Chef d’équipe en sûreté aéroportuaire
Le chef d’équipe en sûreté aéroportuaire est un professionnel chargé de superviser directement des agents réalisant des contrôles de sûreté de l’aviation civile. Il veille au bon déroulement des opérations, à l’application des procédures réglementaires et à la qualité des contrôles réalisés par son équipe.
Il peut intervenir dans différents environnements aéroportuaires : postes d’inspection-filtrage, zones réservées, contrôle des personnels et de leurs objets, bagages, fret, approvisionnements ou autres activités de sûreté, selon les qualifications détenues et les missions confiées.
L’appellation « chef d’équipe » ne signifie pas qu’il est responsable de l’ensemble d’un terminal ou d’un aéroport. Son périmètre correspond généralement à une équipe, un secteur ou plusieurs postes de contrôle placés sous sa supervision.
Quel est le rôle du chef d’équipe ?
Le chef d’équipe assure la coordination opérationnelle des agents placés sous sa responsabilité.
Il doit notamment veiller :
- au bon fonctionnement des postes de contrôle ;
- à l’application des procédures de sûreté ;
- à la répartition des agents ;
- à la qualité des contrôles ;
- au respect des consignes ;
- au traitement des anomalies ;
- à la remontée des incidents ;
- au maintien des compétences nécessaires ;
- à la continuité de la prestation.
Il constitue un relais entre les agents de sûreté et l’encadrement opérationnel.
Supervision des opérations de sûreté
La supervision constitue le cœur de la fonction.
Selon son périmètre, le chef d’équipe peut superviser des agents réalisant différentes opérations telles que :
- inspection-filtrage des passagers ;
- inspection-filtrage des bagages de cabine ;
- contrôle des personnels ;
- contrôle des objets transportés ;
- inspection-filtrage des bagages de soute ;
- contrôle du fret ou du courrier ;
- contrôle d’approvisionnements ;
- protection ou fouille de sûreté d’aéronefs ;
- contrôle d’accès à certaines zones réglementées.
Les missions exactes dépendent des activités concernées et des formations et compétences réglementaires détenues par les personnels.
Organisation de l’équipe
Le chef d’équipe organise le fonctionnement opérationnel de son secteur.
Il peut notamment :
- répartir les agents sur les postes ;
- organiser certaines rotations ;
- vérifier la prise de service ;
- tenir compte des qualifications de chacun ;
- gérer les besoins immédiats du dispositif ;
- transmettre les consignes ;
- maintenir la continuité des opérations ;
- rendre compte à son responsable.
Cette organisation doit respecter les procédures de sûreté ainsi que les règles applicables à l’organisation du travail.
Contrôle de l’application des procédures
La sûreté de l’aviation civile repose sur des procédures particulièrement encadrées.
Le chef d’équipe doit donc vérifier que les agents :
- utilisent correctement les équipements ;
- appliquent les méthodes de contrôle prévues ;
- respectent les procédures ;
- connaissent les conduites à tenir ;
- signalent les anomalies ;
- appliquent les mesures complémentaires lorsqu’elles sont nécessaires.
Son rôle n’est pas seulement d’obtenir un débit satisfaisant : la conformité et la qualité des contrôles de sûreté restent prioritaires.
Gestion des situations particulières
Le chef d’équipe peut être sollicité lorsqu’un agent rencontre une difficulté nécessitant l’intervention d’un niveau de supervision.
Il doit alors être capable :
d’analyser la situation → faire appliquer la procédure adaptée → mobiliser les interlocuteurs compétents → assurer la traçabilité → rendre compte.
Selon les circonstances, il peut être amené à traiter ou faire remonter :
- une anomalie lors d’un contrôle ;
- un objet nécessitant des vérifications complémentaires ;
- un problème avec un équipement ;
- une difficulté d’accès ;
- un comportement problématique ;
- une incompréhension avec un passager ou un personnel ;
- une situation perturbant le fonctionnement du poste.
