Agent de sécurité opérateur filtrage

Agent de sécurité opérateur filtrage

L’agent de sécurité opérateur filtrage est un professionnel de la sécurité privée spécialisé dans le contrôle d’objets et l’exploitation des informations fournies par des appareils de contrôle et de détection.

Son objectif est d’empêcher l’introduction d’objets illicites ou interdits dans une zone strictement définie, conformément aux procédures applicables sur le site.

Dans la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité, il faut distinguer deux emplois-repères : agent de sécurité filtrage, coefficient 140, et agent de sécurité opérateur filtrage, coefficient 150. Cette distinction est toujours présente dans la classification conventionnelle applicable depuis le 1er mars 2026.

Important : cette fiche concerne le filtrage hors zone de sûreté aéroportuaire. La sûreté aéroportuaire relève d’un environnement réglementaire et de formations spécifiques. La définition conventionnelle de l’agent de sécurité filtrage précise expressément qu’il intervient hors zone de sûreté aéroportuaire.

Quel est le rôle de l’agent de sécurité opérateur filtrage ?

L’agent intervient généralement à un point de contrôle ou d’accès sécurisé.

Son activité consiste principalement à exploiter les informations fournies par les équipements de contrôle afin de détecter une anomalie ou la présence éventuelle d’un objet interdit.

Selon le dispositif mis en place, il peut notamment :

  • interpréter les informations fournies par les appareils de contrôle ;
  • examiner les informations ou images produites par certains équipements ;
  • interpréter les alarmes ;
  • vérifier la concordance entre un objet et son détenteur ;
  • appliquer les procédures prévues lorsqu’une anomalie est détectée ;
  • effectuer ou faire effectuer une levée de doute ;
  • signaler une situation nécessitant l’intervention d’un responsable ;
  • alerter les services compétents lorsque la situation dépasse ses prérogatives ;
  • rendre compte à sa hiérarchie.

L’agent agit toujours dans le cadre des consignes, de ses compétences et de ses prérogatives légales.

Agent de sécurité filtrage et opérateur filtrage : quelle différence ?

Les deux appellations ne doivent pas être systématiquement utilisées comme des synonymes.

La convention collective distingue actuellement :

Emploi-repèreClassification conventionnelle minimale
Agent de sécurité filtrageCoefficient 140
Agent de sécurité opérateur filtrageCoefficient 150

Cette distinction figure dans l’accord relatif aux qualifications professionnelles de la branche.

L’opérateur filtrage correspond à un niveau de spécialisation supérieur dans l’utilisation et l’interprétation des informations provenant des équipements de contrôle.

Il convient donc de déterminer la classification en fonction des missions réellement exercées, et non uniquement de l’intitulé utilisé par l’entreprise.

Missions principales

Les missions peuvent comprendre :

  • contrôle et filtrage d’objets ;
  • utilisation des équipements de contrôle ;
  • interprétation des informations fournies par ces équipements ;
  • identification d’une alarme ou anomalie ;
  • application des procédures de levée de doute ;
  • contrôle de concordance entre l’objet et son détenteur ;
  • transmission des informations ;
  • signalement des anomalies ;
  • application des consignes du site ;
  • rédaction ou renseignement des documents de suivi lorsque nécessaire.

L’agent contribue ainsi au fonctionnement d’un dispositif global de protection du site.

Contrôle des personnes et contrôle des objets : attention aux prérogatives

Le terme « filtrage » peut recouvrir différentes opérations.

Il ne signifie pas que l’agent dispose librement de pouvoirs de contrôle sur les personnes.

Les opérations susceptibles de porter atteinte aux libertés individuelles sont encadrées par le Code de la sécurité intérieure.

L’agent doit donc exercer exclusivement les contrôles correspondant à ses prérogatives légales, sa qualification, sa carte professionnelle et aux consignes applicables.

Une levée de doute doit également être réalisée dans le respect des libertés publiques, ce que rappelle explicitement la définition conventionnelle du métier.

Utilisation des équipements de filtrage

Selon le site et le dispositif de sécurité, l’agent peut travailler avec différents moyens techniques.

Il peut notamment être amené à utiliser ou surveiller :

  • détecteurs de métaux ;
  • dispositifs de détection ;
  • équipements d’inspection ;
  • systèmes de contrôle d’accès ;
  • équipements permettant l’analyse d’objets ;
  • moyens de communication ;
  • systèmes informatiques associés au poste de contrôle.

Tous les postes d’opérateur filtrage ne disposent pas nécessairement des mêmes technologies.

La maîtrise d’un équipement particulier nécessite une formation et des instructions adaptées à son utilisation.

Interprétation des informations

L’une des caractéristiques du métier réside dans la capacité à analyser les informations produites par les appareils de contrôle.

L’agent doit pouvoir :

observer → identifier une anomalie → appliquer la procédure → effectuer ou demander une levée de doute → rendre compte.

Cette activité nécessite une concentration importante.

