Agent de surveillance armée (ASR)

Agent de surveillance armée (ASR)

L’agent de surveillance armée, couramment désigné ASR, est un professionnel de la sécurité privée autorisé, dans des conditions strictement réglementées, à exercer une mission de surveillance ou de gardiennage avec le port d’une arme.

Contrairement à un agent de sécurité classique, l’ASR intervient dans le cadre d’une activité spécifique de surveillance armée, prévue par le Code de la sécurité intérieure.

Le recours à un agent armé ne constitue pas une simple décision commerciale de l’entreprise ou du client : la mission, le lieu, sa durée et les agents concernés sont soumis à un régime particulier d’autorisation.

Qu’est-ce qu’un agent de surveillance armée ?

L’ASR assure la protection de personnes et de biens se trouvant dans des lieux déterminés lorsque les circonstances justifient le recours à une surveillance armée.

Son rôle reste avant tout celui d’un professionnel de la prévention, de la surveillance, de la protection et de l’alerte.

Le port d’une arme ne transforme pas l’agent en policier ou en militaire.

Il demeure un agent privé de sécurité et exerce dans les limites prévues par le Code de la sécurité intérieure et le droit commun.

Différents niveaux de surveillance armée

La réglementation et les cartes professionnelles du CNAPS distinguent plusieurs activités.

Surveillance humaine avec arme de catégorie D

Cette activité correspond à la surveillance humaine ou au gardiennage avec le port des armes de catégorie D autorisées par la réglementation.

Surveillance armée renforcée – catégories B et D

L’agent peut être titulaire d’une carte professionnelle permettant la surveillance humaine avec le port d’armes des catégories B et D.

C’est notamment dans cette catégorie que se situe l’activité communément désignée ASR – agent de surveillance armée/renforcée.

Surveillance armée renforcée des sites sensibles

Un niveau spécifique existe pour certains sites particulièrement sensibles.

La carte professionnelle peut alors autoriser la surveillance avec des armes des catégories B, D et, dans les cas prévus par la réglementation, A1.

Ce dispositif ne concerne pas l’ensemble des missions de surveillance armée.

Missions principales

Selon le site et l’autorisation délivrée, l’agent peut notamment assurer :

  • surveillance d’un site ;
  • protection des personnes présentes ;
  • contrôle et surveillance des accès ;
  • surveillance de zones sensibles ;
  • rondes de sécurité ;
  • détection des comportements ou situations anormales ;
  • prévention des intrusions ;
  • surveillance des installations ;
  • application des procédures de sûreté ;
  • gestion des alarmes ;
  • levée de doute dans son domaine de compétence ;
  • alerte des forces de sécurité ou des secours ;
  • protection du site dans l’attente de leur intervention ;
  • rédaction de comptes rendus et rapports.

L’armement constitue un moyen associé à la mission, et non la finalité du métier.

Dans quels environnements peut-il travailler ?

La surveillance armée peut être envisagée pour des environnements présentant des risques particuliers, sous réserve des autorisations nécessaires.

Selon les besoins et le cadre réglementaire, il peut notamment s’agir de :

  • sites industriels sensibles ;
  • infrastructures stratégiques ;
  • installations présentant des risques importants ;
  • certains sites liés à la défense ;
  • sites nécessitant un niveau élevé de protection ;
  • installations sensibles du secteur énergétique ;
  • infrastructures critiques ;
  • autres sites pour lesquels les circonstances justifient légalement une surveillance armée.

Le fait qu’un site soit qualifié de « sensible » par son exploitant ne suffit pas automatiquement à autoriser une surveillance armée.

Une mission soumise à autorisation

C’est l’un des éléments fondamentaux du métier.

Toute mission relevant de la surveillance armée prévue au 1° bis de l’article L. 611-1 du Code de la sécurité intérieure, exercée dans un lieu déterminé et pour une durée donnée par des agents nommément désignés, est soumise à une autorisation préalable du représentant de l’État dans le département.

L’autorisation porte donc sur une mission précisément déterminée.

L’ASR ne dispose pas d’un droit général lui permettant d’être armé sur n’importe quel site simplement parce qu’il possède une qualification professionnelle.

Carte professionnelle CNAPS

L’agent doit disposer d’une carte professionnelle CNAPS correspondant précisément à l’activité armée exercée.