Les situations dépassant ses compétences doivent être transmises aux responsables ou services compétents.
Management de proximité
Le chef d’équipe exerce une fonction de management opérationnel de proximité.
Il doit être capable de :
- donner des instructions claires ;
- répartir les responsabilités ;
- observer le travail réalisé ;
- corriger un écart ;
- accompagner les agents ;
- gérer certaines difficultés relationnelles ;
- maintenir la cohésion de l’équipe ;
- faire respecter les procédures.
La fonction nécessite donc autant de compétences humaines que de connaissances techniques.
Qualité des contrôles et performance
Dans un aéroport, le chef d’équipe doit concilier plusieurs impératifs.
Il doit contribuer à maintenir :
sûreté + conformité + qualité + fluidité des opérations.
La pression liée aux flux de passagers ou à l’activité aéroportuaire ne doit jamais conduire à réduire la qualité des contrôles prévus.
Le chef d’équipe doit donc savoir organiser les ressources disponibles tout en conservant le niveau de sûreté exigé.
Peut-il exercer les missions d’un agent de sûreté ?
Selon ses qualifications, son affectation et les besoins opérationnels, un chef d’équipe peut également être amené à exercer certaines missions opérationnelles.
Cela suppose qu’il dispose des formations, certifications, compétences et autorisations nécessaires à l’activité concernée.
Le titre de chef d’équipe ne lui permet pas automatiquement d’exercer n’importe quelle mission de sûreté aéroportuaire.
Une profession fortement réglementée
La sûreté de l’aviation civile est encadrée à la fois par le droit européen et la réglementation française.
Le texte européen central est notamment le règlement d’exécution (UE) 2015/1998, qui fixe des mesures détaillées pour la mise en œuvre des normes communes de base dans le domaine de la sûreté de l’aviation civile.
En France, l’arrêté du 11 septembre 2013 relatif aux mesures de sûreté de l’aviation civile, régulièrement modifié, précise de nombreuses modalités d’application.
La réglementation distingue plusieurs catégories de personnels et de formations selon les contrôles effectivement réalisés.
La formation 11.2.4
Le point 11.2.4 du règlement européen 2015/1998 concerne spécifiquement les personnes supervisant directement des personnes effectuant des contrôles de sûreté.
Cette qualification est donc particulièrement importante pour la fonction de chef d’équipe.
La réglementation française fixe des durées différentes en fonction des activités supervisées.
Depuis les modifications réglementaires intervenues en 2026, la formation périodique 11.2.4 est notamment fixée à 21 heures pour la supervision directe des personnels réalisant les contrôles relevant des points 11.2.3.1 à 11.2.3.5, hors cas particulier du contrôle visuel et de la fouille manuelle relevant du 11.2.3.3. Sa périodicité est de cinq ans.
Pour la supervision de certaines activités relevant des points 11.2.3.6 à 11.2.3.11, la durée réglementaire indiquée est de 10 h 30, également avec une périodicité de cinq ans.
Il est donc incorrect de présenter aujourd’hui un « tronc commun de 41 heures » comme une règle générale permettant à lui seul de devenir chef d’équipe.
Formation initiale, périodique et maintien des compétences
Les personnels de sûreté doivent maintenir leurs compétences conformément aux exigences correspondant aux fonctions qu’ils exercent.
Les formations sont adaptées :
- aux activités réalisées ;
- aux équipements utilisés ;
- aux contrôles supervisés ;
- aux compétences réglementaires concernées.
La DGAC précise également les conditions applicables aux instructeurs chargés de dispenser les différentes formations de sûreté.
Les candidats et employeurs doivent donc vérifier le parcours réglementaire correspondant précisément aux missions du poste, plutôt que de se référer à une durée globale de formation.
Formation sur le tas
La réglementation prévoit également, pour certaines fonctions de sûreté, une formation sur le tas.