Une alarme ne signifie pas automatiquement qu’un objet dangereux est présent. L’agent doit suivre la procédure prévue afin de déterminer la conduite à tenir.

Levée de doute

Lorsqu’une anomalie est détectée, l’agent peut être amené à procéder ou à faire procéder à une levée de doute, conformément aux procédures et consignes établies.

Il ne doit pas improviser une méthode de contrôle.

Lorsque l’intervention nécessaire dépasse ses prérogatives, il doit alerter les services compétents. Cette obligation fait partie de la définition conventionnelle de l’emploi.

Où travaille l’agent opérateur filtrage ?

Le métier peut être exercé dans de nombreux environnements nécessitant une maîtrise particulière des accès ou des objets introduits.

Par exemple :

  • sites industriels ;
  • établissements tertiaires ;
  • sièges d’entreprises ;
  • administrations ;
  • infrastructures sensibles ;
  • établissements recevant du public ;
  • événements ;
  • sites à accès réglementé ;
  • installations stratégiques ;
  • sites nécessitant un niveau renforcé de contrôle.

Le nouveau titre professionnel d’agent de sûreté et de sécurité privée, créé en juin 2026, mentionne d’ailleurs parmi ses débouchés les sites industriels à hauts risques, sites à accès réglementé, infrastructures critiques, établissements hospitaliers et grands événements, ainsi que l’emploi d’agent de sécurité filtrage.

Attention à la sûreté aéroportuaire

Un point important doit être corrigé par rapport à certaines anciennes présentations du métier.

L’agent de sécurité filtrage de la filière surveillance ne doit pas être confondu avec l’agent de sûreté aéroportuaire.

La fiche conventionnelle de l’agent de sécurité filtrage précise explicitement que son activité s’exerce hors zone de sûreté aéroportuaire.

Dans un aéroport, les personnels réalisant les contrôles relevant de la sûreté de l’aviation civile sont soumis à un dispositif réglementaire spécifique.

Il est donc préférable de consacrer une fiche métier distincte à l’agent de sûreté aéroportuaire.

Sécurité privée et cadre réglementaire

L’agent opérateur filtrage appartient à la filière de la surveillance humaine et du gardiennage lorsqu’il exerce dans le cadre des activités privées de sécurité correspondantes.

Ces activités sont réglementées par le livre VI du Code de la sécurité intérieure et placées sous le contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS).

L’agent doit respecter :

  • la réglementation de la sécurité privée ;
  • les limites de ses prérogatives ;
  • les consignes de son employeur ;
  • les consignes applicables au site ;
  • les procédures relatives aux équipements utilisés ;
  • les obligations professionnelles et déontologiques applicables.

Comment devenir agent opérateur filtrage ?

L’ancienne formulation indiquant que le CQP APS serait obligatoirement la seule voie d’accès doit être actualisée.

Le CQP APS a été remplacé dans la branche par le TFP APS – Agent de prévention et de sécurité, mais il existe également d’autres titres, diplômes ou dispositifs permettant, selon les situations, de justifier l’aptitude professionnelle nécessaire.

En 2026, un nouveau titre professionnel d’agent de sûreté et de sécurité privée a également été créé par arrêté du 23 juin 2026. Il couvre notamment parmi ses emplois accessibles celui d’agent de sécurité filtrage.

Le parcours exact doit donc être vérifié en fonction de la certification choisie et de l’activité envisagée.

Autorisation préalable et formation

Pour suivre certaines formations permettant d’accéder aux métiers réglementés de la sécurité privée, une autorisation préalable ou provisoire délivrée par le CNAPS peut être nécessaire selon la situation du candidat et la formation concernée.

Après l’obtention de l’aptitude professionnelle correspondante, le candidat doit accomplir les démarches nécessaires pour obtenir la carte professionnelle lui permettant d’exercer l’activité réglementée.

Il est recommandé de vérifier directement les conditions actualisées auprès du CNAPS avant toute inscription en formation.

Carte professionnelle CNAPS

Pour exercer une activité réglementée de surveillance humaine ou de gardiennage, l’agent doit disposer d’une carte professionnelle en cours de validité correspondant à son activité.

La carte professionnelle est délivrée par le CNAPS lorsque les conditions réglementaires sont remplies.

Elle est valable pour une durée déterminée et doit être renouvelée conformément aux procédures applicables.

Le maintien des compétences peut nécessiter une formation de maintien et actualisation des compétences (MAC) avant le renouvellement, selon l’activité concernée.

Compétences professionnelles

L’agent opérateur filtrage doit notamment maîtriser :

  • les procédures de filtrage ;
  • l’utilisation des équipements correspondant à son poste ;
  • l’interprétation des informations et alarmes ;
  • les procédures de levée de doute ;
  • les consignes du site ;
  • la transmission d’informations ;
  • les procédures d’alerte ;
  • les limites de ses prérogatives ;
  • les règles applicables à la sécurité privée.

La maîtrise technique doit être associée à une bonne compréhension du cadre juridique de l’intervention.