Le CNAPS distingue notamment les mentions suivantes :

  • agent de surveillance humaine avec arme de catégorie D ;
  • agent de surveillance humaine avec armes des catégories B et D ;
  • agent de surveillance humaine avec armes des catégories B, D et A1 pour la surveillance armée renforcée de certains sites sensibles.

La carte professionnelle constitue donc un élément essentiel du dispositif, mais elle ne remplace pas l’autorisation nécessaire à la mission de surveillance armée.

Formation pour devenir ASR

L’ancienne formulation selon laquelle il suffirait d’obtenir le CQP APS puis une formation complémentaire est trop simplificatrice.

L’exercice d’une activité de surveillance armée nécessite de justifier d’une aptitude professionnelle correspondant à la mention sollicitée.

Le CNAPS publie une liste des certifications professionnelles permettant d’obtenir les différentes mentions relatives aux armes.

En 2026, plusieurs certifications enregistrées permettent ainsi, selon leur périmètre, d’accéder à la surveillance avec arme de catégorie D, à la surveillance armée en catégories B et D ou à la surveillance renforcée de sites sensibles.

Il faut donc vérifier que la certification choisie correspond exactement à la mention de carte professionnelle recherchée.

Autorisation d’entrée en formation

L’accès aux formations réglementées de sécurité privée est lui-même encadré.

Selon la situation du candidat, une autorisation préalable d’entrée en formation délivrée par le CNAPS peut être nécessaire.

La détention d’une carte professionnelle peut, dans certaines situations, permettre l’entrée dans une formation complémentaire sans nouvelle autorisation préalable. Des règles particulières existent toutefois pour certaines activités, notamment la surveillance armée renforcée sur sites sensibles.

Les conditions doivent donc être vérifiées auprès du CNAPS avant toute inscription.

Maintien et actualisation des compétences

Les compétences d’un agent armé doivent être entretenues.

Le renouvellement de la carte professionnelle est soumis aux conditions prévues pour l’activité concernée et implique notamment le respect des obligations de maintien et d’actualisation des compétences (MAC).

L’activité armée implique également des exigences particulières de formation et d’entraînement.

Le port d’une arme suppose donc un maintien régulier des compétences, et non la seule obtention initiale d’une certification.

Quelles armes peuvent être utilisées ?

Il est incorrect d’indiquer simplement que les agents utilisent « essentiellement des armes de catégorie B ».

La réglementation distingue précisément les armes susceptibles d’être utilisées en fonction de l’activité et de l’autorisation concernée.

Catégorie D

La réglementation prévoit notamment certaines :

  • matraques de type bâton de défense ou tonfa ;
  • matraques ou tonfas télescopiques ;
  • générateurs d’aérosols incapacitants ou lacrymogènes d’une capacité réglementaire.

Catégorie B

Pour les agents relevant de la surveillance armée prévue au 1° bis de l’article L. 611-1, la réglementation prévoit notamment, dans les conditions fixées par le Code de la sécurité intérieure, certaines armes de poing réglementairement définies ainsi que certains générateurs d’aérosols.

Cas particuliers des sites sensibles

Pour certains sites expressément prévus par les textes, l’autorisation préfectorale peut permettre l’utilisation d’autres armes relevant des catégories prévues par la réglementation.

Ce régime concerne notamment certains périmètres liés aux matières nucléaires, installations intéressant la dissuasion ou installations particulièrement protégées.

Il s’agit d’un régime spécifique qui ne doit pas être présenté comme la situation habituelle de tous les ASR.

À qui appartiennent les armes ?

Dans le cadre de la surveillance armée professionnelle, l’arme utilisée pour la mission ne doit pas être assimilée à une arme personnelle que l’agent apporterait librement sur son lieu de travail.

L’acquisition, la détention, la conservation, la mise à disposition et la traçabilité des armes sont soumises à des règles spécifiques applicables à l’entreprise ou au service concerné.

Les autorisations d’acquisition et de détention relèvent notamment du régime préfectoral prévu par le Code de la sécurité intérieure.

Port de l’arme pendant la mission

Le port d’une arme est directement lié à l’exercice de la mission autorisée.

L’agent doit respecter les procédures relatives :

  • à la prise en compte de l’arme ;
  • à son port ;
  • à sa conservation ;
  • aux changements de service ;
  • à sa restitution ;
  • aux contrôles et registres prévus ;
  • aux incidents éventuellement rencontrés.