Depuis les évolutions réglementaires de juin 2026, l’employeur doit notamment s’assurer et attester que l’agent a suivi avec succès la formation sur le tas correspondante avant de l’autoriser à effectuer sans supervision certains contrôles concernés.
Cette dimension pratique complète les enseignements théoriques et techniques.
Certification des agents
Certaines fonctions d’inspection-filtrage nécessitent également une certification individuelle conformément à la réglementation applicable.
Il faut donc distinguer :
formation → compétences réglementaires → certification lorsqu’elle est requise → habilitations/autorisations nécessaires → exercice de la fonction → maintien des compétences.
Un chef d’équipe doit lui-même disposer des qualifications correspondant aux activités qu’il réalise personnellement.
Carte professionnelle CNAPS
Lorsque le chef d’équipe est salarié d’une entreprise privée de sécurité et exerce une activité relevant du livre VI du Code de la sécurité intérieure, les obligations applicables à la sécurité privée doivent également être respectées.
Selon les fonctions exercées, cela peut notamment concerner la carte professionnelle CNAPS correspondant à l’activité de sûreté aéroportuaire.
Les exigences de sûreté de l’aviation civile et celles relatives à l’exercice d’une activité privée de sécurité sont donc complémentaires lorsqu’elles s’appliquent.
Accès aux zones réglementées
L’activité aéroportuaire peut nécessiter l’accès à des zones de sûreté à accès réglementé.
Cet accès est soumis aux procédures et autorisations prévues par la réglementation.
La formation 11.2.6.2 concerne notamment les personnes nécessitant un accès sans escorte à ces zones. La réglementation française actualisée en 2026 prévoit pour cette formation une durée de 2 heures et une périodicité de trois ans.
L’accès aux différentes zones ne résulte donc pas simplement du statut de chef d’équipe.
Équipements de sûreté
Selon le poste supervisé, les équipes peuvent utiliser différents équipements de contrôle.
Le chef d’équipe doit comprendre leur fonctionnement opérationnel dans la limite de ses qualifications.
Il peut notamment être confronté à des dispositifs destinés :
- à l’inspection-filtrage ;
- à la détection de métaux ;
- à la détection de traces ;
- à l’analyse d’images ;
- au contrôle des accès.
Les technologies et procédures évoluent régulièrement, ce qui impose un maintien permanent des compétences.
Environnement de travail
Le chef d’équipe peut travailler dans différentes zones d’un aéroport :
- terminal ;
- poste d’inspection-filtrage ;
- accès professionnels ;
- zone réservée ;
- installations de fret ;
- zones logistiques ;
- installations liées aux approvisionnements ;
- secteurs opérationnels.
Le métier implique généralement une activité importante au contact des équipes et des flux.
Horaires de travail
L’activité aéroportuaire fonctionne sur des amplitudes horaires importantes et, sur certaines plateformes, en continu.
Le chef d’équipe peut donc travailler :
- tôt le matin ;
- en journée ;
- en soirée ;
- de nuit ;
- les week-ends ;
- les jours fériés.
Les horaires dépendent du contrat, de la plateforme, des vols et de l’organisation de l’employeur.
Il n’existe pas un horaire national unique correspondant à cette fonction.
Compétences professionnelles
Le chef d’équipe doit notamment disposer de compétences en :
- sûreté aéroportuaire ;
- réglementation ;
- supervision ;
- management ;
- communication ;
- organisation ;
- contrôle qualité ;
- gestion des incidents ;
- utilisation des équipements correspondant à son périmètre ;
- rédaction de comptes rendus.
Il doit également être capable d’intégrer rapidement les évolutions réglementaires.
Qualités requises
La fonction nécessite notamment :
- rigueur ;
- vigilance ;
- réactivité ;
- sens des responsabilités ;
- autorité adaptée ;
- maîtrise de soi ;
- diplomatie ;
- capacité d’observation ;
- esprit d’équipe ;
- organisation ;
- capacité de décision ;
- résistance au stress ;
- disponibilité ;
- capacité à rendre compte.
