.
Compétences spécifiques à la surveillance vidéo
Le métier demande notamment :
- une excellente capacité d’observation ;
- une concentration durable ;
- une bonne mémoire visuelle ;
- une capacité à suivre plusieurs événements ;
- une utilisation efficace des outils vidéo ;
- une communication rapide et précise ;
- une capacité à localiser une personne ou un événement ;
- une bonne connaissance du magasin ;
- une rédaction professionnelle ;
- une grande discrétion.
L’agent doit également être capable de conserver son attention malgré le caractère parfois répétitif de la surveillance.
Port de la tenue
Contrairement à l’agent magasin prévention vols, pour lequel la fiche conventionnelle prévoit une exception au port obligatoire de l’uniforme, la fiche de l’agent de sécurité magasin vidéo prévoit expressément le port obligatoire de l’uniforme prévu par la réglementation en vigueur.
Même s’il travaille principalement dans un local vidéo et n’est pas directement visible du public, cette obligation demeure attachée à cet emploi-repère.
Conditions de travail
L’agent exerce principalement en intérieur, généralement dans un poste de sécurité.
Son activité peut comprendre :
- de longues périodes devant les écrans ;
- des horaires variables ;
- le travail le samedi ;
- le dimanche lorsque l’établissement est ouvert ;
- les jours fériés ;
- des périodes de forte activité.
Les soldes, fêtes de fin d’année et opérations commerciales peuvent notamment augmenter la charge de surveillance.
Une organisation adaptée des postes et des pauses est importante afin de limiter la baisse de vigilance liée à la surveillance prolongée des écrans.
Rémunération et classification en 2026
L’Agent de sécurité magasin vidéo appartient à la filière distribution de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité.
Depuis la classification applicable au 1er mars 2026, son classement minimal demeure :
Agent de sécurité magasin vidéo : coefficient 130.
La filière distribution distingue notamment :
| Emploi-repère | Coefficient minimal |
|---|---|
| Agent de sécurité magasin prévention vols | 130 |
| Agent de sécurité magasin vidéo | 130 |
| Agent de sécurité magasin arrière-caisse | 140 |
La rémunération réelle dépend ensuite de la grille salariale en vigueur, de l’ancienneté, des horaires, des majorations et des dispositions applicables dans l’entreprise.
Il est préférable de consulter la grille conventionnelle actualisée plutôt que de publier un salaire mensuel qui deviendrait rapidement obsolète.
Évolutions professionnelles
Avec l’expérience et, lorsque nécessaire, des formations complémentaires, l’agent peut évoluer vers :
- chef d’équipe ;
- chef de poste ;
- fonctions de coordination ;
- fonctions d’exploitation ;
- prévention des pertes ;
- autres spécialités de la sécurité privée ;
- fonctions liées à la vidéo ou à la supervision lorsque les qualifications nécessaires sont acquises.
Ces évolutions ne sont pas automatiques et dépendent des compétences, des qualifications et des opportunités proposées par l’employeur.
À retenir
L’Agent de sécurité magasin vidéo :
- est un emploi-repère officiel de la filière distribution ;
- travaille principalement depuis un poste de surveillance vidéo ;
- observe les zones du magasin couvertes par les caméras ;
- détecte et localise les situations suspectes ;
- contribue à la prévention des vols et actes de malveillance ;
- transmet les informations aux agents présents sur le terrain ;
- travaille notamment avec les agents prévention vols et arrière-caisse ;
- assure prioritairement la surveillance vidéo des opérations de transport de fonds et valeurs lorsqu’elles se déroulent dans son périmètre ;
- peut suivre par vidéo le déroulement d’une intervention ;
- renseigne les supports de traçabilité et rédige des rapports ;
- doit respecter strictement la confidentialité et les libertés publiques ;
- doit disposer des autorisations nécessaires pour accéder aux images ;
- doit posséder une carte professionnelle CNAPS valide correspondant à l’activité exercée ;
- est soumis au port de l’uniforme prévu par la réglementation pour cet emploi-repère ;
- relève du coefficient conventionnel 130 en 2026.
L’agent magasin vidéo constitue ainsi l’œil du dispositif de sécurité du magasin, mais son efficacité dépend autant de sa capacité d’observation que de la qualité de ses transmissions et de sa coordination avec les agents présents sur le terrain.
Informations et recrutement
Avant de suivre une formation ou de répondre à une offre d’emploi, il convient de vérifier :
- l’aptitude professionnelle exigée ;
- la validité de la carte professionnelle CNAPS ;
- les compétences vidéo demandées ;
- les modalités d’accès aux images ;
- les missions exactes prévues par le contrat ;
- les horaires ;
- la classification conventionnelle appliquée.
Sources et références
- Légifrance – Agent de sécurité magasin vidéo, fiche conventionnelle
- Légifrance – Fiches des spécialités de la Convention collective
- Légifrance – Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité
- CNAPS – Site officiel
- CCI Paris Île-de-France – Agent de sécurité magasin vidéo
- Onisep – CAP Agent de sécurité
Les missions exactes, l’accès aux systèmes vidéo, les procédures et l’organisation du poste dépendent de l’entreprise, du contrat et de l’établissement concerné. Les dispositions réglementaires et conventionnelles en vigueur doivent être vérifiées pour chaque situation.