La possession d’une carte professionnelle armée ne constitue pas une autorisation générale de port d’arme dans la vie privée.

Usage de la force et de l’arme

L’agent de surveillance armée ne bénéficie pas des mêmes pouvoirs qu’un policier ou un gendarme.

Le port d’une arme ne lui donne donc pas un pouvoir général de coercition.

L’usage de la force et, a fortiori, d’une arme, reste soumis aux conditions légales applicables, notamment celles relatives à la légitime défense et à l’état de nécessité lorsque leurs conditions sont réunies.

La mission quotidienne repose d’abord sur :

prévention → observation → dissuasion → détection → alerte → protection.

L’arme constitue un moyen exceptionnel de protection dans un cadre juridique particulièrement strict.

ASR et forces de sécurité intérieure

L’ASR ne doit jamais être présenté comme un substitut à la Police nationale ou à la Gendarmerie nationale.

Agent de surveillance arméePolice / Gendarmerie
Sécurité privéeService public de sécurité
Mission contractuelle déterminéeMissions de sécurité publique
Prérogatives limitéesPouvoirs prévus par la loi
Intervention sur périmètre définiCompétence selon leurs missions
Carte professionnelle CNAPSStatut public ou militaire
Armement lié à une mission autoriséeArmement de service

En présence d’une situation nécessitant l’intervention des forces de sécurité, l’agent doit alerter et coopérer dans le cadre de ses compétences.

ASR et transport de fonds

Il faut également corriger un point fréquent dans les anciennes présentations.

Agent de surveillance armée et convoyeur de fonds sont deux métiers réglementairement distincts.

Le transport de fonds et de valeurs constitue une activité spécifique de sécurité privée, avec ses propres règles, formations, cartes professionnelles et conditions d’armement.

Un ASR n’est donc pas automatiquement habilité à effectuer du convoyage de fonds.

ASR et protection physique des personnes

Même distinction pour la protection rapprochée.

La protection physique des personnes avec armes constitue une activité spécifique.

Une carte professionnelle de surveillance armée ne permet donc pas automatiquement d’exercer comme agent de protection physique des personnes armé.

Les certifications et mentions professionnelles doivent correspondre à l’activité réellement exercée.

ASR et surveillance de sites sensibles

La surveillance armée de certains sites particulièrement sensibles constitue également un niveau spécifique.

Le CNAPS distingue notamment la mention :

« Agent de surveillance humaine avec le port d’armes des catégories B, D et A1 – surveillance armée renforcée des sites sensibles ».

Des certifications professionnelles particulières permettent d’accéder à cette activité.

Il ne faut donc pas confondre :

surveillance avec catégorie D → surveillance armée B/D → surveillance armée renforcée de sites sensibles.

Aptitude et conditions personnelles

Les agents doivent satisfaire aux conditions prévues pour l’obtention et le maintien de leur carte professionnelle.

L’activité armée fait également l’objet de vérifications particulières.

Une personne faisant l’objet d’une interdiction d’acquisition ou de détention d’armes dans les conditions prévues par le Code de la sécurité intérieure ne peut exercer cette activité.

Il est préférable de ne pas résumer les conditions à « être français ou européen et avoir un casier judiciaire vierge », car les critères réglementaires sont plus précis et dépendent du régime applicable.

Compétences professionnelles

L’ASR doit notamment maîtriser :

  • cadre juridique de la sécurité privée ;
  • réglementation relative à l’armement ;
  • procédures du site ;
  • prévention et surveillance ;
  • contrôle des accès ;
  • gestion des situations conflictuelles ;
  • communication ;
  • procédures d’alerte ;
  • premiers secours ;
  • maniement sécurisé des équipements autorisés ;
  • règles de conservation et de prise en compte de l’armement ;
  • rédaction de comptes rendus.

La compétence technique doit toujours être accompagnée d’une parfaite maîtrise du cadre juridique.

Qualités requises

L’activité nécessite particulièrement :

  • maîtrise de soi ;
  • discernement ;
  • vigilance ;
  • stabilité émotionnelle ;
  • rigueur ;
  • sang-froid ;
  • sens des responsabilités ;
  • capacité d’analyse ;
  • respect absolu des procédures ;
  • capacité à travailler en équipe ;
  • aptitude à rendre compte ;
  • communication adaptée.

La capacité à éviter une escalade inutile constitue une compétence essentielle.