Le chef d’équipe doit pouvoir intervenir rapidement lorsqu’une situation risque d’affecter la qualité ou la conformité d’un contrôle de sûreté.
Statut
Le chef d’équipe de sûreté aéroportuaire travaillant pour une entreprise privée reste un salarié de droit privé.
Il ne doit pas être assimilé :
- à un policier ;
- à un gendarme ;
- à un douanier ;
- à un agent de l’État chargé de la sûreté aérienne.
Les agents privés réalisent les missions qui leur sont confiées dans le cadre légal et réglementaire correspondant à leur activité.
Rémunération
Il n’existe pas de salaire national unique pour tous les chefs d’équipe en sûreté aéroportuaire.
La rémunération dépend notamment :
- de l’employeur ;
- de la classification conventionnelle ;
- de l’ancienneté ;
- des responsabilités ;
- des horaires ;
- du travail de nuit ;
- des dimanches et jours fériés ;
- des primes et indemnités applicables ;
- de la plateforme concernée.
Lorsque l’entreprise relève de la branche de la prévention et de la sécurité, la rémunération doit être appréciée au regard de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité et des dispositions applicables aux activités concernées.
Évolution professionnelle
L’expérience acquise peut permettre d’évoluer vers des fonctions telles que :
Agent de sûreté aéroportuaire → Chef d’équipe → Superviseur / Responsable opérationnel → Responsable de site / Responsable d’exploitation
Les intitulés et niveaux hiérarchiques varient selon les entreprises.
D’autres évolutions sont possibles vers :
- formation ;
- qualité ;
- exploitation ;
- management ;
- fonctions spécialisées de sûreté aéroportuaire,
sous réserve de satisfaire aux conditions correspondantes.
À retenir
Le chef d’équipe en sûreté aéroportuaire :
- supervise directement des agents de sûreté ;
- veille à la bonne application des procédures ;
- organise le fonctionnement opérationnel de son équipe ;
- contrôle la qualité des missions ;
- intervient lorsqu’une difficulté nécessite un niveau de supervision ;
- assure la transmission des informations ;
- contribue au maintien des compétences ;
- travaille dans un environnement fortement réglementé ;
- doit disposer des qualifications correspondant aux activités qu’il supervise ou exerce ;
- peut être concerné par la formation réglementaire 11.2.4 ;
- ne doit pas être présenté comme automatiquement responsable de l’ensemble d’un terminal ou d’un aéroport.
Il constitue ainsi un maillon essentiel de l’encadrement opérationnel de proximité, chargé de garantir que les contrôles sont réalisés conformément aux exigences de sûreté de l’aviation civile.
Informations et réglementation
Les règles relatives à la sûreté aéroportuaire évoluent régulièrement. Une modification importante de l’arrêté français relatif aux mesures de sûreté de l’aviation civile est notamment entrée en vigueur en juin 2026, avec des évolutions concernant plusieurs formations et leurs périodicités.
Pour toute formation ou candidature, il convient donc de vérifier les exigences correspondant aux fonctions et typologies de contrôle réellement concernées.
Sources et références
- Ministère chargé des Transports – Formation à la sûreté de l’aviation civile
- Légifrance – Arrêté du 8 juin 2026 modifiant les mesures de sûreté de l’aviation civile
- Légifrance – Formation 11.2.4 et périodicités applicables en 2026
- Règlement d’exécution (UE) 2015/1998 de la Commission du 5 novembre 2015 relatif aux mesures détaillées pour la mise en œuvre des normes communes de base dans le domaine de la sûreté de l’aviation civile.
- Code de la sécurité intérieure – Livre VI, lorsque l’activité relève de la sécurité privée.
Les formations, certifications, habilitations, autorisations d’accès et compétences nécessaires varient selon les missions exercées. Les textes applicables et les informations de la DGAC doivent être vérifiés avant toute démarche de formation ou de recrutement.