Qualités requises

Le métier nécessite notamment :

  • vigilance ;
  • concentration ;
  • rigueur ;
  • capacité d’observation ;
  • réactivité ;
  • maîtrise de soi ;
  • respect des procédures ;
  • courtoisie ;
  • capacité à communiquer ;
  • capacité à travailler en équipe ;
  • ponctualité ;
  • discrétion professionnelle ;
  • capacité à rendre compte.

La concentration est particulièrement importante lorsque l’agent doit interpréter de manière répétée les informations provenant d’équipements de contrôle.

Relation avec le public

Le filtrage place souvent l’agent en contact direct avec des salariés, visiteurs, prestataires ou participants à un événement.

Il doit donc concilier :

efficacité du contrôle + respect des personnes + fermeté + courtoisie.

La convention collective prévoit notamment que l’agent doit faciliter le passage aux appareils de contrôle et préserver le confort des personnes contrôlées.

Une communication claire permet également de limiter les incompréhensions et les situations conflictuelles.

Conditions de travail

Les conditions varient fortement selon le site.

Le poste peut impliquer :

  • travail debout ou assis ;
  • concentration prolongée ;
  • répétition des opérations ;
  • contact permanent avec le public ;
  • environnement bruyant ;
  • périodes de forte affluence ;
  • horaires décalés ;
  • travail de nuit ;
  • week-ends et jours fériés.

Sur certains sites, l’agent peut également exercer d’autres missions de sécurité compatibles avec sa qualification, sa carte professionnelle, sa classification et les consignes de son employeur.

Classification conventionnelle

La Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité distingue clairement les deux emplois.

Agent de sécurité filtrage

Coefficient 140.

Agent de sécurité opérateur filtrage

Coefficient 150.

Ces classifications minimales figurent dans la version de l’accord professionnel applicable depuis le 1er mars 2026.

Cette distinction est importante : présenter systématiquement l’opérateur filtrage au coefficient 140 serait désormais incorrect.

Rémunération

La rémunération dépend notamment :

  • du coefficient conventionnel ;
  • du nombre d’heures réalisées ;
  • de l’ancienneté ;
  • des majorations applicables ;
  • du travail de nuit ;
  • des dimanches et jours fériés ;
  • des primes conventionnelles ou d’entreprise ;
  • des caractéristiques particulières du site.

Il est préférable de ne pas indiquer simplement « autour du SMIC », car la rémunération minimale doit être appréciée à partir de la grille conventionnelle en vigueur et de la classification réellement applicable au salarié.

Évolution professionnelle

Avec de l’expérience et les qualifications nécessaires, l’agent peut évoluer vers des fonctions telles que :

Agent de sécurité → Agent filtrage → Agent opérateur filtrage → Chef de poste / Coordinateur → Chef de site

Les parcours varient selon les entreprises.

Des spécialisations peuvent également être envisagées vers d’autres activités de la sécurité privée, sous réserve d’obtenir les formations, certifications et cartes professionnelles correspondantes.

À retenir

L’agent de sécurité opérateur filtrage :

  • est un professionnel de la sécurité privée ;
  • intervient hors zone de sûreté aéroportuaire dans le cadre de cet emploi-repère ;
  • contribue à empêcher l’introduction d’objets illicites dans une zone définie ;
  • utilise et interprète les informations fournies par des équipements de contrôle ;
  • applique les procédures de levée de doute ;
  • agit dans le respect des libertés publiques ;
  • alerte les services compétents lorsque la situation dépasse ses prérogatives ;
  • doit disposer des qualifications et autorisations correspondant à son activité ;
  • exerce avec une carte professionnelle CNAPS lorsque celle-ci est requise par l’activité réglementée ;
  • se distingue conventionnellement de l’agent de sécurité filtrage ;
  • relève actuellement du coefficient 150 pour l’emploi-repère « agent de sécurité opérateur filtrage », contre 140 pour l’agent de sécurité filtrage.

Le métier associe ainsi vigilance humaine, maîtrise des procédures et utilisation de moyens techniques afin de sécuriser les accès à des espaces nécessitant un contrôle renforcé.

Informations et recrutement

Avant toute formation ou candidature, il convient de vérifier :

  • la nature exacte du poste proposé ;
  • l’activité mentionnée sur la carte professionnelle ;
  • la certification professionnelle demandée ;
  • la formation nécessaire à l’utilisation des équipements ;
  • la classification conventionnelle prévue ;
  • les éventuelles exigences particulières liées au site.

Une annonce utilisant simplement les termes « filtrage » ou « contrôle d’accès » ne signifie pas nécessairement qu’elle correspond à l’emploi-repère agent de sécurité opérateur filtrage.

Sources et références

Les conditions d’accès, formations, certifications et prérogatives peuvent évoluer. Les exigences doivent être vérifiées auprès du CNAPS, de l’organisme certificateur et de l’employeur en fonction de l’activité réellement exercée.