Équipements de protection

Selon l’analyse des risques et l’organisation du site, l’agent peut disposer d’équipements adaptés à sa mission.

Il peut notamment s’agir de :

  • moyens de communication ;
  • dispositif d’alarme ;
  • moyens de protection individuelle ;
  • équipements de contrôle ;
  • moyens d’éclairage ;
  • équipements permettant la traçabilité des opérations ;
  • armement correspondant à l’autorisation délivrée.

Les équipements exacts dépendent du site, de la mission et du cadre réglementaire.

Conditions de travail

Les conditions peuvent être particulièrement exigeantes.

L’agent peut travailler :

  • de jour comme de nuit ;
  • les week-ends ;
  • les jours fériés ;
  • en poste fixe ;
  • en ronde ;
  • en intérieur ;
  • en extérieur ;
  • dans des environnements industriels ou sensibles.

La présence d’un armement implique un niveau de responsabilité supplémentaire et une attention constante au respect des procédures.

Rémunération

Il n’existe pas de salaire national permettant d’affirmer qu’un ASR gagne systématiquement 1 800 à 2 500 € nets par mois.

La rémunération dépend notamment :

  • de la classification conventionnelle ;
  • du poste occupé ;
  • de la qualification ;
  • du niveau d’armement ;
  • du site ;
  • de l’expérience ;
  • des horaires ;
  • du travail de nuit ;
  • des dimanches et jours fériés ;
  • des primes et indemnités ;
  • des accords d’entreprise.

Lorsque l’employeur relève de la branche de la prévention et de la sécurité, il convient de consulter la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité et la grille applicable au moment du recrutement.

Évolution professionnelle

Selon son expérience et ses qualifications, l’agent peut évoluer vers :

ASR expérimenté → Chef d’équipe → Chef de poste → Coordinateur / Superviseur → Responsable de site

Il peut également acquérir d’autres qualifications dans la sécurité privée.

Le passage vers la protection physique des personnes armée, le transport de fonds ou une autre spécialité ne se fait toutefois pas automatiquement : chaque activité possède ses propres conditions réglementaires.

ASR et services de l’État

Il est préférable de ne pas intégrer la DGSE dans une FAQ consacrée au métier d’ASR.

Un agent travaillant pour un service de l’État relève du statut, des procédures et du cadre juridique propres à son administration.

Il ne doit donc pas être présenté comme l’équivalent public d’un agent ASR titulaire d’une carte professionnelle CNAPS.

Cette fiche concerne exclusivement la surveillance armée exercée dans le cadre des activités privées de sécurité.

À retenir

L’agent de surveillance armée (ASR) :

  • est un professionnel de la sécurité privée ;
  • exerce une activité spécifiquement réglementée ;
  • dispose d’une carte professionnelle adaptée au niveau d’armement autorisé ;
  • doit justifier d’une aptitude professionnelle spécifique ;
  • ne peut pas exercer une mission armée n’importe où ;
  • intervient dans un lieu déterminé, pour une durée donnée et dans le cadre d’une autorisation préalable pour les missions relevant de la surveillance armée concernée ;
  • utilise uniquement les équipements et armes autorisés pour sa mission ;
  • doit maintenir ses compétences ;
  • ne dispose pas des pouvoirs d’un policier ou d’un gendarme ;
  • n’est pas automatiquement convoyeur de fonds ou agent de protection rapprochée ;
  • peut relever d’un régime encore plus spécifique lorsqu’il intervient sur certains sites sensibles.

L’armement constitue donc une capacité réglementée au service d’une mission de protection, et non la définition à elle seule du métier.

Informations et réglementation

Avant d’envisager une formation ou un recrutement, il est indispensable de vérifier auprès du CNAPS :

  • la mention de carte professionnelle recherchée ;
  • la certification professionnelle correspondante ;
  • les conditions d’entrée en formation ;
  • les obligations de maintien des compétences ;
  • les conditions particulières applicables au type de mission envisagé.

La réglementation distingue clairement plusieurs niveaux de surveillance armée. Le CNAPS tient à jour la liste des certifications professionnelles donnant aptitude à l’obtention des cartes professionnelles avec mention « armes ».

Sources et références

Les conditions d’accès, certifications, catégories d’armes, autorisations et modalités d’exercice peuvent évoluer. Les informations doivent être vérifiées auprès du CNAPS, de la préfecture et dans les textes en vigueur en fonction de la mission envisagée.