L’agent pompier d’aérodrome exerce au sein d’un Service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs (SSLIA). Sa mission principale est d’assurer une capacité d’intervention immédiate en cas d’incendie, d’accident ou d’incident impliquant un aéronef sur un aérodrome.
Il s’agit d’un métier de sécurité incendie très spécialisé, directement lié à l’activité aéronautique. Le pompier d’aérodrome doit être capable d’intervenir dans un environnement présentant des risques particuliers : carburants aéronautiques, aéronefs, moteurs, infrastructures aéroportuaires, circulation sur les pistes et évacuation rapide de passagers.
L’exercice de cette fonction est soumis à un agrément réglementaire pour un aérodrome déterminé, à une aptitude médicale, à des formations spécifiques et, lorsqu’il conduit les véhicules du SSLIA, à la détention des permis nécessaires.
Quel est le rôle du pompier d’aérodrome ?
Le pompier d’aérodrome contribue à protéger :
- les passagers et équipages ;
- les personnels travaillant sur la plateforme ;
- les aéronefs ;
- les infrastructures aéroportuaires ;
- les installations techniques ;
- les biens présents sur l’aérodrome.
Sa priorité absolue lors d’un accident aéronautique est le sauvetage des personnes et la maîtrise rapide du feu afin de créer et maintenir des conditions permettant l’évacuation.
Le SSLIA doit être capable d’intervenir très rapidement sur les zones aéronautiques placées sous sa responsabilité.
Les principales missions
Sauvetage des occupants d’un aéronef
Lors d’un accident ou d’un incident grave, les pompiers d’aérodrome peuvent être mobilisés pour :
- protéger les voies d’évacuation ;
- lutter contre les flammes ;
- limiter la propagation d’un incendie ;
- faciliter l’évacuation des passagers et de l’équipage ;
- porter secours aux personnes ;
- participer aux opérations de dégagement lorsqu’elles relèvent de leurs compétences ;
- sécuriser la zone d’intervention.
Le contexte aéronautique impose une intervention extrêmement rapide et coordonnée.
Lutte contre l’incendie des aéronefs
Les incendies aéronautiques présentent des caractéristiques particulières.
Ils peuvent notamment impliquer :
- du carburant aviation ;
- des pneumatiques ;
- des matériaux composites ;
- des circuits électriques ;
- des équipements hydrauliques ;
- des moteurs ;
- des batteries ;
- différents produits présents à bord.
Les pompiers doivent donc maîtriser des techniques adaptées aux aéronefs et aux produits extincteurs utilisés par le SSLIA.
Intervention en cas d’alerte aéronautique
Le SSLIA peut être placé en état d’alerte lorsqu’un aéronef rencontre une difficulté.
Il peut notamment s’agir :
- d’une panne moteur ;
- d’un problème de train d’atterrissage ;
- d’un dégagement de fumée ;
- d’un incendie déclaré ou suspecté ;
- d’une fuite de carburant ;
- d’un atterrissage d’urgence ;
- d’une sortie de piste ;
- d’un autre événement susceptible de compromettre la sécurité du vol à l’arrivée ou au départ.
Les véhicules et équipages peuvent alors être prépositionnés afin d’intervenir immédiatement.
Interventions sur la plateforme aéroportuaire
En dehors des accidents d’aéronefs, le personnel du SSLIA peut également être sollicité, dans le cadre de l’organisation locale, lors de certaines situations affectant la sécurité des personnes et des biens sur l’aérodrome.
Le périmètre exact de ces missions dépend des textes applicables, du niveau de protection de l’aérodrome et des consignes opérationnelles locales.
Le pompier d’aérodrome ne doit donc pas être assimilé à un sapeur-pompier territorial disposant automatiquement du même champ d’intervention.
Prévention des risques
L’activité ne consiste pas uniquement à attendre une intervention.
Une part essentielle du métier repose sur la préparation opérationnelle.
Les agents doivent connaître précisément :
- l’aérodrome ;
- les pistes ;
- les voies de circulation aéronautique ;
- les accès ;
- les points sensibles ;
- les différents types d’aéronefs accueillis ;
- les ressources en eau ;
- les procédures d’urgence ;
- les moyens de communication ;
- les règles de sécurité propres à la plateforme.
Une formation locale sur les particularités de l’aérodrome fait partie des conditions prévues pour obtenir l’agrément de pompier d’aérodrome.
Entraînement permanent
La rapidité d’intervention exige un entraînement régulier.
Les exercices peuvent porter sur :
- la mise en œuvre des véhicules ;
- l’utilisation des lances et canons ;
- l’approche d’un aéronef ;
- l’extinction d’un feu ;
- le port des équipements de protection ;
- les techniques de sauvetage ;
- les procédures de communication ;
- la connaissance de la plateforme ;
- les scénarios d’accidents aéronautiques ;
- la coordination entre équipiers.
Les personnels doivent maintenir leurs compétences pendant toute la durée de leur activité.
Contrôle du matériel
Le pompier SSLIA participe également au maintien en condition opérationnelle des moyens mis à disposition.
Avant ou pendant une garde, il peut notamment vérifier :
- les véhicules incendie ;
- les niveaux d’agents extincteurs ;
- les équipements respiratoires ;
- les lances ;
- les équipements de protection individuelle ;
- les moyens de communication ;
- le matériel de secours ;
- les équipements embarqués.
Une anomalie susceptible d’affecter la capacité opérationnelle du service doit être signalée conformément aux procédures de l’aérodrome.
Les véhicules du SSLIA
Les pompiers d’aérodrome disposent de véhicules incendie spécialisés pour l’intervention aéronautique.
Ils sont conçus pour permettre :
- une accélération importante ;
- une intervention rapide sur piste ;
- le déplacement sur certaines surfaces non revêtues ;
- le transport de grandes quantités d’agents extincteurs ;
- la projection à distance de produits d’extinction.
Selon les aérodromes et leur niveau de protection, les moyens disponibles peuvent varier considérablement.
La réglementation prévoit que les pompiers amenés à conduire les véhicules du SSLIA doivent détenir les permis en cours de validité correspondant aux catégories de véhicules concernées.
Produits extincteurs
Les incendies d’aéronefs nécessitent des moyens adaptés.
Les véhicules SSLIA peuvent notamment disposer, selon leur configuration et les normes applicables, d’eau et d’agents extincteurs adaptés aux risques aéronautiques.
Le choix des moyens dépend notamment :
- de la catégorie de l’aérodrome ;
- des aéronefs accueillis ;
- du niveau de protection SSLIA ;
- des réglementations techniques applicables.
La mise en œuvre de ces produits nécessite une formation spécifique.
Équipements de protection individuelle
Le pompier d’aérodrome dispose d’équipements adaptés aux risques auxquels il peut être exposé.
Selon les missions, ceux-ci peuvent notamment comprendre :
- tenue de protection incendie ;
- casque ;
- gants ;
- bottes de protection ;
- cagoule ;
- appareil respiratoire isolant ;
- moyens de communication ;
- équipements complémentaires adaptés aux risques de la plateforme.
La dotation exacte dépend de l’exploitant et des exigences réglementaires.
Une intervention dans un environnement aéronautique réglementé
Une plateforme aéroportuaire est un environnement particulier.
Le déplacement sur les pistes et voies de circulation implique de respecter des procédures strictes afin d’éviter tout risque de collision avec un aéronef ou un véhicule.
Les pompiers doivent connaître :
- la signalisation aéronautique ;
- l’organisation des pistes ;
- les voies de circulation ;
- les règles de circulation des véhicules ;
- la phraséologie ou les procédures de communication nécessaires à leur activité ;
- les particularités locales de l’aérodrome.
Cette connaissance est indispensable pour intervenir rapidement sans créer un risque supplémentaire.
Le niveau de protection SSLIA
Tous les aérodromes ne disposent pas exactement des mêmes moyens.
Le dispositif SSLIA est notamment dimensionné en fonction du niveau de protection à assurer, lui-même lié aux caractéristiques de l’activité aéronautique et des aéronefs accueillis.
Ce niveau influence notamment :
- les moyens humains ;
- les véhicules disponibles ;
- les quantités d’agents extincteurs ;
- l’organisation opérationnelle.
Les moyens d’un grand aéroport international peuvent donc être très différents de ceux d’un aérodrome accueillant des appareils de dimensions plus modestes.
Comment devenir pompier d’aérodrome ?
L’accès à la fonction ne repose pas sur un concours national unique comparable à celui de certains emplois publics.
Le candidat doit être recruté par un exploitant ou un organisme assurant le SSLIA puis satisfaire aux conditions réglementaires permettant l’obtention de l’agrément.
En 2026, la réglementation prévoit notamment la validation :
- d’un tronc commun de formation ;
- de modules relatifs à l’incendie ;
- de modules relatifs au secours à personnes ;
- d’une formation locale concernant les particularités de l’aérodrome.
Le candidat doit également posséder l’aptitude médicale réglementaire et les permis nécessaires lorsqu’il est amené à conduire les véhicules ou, le cas échéant, les embarcations du SSLIA.
L’agrément de pompier d’aérodrome
L’agrément est une condition essentielle à l’exercice de la fonction.
Il est délivré pour exercer comme pompier d’aérodrome au sein du SSLIA sur un aérodrome déterminé lorsque les conditions réglementaires sont satisfaites.
Il ne faut donc pas présenter une qualification obtenue comme permettant automatiquement d’exercer sur n’importe quel aéroport sans adaptation.
La connaissance des particularités locales de la plateforme constitue une composante fondamentale de la qualification opérationnelle.
Aptitude médicale
Le métier exige une aptitude physique compatible avec :
- le port des équipements de protection ;
- l’utilisation d’appareils respiratoires ;
- les efforts importants ;
- la chaleur ;
- les interventions d’urgence ;
- la conduite éventuelle de véhicules spécialisés ;
- les contraintes particulières d’une plateforme aéronautique.
La réglementation impose un certificat médical d’aptitude parmi les conditions nécessaires à l’exercice de la fonction.
Permis de conduire
Le permis nécessaire dépend des véhicules que l’agent doit être amené à conduire.
Les véhicules incendie aéroportuaires pouvant être particulièrement lourds, la détention des catégories de permis correspondantes peut être nécessaire.
La réglementation exige que le pompier amené à conduire dispose du ou des permis en cours de validité requis pour les catégories de véhicules du SSLIA concernées.
Compétences et qualités requises
Le métier nécessite notamment :
- sang-froid ;
- réactivité ;
- excellente capacité à travailler en équipe ;
- discipline ;
- rigueur ;
- bonne condition physique ;
- sens de l’observation ;
- capacité à appliquer rapidement des procédures ;
- maîtrise du risque incendie ;
- connaissance de l’environnement aéronautique ;
- aptitude à utiliser des véhicules et équipements spécialisés ;
- résistance au stress ;
- disponibilité ;
- capacité à communiquer efficacement.
Lors d’un accident aéronautique, les premières minutes peuvent être déterminantes.
L’agent doit être capable d’agir rapidement tout en respectant strictement les procédures opérationnelles.
Conditions de travail
L’activité SSLIA nécessite une disponibilité correspondant aux périodes pendant lesquelles le service doit assurer le niveau de protection requis.
Selon l’aérodrome, l’organisation peut comprendre :
- travail en journée ;
- travail de nuit ;
- week-ends ;
- jours fériés ;
- vacations ou cycles ;
- périodes de garde.
Les agents alternent généralement :
surveillance opérationnelle → vérification des matériels → entraînement → formation → intervention éventuelle.
Les horaires et cycles varient selon l’aérodrome, l’employeur et l’activité aéronautique.
Statut
Le pompier d’aérodrome n’est pas nécessairement un sapeur-pompier professionnel territorial.
Il peut être salarié d’un exploitant aéroportuaire ou d’une entreprise chargée du service selon l’organisation retenue.
Il faut donc distinguer :
pompier d’aérodrome SSLIA ≠ sapeur-pompier professionnel d’un SDIS ≠ pompier militaire.
Les missions peuvent présenter des similitudes techniques, mais les statuts, employeurs et cadres réglementaires sont différents.
Rémunération
Il n’existe pas de salaire national unique applicable à tous les pompiers d’aérodrome.
La rémunération dépend notamment :
- de l’employeur ;
- de la convention collective applicable ;
- de la classification du poste ;
- de l’expérience ;
- des responsabilités ;
- des horaires ;
- du travail de nuit ;
- des dimanches et jours fériés ;
- des primes et indemnités éventuellement prévues.
Il est donc préférable de consulter l’offre d’emploi et la convention collective effectivement applicable à l’employeur plutôt que d’affirmer que tous les pompiers SSLIA relèvent automatiquement de la même convention.
Évolution professionnelle
Avec l’expérience et les qualifications nécessaires, un pompier d’aérodrome peut évoluer vers davantage de responsabilités.
L’une des principales évolutions opérationnelles est la fonction de chef de manœuvre SSLIA.
La réglementation fixe des conditions spécifiques pour accéder à cet agrément. Elle prévoit notamment certaines voies pour les pompiers possédant au moins deux années d’agrément sur un aérodrome offrant un niveau de protection déterminé, ainsi qu’une formation et une période probatoire.
D’autres évolutions peuvent concerner :
- l’encadrement ;
- la formation ;
- la prévention ;
- la sécurité aéroportuaire ;
- la gestion opérationnelle du SSLIA.
À retenir
L’agent pompier d’aérodrome :
- exerce au sein d’un SSLIA ;
- est spécialisé dans le sauvetage et la lutte contre l’incendie des aéronefs ;
- intervient dans un environnement aéronautique fortement réglementé ;
- doit connaître précisément l’aérodrome sur lequel il exerce ;
- participe aux entraînements et au contrôle des matériels ;
- utilise des véhicules incendie spécialement conçus pour les interventions aéronautiques ;
- doit suivre les formations réglementaires nécessaires ;
- doit disposer d’une aptitude médicale compatible avec la fonction ;
- doit posséder les permis nécessaires lorsqu’il conduit les véhicules concernés ;
- exerce après obtention de l’agrément réglementaire applicable à l’aérodrome ;
- peut évoluer vers des fonctions de chef de manœuvre SSLIA sous conditions.
Le pompier d’aérodrome est ainsi un spécialiste de la sécurité incendie aéronautique, dont la préparation, la rapidité d’intervention et la maîtrise technique sont essentielles à la sécurité des passagers, des équipages et des plateformes aéroportuaires.
Informations et recrutement
Les recrutements peuvent être proposés directement par :
- les exploitants d’aéroports et d’aérodromes ;
- les sociétés exploitant certains services aéroportuaires ;
- les entreprises chargées contractuellement d’un SSLIA.
Les candidats doivent vérifier pour chaque offre :
conditions d’accès → aptitude médicale → permis requis → formation SSLIA → formation locale → agrément → prise de fonction.
Sources et références
- Légifrance — Code des transports, dispositions relatives au sauvetage et à la lutte contre l’incendie des aéronefs
- Légifrance — Arrêté du 18 janvier 2007 relatif aux normes techniques applicables au SSLIA, version en vigueur en 2026
- Légifrance — dispositions relatives à l’agrément de pompier d’aérodrome
- Direction générale de l’aviation civile (DGAC) — réglementation et sécurité des aérodromes
Les conditions de formation, d’agrément, d’aptitude médicale, de conduite des véhicules et d’organisation des SSLIA sont soumises à une réglementation technique susceptible d’évoluer. Il convient de consulter les textes en vigueur et les exigences de l’aérodrome concerné avant toute candidature.

